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Archives de mots clés: cybersquatting

Damart lance la chasse aux «squatteurs» du Net

Il existe des marques dont la notoriété est telle qu’il n’est plus nécessaire de préciser les produits qu’elles représentent. C’est le cas de Damart. Mais cette célébrité occasionne des retours de flamme indésirables. La société aux produits Thermolactyl vient de saisir la justice afin de contrer un site Internet aux activités considérées comme parasitaires.

L’homme habite officiellement à Lyon. Il est difficile de savoir si cette personne est spécialisée dans le textile. Elle n’a pas répondu à la convocation en justice qui vient de lui être adressée. Le groupe Damart – 10 millions de clients actifs en fichiers catalogue en 2003 – tenait pourtant à ce que cet homme se présente devant le juge des référés de Lille. Motif : Damart «a vocation à connaître un nouvel essor grâce au e-commerce» et le Lyonnais a mis en ligne un site suspect : damard.fr.

«La différence peut paraître anodine, commente Thomas Deschryver, du cabinet lillois Espace juridique et avocat du groupe Damart.

Mais la force des cybersquatteurs réside justement dans cette ambiguïté.» Un cyberclient un peu pressé tapera damard.fr au lieu de damart.fr ou simplement les premières lettres de la marque et il sera purement et simplement détourné de son but originel. « Il y a atteinte à l’image de marque, poursuit Me Deschryver. Et nous subissons également un détournement du trafic.» «De plus, il a été dûment constaté que le nom de domaine (le nom en .com ou .fr) renvoyait à un site Internet proposant non seulement des produits directement concurrents de ceux vendus par Damart Serviposte mais comportant l’indication « thermolactyl », sans justifier de quelque droit à cet égard», précisent les défenseurs du groupe roubaisien.

Parasitisme en hausse

Le «cybersquatting» est une activité de plus en plus traquée. Chaque semaine, un tribunal français est saisi par une action visant cette pratique. « Il existe même des sites qui proposent des noms de domaine contrefaisants à la vente, souligne Thomas Deschryver. Souvent, les cybersquatteurs créent des noms de domaine pour mieux les revendre, y compris aux sociétés s’estimant visées. » L’avocat vient de recruter une juriste spécialisée en noms de domaine et en droit des marques. Dans le cas de damard.fr, Thomas Deschryver compte faire sanctionner son adversaire. Il espère surtout récupérer le nom de domaine pour mieux le neutraliser.

Auteur : Les rédactions de La Voix du Nord
source dunkerque.maville.com

Du cybersquatting au pope squatting

Le cybersquatting (cybersquattage au Québec), c’est le « détournement » d’un nom de domaine sur le web. C’est occuper une adresse à des fins de spéculation, pour récupérer des visiteurs ou pour mener une action. Des hommes politiques au pape Benoît XVI en passant par des sociétés commerciales, les cyber-victimes sont nombreuses.

On parle aussi de « domain name grabbing ». Il s’agit en général de l’enregistrement d’un nom de domaine dans le but dans bloquer l’attribution à son titulaire « naturel ». Résultat : celui-ci devrait verser son écot pour récupérer le nom détourné. Il peut s’agir aussi de détourner les internautes et d’ainsi augmenter son propre trafic. En France, une société a déposé le nom gmail.fr faisant clairement référence au service webmail de Google (accessible via gmail.google.com).

Cette technique est aussi utilisée par les porn-squatters. Ceux-ci occupent des adresses gratuites ou font l’acquisition de noms de domaine payants abandonnés. Ils drainent ainsi ceux qui croyaient se rendre dans des sites « innocents » et déjà largement référencés par les moteurs de recherche.

Abusif

En Belgique, la loi du 26 juin 2003 relative à l’enregistrement abusif des noms de domaine indique qu’est considéré comme un enregistrement abusif d’un nom de domaine « le fait de faire enregistrer, par une instance agréée officiellement à cet effet, par le truchement ou non d’un intermédiaire, sans avoir ni droit ni intérêt légitime à l’égard de celui-ci et dans le but de nuire à un tiers ou d’en tirer indûment profit, un nom de domaine qui soit est identique, soit ressemble au point de créer un risque de confusion, notamment, à une marque, à une indication géographique ou à une appellation d’origine, à un nom commercial, à une Å“uvre originale, à une dénomination sociale ou dénomination d’une association, à un nom patronymique ou un nom d’entité géographique appartenant à autrui. »

Il semble que l’enregistrement d’un nom de domaine soit abusif si le nom de domaine est identique ou semblable au point de prêter à confusion, à une marque de produits ou de services sur laquelle le requérant à des droits. Le nom d’une personne célèbre peut être utilisé comme marque dès qu’il est utilisé pour identifier les services de cette célébrité.

Dans les années 90, un des cas les plus célèbres de cybersquatting a été Avon.com. il y eut aussi www.appleimac.com, propriété d’un adolescent de 17 ans mais l’affaire s’est arrangée à l’amiable. Il vaut mieux sans doute un bon arrangement qu’un procès car les squatters sont de moins en moins aimés. En Belgique, on se souvient qu’un Liégeois avait réservé les noms de domaine de 200 personnalités politiques belges et leur proposait ensuite des « services ». L’offre n’a été que très peu appréciée. En France, la société EuroDNS avait déposé 4.465 noms de domaines litigieux après l’assouplissement des procédures d’attribution de noms de domaine en fr; parmi les victimes : Free, SFR-Cegetel, Lastminute, Accor, Michelin, NRJ, France2, France3.
En croissance

Malgré des règlementations plus strictes, selon l’organisation mondiale de la propriété intellecturelle, le cybersquatting irait croissant avec une augmentation de 6,6% avec 1.179 litiges traités.

2% des sites web à fort chalandage seraient abandonnés soit par négligence ou par disparition du prestataire Internet ou fermeture de l’entreprise. Des officines vous proposent d’ailleurs l’étude des noms de domaines pouvant être récupérés suivant votre activité, surveillent l’enregistrement de noms de domaine susceptibles de créer un risque de confusion avec vos marques, noms et raisons de commerce,listent les domaines à fort potentiel à surveiller, reprennent automatiquement des noms de domaine à l’abandon ou récupèrent des domaines comprenant une expression déterminée (comme tourisme, immobilier).

Le cybersquatting connait des variantes : le typosquatting consiste à déposer un nom avec des fautes d’orthographe comme micosoft.fr au lieu de microsoft.fr, 2xmoincher.com au lieu de 2xmoinscher.com; quant au pointsquatting, il s’agit du dépôt du nom de domaine précédé de www comme, par exemple, wwwcnn.com ou wwwadidas.com (on mise sur le fait que des internautes oublient de taper le point).
Pope squatting

On a parlé de « pope squatting » pour décrire ce phénomène d’achat d’adresses URL autour du pape. On constate ainsi que plusieurs noms de domaines ont été réservés :

* benoitxvi : be, biz, ch, co.uk, com, de, fr, info, name, net, org, tv
* benoit-xvi : be, com, info, net, org
* benedettoxvi : biz, ca, ch, com, de, info, net, org, us
* benedetto-xvi : biz, com, de, info, it, net, org
* benedictxvi : be, biz, ca, com, info, name, net, org, pro, tv
* benedict-xvi : biz, ca, ch, co.uk, com, de, info, name, net, org, us, co.uk

Le plus célèbre des « pope squatters » est dans doute Rogers Cadenhead qui a acquis www.benedictxvi.com. Il avait réservé benedictxvi.com dès le 1er avril tout comme des noms potentiels de papes tels que clementxv.com, innocentiv.com, piusii.com (mais pas johnpauliii.com acheté en 1999 et en vente à 950 dollars). www.benedictxvi.com renvoie vers la page www.modestneeds.org/benedictxvi/ d’une association philanthropique où on peut lire : « Rogers a enregistré ce domaine pour empêcher un auteur pornographique ou un casino en ligne d’acquérir et utiliser ce nom de domaine des façons qui embarrasseraient tant le nouveau Pape que l’à‰glise catholique. Ce que Rogers a fait est vraiment tout à fait unique. Il pourrait facilement en profiter – à l’air de centaines de milliers de dollars – en vendant simplement ce domaine au soumissionnaire le plus haut. Au lieu de cela, Rogers a promis de ne rien faire pour profiter de sa propriété de ce domaine. Il planifie plutôt de transférer le contrôle de ce domaine au Vatican aussitôt qu’il est capable d’entrer en contact avec eux avec succès.Et tandis que Rogers attend pour recevoir des nouvelles de Vatican, comme sa façon d’en appeler à d’autres, il a utilisé le domaine BenedictXVI.com pour parler au monde du travail que nous faisons aux Modest Needs (note : littéralement « Besoins Modestes ») ».

Dans la majorité des cas, l’achat de tels noms de domaine relève pourtant de la simple spéculation. Ainsi la même personne propose les benoitxvi et benedettoxvi en info, net, org, Quant aux pages benedict-xvi.org et net, on peut y lire : « This domain name is for sale (very cheap !!!) ». Les autres adresses citées plus haut sont encore introuvables ou l’on débouche sur une page d’attente fournie par le vendeur du nom de domaine.

PopeBenedictXVI.com était en vente sur ebay ce 22 avril 2005 pour 15.666,66 dollars (on remarquera l’intégration dans cette somme du chiffre de la Bête « 666 » !).

Certaines adresses « papales » débouchent cependant sur un contenu… mais commercial. Il s’agit tout simplement de mettre en valeur des ouvrages par ou sur Jean-Paul II et Joseph Ratzinger/Benoit XVI, ce qui permet de toucher une commission sur les ventes via Amazon. Pratiquent ainsi www.benedettoxvi.com, biz ou be, www.benedictxvi.biz (où l’on propose aussi à la vente « Code Da Vinci » et « Angels & Demons » de Dan Brown !). Bien sûr, on accède aussi à des sites de supporters (www.benedetto-xvi.com), des sites qui se définissent comme un « fan site » (www.benedictxvi.org).

Un détournement d’adresse est plus « militant ». En envoyant les visiteurs de www.benoit-xvi.be vers www.hiram.be, « le weblog de la Franc-Maçonnerie », il s’agit de rappeler que le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation de la foi a confirmé le rejet par l’église catholique de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons. Cette adresse www.benoit-xvi.be peut d’ailleurs être cédée… au bénéfice d’une association d’aide aux personnes victimes du sida.

auteur : Ph.A.
source Vivat.be

Protection accrue pour les noms de domaine point-ca

‘Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) annonce le lancement d’une nouvelle politique de protection des renseignements personnels et d’un outil de recherche WHOIS dans le but de protéger la vie privée des détenteurs de noms de domaine point-ca. La nouvelle politique restreint l’accès aux renseignements personnels à l’exception de circonstances extraordinaires ou du consentement explicite du détenteur.

L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) est une organisation sans but lucratif dirigée par ses membres qui gère le registre de noms de domaine point-ca du pays. L’ACEI développe et met en oeuvre des politiques qui soutiennent la communauté Internet du Canada et représente aussi le registre point-ca sur le plan international. L’ACEI est responsable de l’outil WHOIS pour les noms de domaine point-ca.

WHOIS est un terme générique qui décrit un service d’annuaire en ligne qui permet aux gens d’obtenir des renseignements au sujet des noms de domaine Internet. Le WHOIS qui s’applique aux noms de domaine point-ca traite plus d’un million de requêtes par jour et permet aux utilisateurs de déterminer rapidement si un nom de domaine point-ca est disponible ou d’obtenir de l’information sur une inscription.

Renseignements protégés

En vertu de la nouvelle politique, les renseignements personnels tirés de l’enregistrement des détenteurs d’un nom de domaine individuel comme le nom du détenteur, l’adresse de résidence, le numéro de téléphone et l’adresse électronique seront désormais protégés à titre de renseignements confidentiels. Les renseignements d’un enregistrement complet pour les détenteurs de noms de domaine d’entreprise continueront à être accessibles et les individus détenteurs de noms de domaine pourront décider de rendre accessible ou non leurs renseignements.

Dans l’éventualité de circonstances particulières et isolées, les renseignements personnels de certains titulaires peuvent être divulgués lors de situations découlant d’infractions où des enfants sont mis en danger, des conflits relativement à la propriété intellectuelle (ex.: cybersquattage), de menaces sur Internet et de vols d’identité.

«La politique WHOIS de protection des renseignements personnels pour les noms de domaine point-ca met les détenteurs à l’avant-plan en minimisant l’accès aux renseignements d’ordre privé de domaines point-ca individuels tout en mettant en oeuvre des mécanismes en temps opportun pour des demandes de renseignements justifiées», explique, dans un communiqué, Byron Holland, président-directeur général de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet.

source canoe.com

NOM DE DOMAINE INTERNET, MARQUE ET INTELLIGENCE ECONOMIQUE

la revue des marques avril 2008

Noms de domaine et marques

La conception et la protection des marques sont des compétences bien établies qui reposent sur une certaine éducation des entreprises. Successivement passé d’une longue période de conception, du début des années 70 au milieu des années 90, à une popularisation rapide jusqu’en 2000, puis à une accélération commerciale, le développement de l’Internet a des conséquences sur les marques qui sont souvent sous-estimées, voire ignorées par les entreprises.
Un constat s’impose, la communication relative à une marque est facilitée par les services du web et des moteurs de recherche.
L’accès au site web d’une marque dépend de l’enregistrement d’un nom de domaine. Saisi dans un navigateur (Internet Explorer, Firefox, …), il permettra d’afficher le site web. Le nom de domaine devient donc une composante de cette marque. Son enregistrement est alors indissociable du processus de création d’une marque. Oublier ce principe expose à des nuisances ou des préjudices sans rapport avec le prix du nom de domaine. Mais on va voir qu’un nom de domaine ne va jamais seul.

Quelques rappels utiles

Le principe du nom de domaine a été arrêté en 1983, avec la première spécification des DNS (Domain Name Server). Les DNS sont presque à la localisation sur Internet ce que le GPS est à la géo localisation.
Le rôle d’un DNS est de convertir le nom de domaine saisi par un internaute dans son navigateur en adresse physique sur le réseau (dite adresse IP). Internet est rempli de DNS qui communiquent entre eux, presque instantanément, pour trouver celui qui contient cette adresse IP.
Jusqu’en 1995, les noms de domaines étaient limités à quelques extensions (.com, .edu, .mil, etc…) dont la plupart étaient inaccessibles aux entreprises, et les autres difficilement accessibles. A partir de 1995, il y a eu un mouvement de libéralisation et d’élargissement de ces extensions dites génériques com, net, org, biz, info,…
En 1998, ce microcosme grandissant s’est donné des moyens de gouvernance par la création de l’ICANN.
Les extensions pays se sont ensuite développées (fr, de, it, be …). Les extensions génériques se sont élargies ( coop, travel, jobs, mobi) avec les extensions dites génériques sponsorisées, conçues pour une communauté professionnelle.
Les génériques de communauté culturelle, linguistique et géographique sont apparus avec le .cat (Catalogne) et le .asia et d’autres candidats piaffent d’impatience (bzh, gallice, pays de galle, paris, berlin, …)
On recense environ 250 extensions, dont beaucoup ne sont pas encore opérationnelles.
Cette prolifération répond à un triple besoin, le libéralisme commercial, l’élargissement de l’espace d’adressage qui peut se saturer et le besoin d’identification communautaire.
De façon surprenante, il y a aujourd’hui une sorte d’obligation de réserver ses noms de domaine sur un maximum d’extensions pour protéger une marque, alors que ces extensions semblaient avoir une vocation sectorielle. Cela provient des pratiques délictueuses, concurrentielles, spéculatives ou simplement protectionnistes qui s’intensifient.

De l’internaute à l’éditeur d’un site

Identifier ces pratiques suppose de bien comprendre comment un internaute est mis en relation avec le contenu d’un éditeur de site web.
Il a 3 possibilités à partir de son navigateur internet :
• En cliquant sur une adresse enregistrée dans ses favoris ou dans un répertoire
• En cliquant sur un lien rendu par un moteur de recherche
• En saisissant l’adresse dans la barre du navigateur (navigation directe).
La navigation directe repose sur la mémoire de l’internaute ou sur son instinct qui l’amène à essayer une adresse web construite avec le ou les mots qui constituent son intérêt du moment. Ainsi, un internaute en recherche de bonnes affaires sera tenté de saisir bonnesaffaires.fr par exemple pour voir si cela aboutit quelque part. De mémoire ou d’instinct, le résultat de sa saisie peut contenir des fautes ou variantes d’orthographe et des séparateurs. Il risque alors de ne rien obtenir, sauf si ces formes syntaxiques ont été réservées par quelqu’un, titulaire ou non d’une marque.
Quant aux moteurs de recherche, beaucoup ont remarqué que leur usage est gratuit mais qu’ils se rémunèrent par des liens payants placés en évidence sur les pages rendues selon les mots clés cherchés. Ils ont, donc, contribué à motiver des annonceurs qui paient leur publicité selon le mode du «PayPerClick». Dès lors, ces annonceurs ont intérêt à ce que leurs liens figurent non seulement sur les pages résultats des moteurs de recherche, mais aussi sur tout site à fort trafic de visiteurs, dont le propriétaire recevra une partie de cette rémunération «au clic».
Les sites destinés exclusivement à ce mode de rémunération ont proliféré. Ils ne contiennent que des liens commerciaux fournis par les régies publicitaires des moteurs de recherche où ils sont hébergés en «pages parking» par un hébergeur qui fournit sa propre régie publicitaire.
On notera au passage que l’exploitant de pages parking propose souvent la revente aux enchères de noms de domaines utilisés sur ces pages parking.
Ces pratiques constituent paradoxalement un piège ou une opportunité pour les marques. C’est un piège si un nom de domaine contrefait comme évoqué ci-dessus attire et détourne du trafic, et peut être des ventes, qui devaient aboutir à la marque. C’est une opportunité si le titulaire d’un domaine non contrefait en parking a développé un fort trafic pour le vendre ensuite à une marque qui en bénéficiera.
Il existe, ainsi, deux marchés pour les noms de domaines. Le premier est le marché de l’enregistrement pour donner l’accès à un contenu d’éditeur, généralement titulaire des droits d’une marque. Le second est celui de l’enregistrement dans un but spéculatif de génération de revenus par les annonceurs puis de la revente.
Cela amène les titulaires d’une marque à devenir des acheteurs du second marché dans une démarche protectionniste (tel domaine détourne du trafic de visiteurs de la marque) ou expansionniste (tel domaine ramènerait du trafic supplémentaire à la marque).

Les pratiques nuisibles

Il existe, hélas, des pratiques délibérément nuisibles qui motivent des enregistrements de noms de domaines.
Ainsi, un spammeur ou un phisheur déposera un nom de domaine qui servira dans ses campagnes d’emailing à déjouer l’attention du destinataire pour l’amener à ouvrir l’email. Dans ce cas, le titulaire d’une marque contrefaite par un spammeur ou un phisheur va subir un préjudice d’image si ce n’est pire.
Un cyber-squatteur qui réserve un nom de domaine en contrefaisant une marque veut en tirer profit par la rémunération publicitaire. Outre le détournement possible d’une intention d’achat vis-à-vis d’une marque, cette rémunération publicitaire peut aussi provenir de concurrents de la marque. Elle subit alors un double préjudice, la perte d’une vente et la réalisation d’une vente au profit d’un concurrent.
Dans certains cas de similitude de noms de marque, les variantes syntaxiques ou l’usage des séparateurs peuvent permettre un détournement délibéré de trafic, d’autant plus durable que la marque n’aura pas été suffisamment protégée par les moyens traditionnels pour faire valoir ses droits sur le nom de domaine.

Les ripostes possibles

Ces pratiques ne sont pas immédiatement détectables. Pourtant, il existe des outils pour surveiller la base de données mondiale des noms de domaines et mettre en évidence des constructions syntaxiques qui peuvent correspondre à des contrefaçons.
Dès lors qu’on a détecté un tel nom de domaine, on peut analyser les raisons de son dépôt, la nature du préjudice qu’il représente et envisager l’action la plus appropriée.
Il y a 3 actions ou ripostes possibles selon la certitude ou non de contrefaçon
• Engager une procédure administrative auprès de l’organisation appropriée pour faire valoir ses droits sur le domaine
• Tenter une négociation amiable ou aux enchères en vue du rachat si la procédure administrative n’est pas garantie de succès
• Attendre l’expiration éventuelle du nom de domaine pour tenter son rachat en utilisant des outils de surveillance spécialisés pour cela.
Souvent, il ne sera pas possible d’agir voire inutile.

L’intelligence économique par les noms de domaine

Tout comme les entreprises ont appris à surveiller leurs concurrents ou les éventuels contrefacteurs qui opèrent autour de leurs marques, il est opportun qu’elles mettent en place les moyens de surveiller l’activité autour de leurs noms de domaines Internet.
Les noms de domaines sont consignés dans les bases de données des registres (accessibles par les whois), des DNS, des opérateurs anti-spammeurs, des moteurs de recherche, des hébergeurs de pages parking (en fait leurs DNS), etc…
Des techniques de data mining appliquées à ces bases de données permettent de surveiller, et de renseigner sur les éventuelles contrefaçons, leurs auteurs, leurs motivations, l’audience qu’ils suscitent, la nature des préjudices qu’ils peuvent commettre.
Bien que peu pratiquées aujourd’hui, ces techniques permettraient aussi de surveiller des concurrents et de comprendre un peu mieux leur stratégie sur le net. Ainsi, il est assez aisé de reconstituer le parc de noms de domaines d’un concurrent, de surveiller sa communication de marques, sa stratégie d’optimisation de son audience par les noms de domaines.
Tout cela relève de l’intelligence économique pour laquelle il faut disposer des outils appropriés et de l’expertise nécessaire pour ne pas passer des lustres à étudier le contenu des sites web. L’analyse experte des dépôts et modifications des caractéristiques opérationnelles des noms de domaines permet, en effet, une évaluation rapide.

L’effet boomerang sur la création des marques

S’il est possible de surveiller les agissements sur Internet autour de ses propres marques ou de celles de ses concurrents, il est aussi tout à fait possible d’intercepter des informations relatives à la création de nouvelles marques. Des précautions sont prises par les titulaires, mais elles sont souvent insuffisantes. A titre d’exemple, l’utilisation d’un registrant professionnel mandaté pour garder l’anonymat peut être une incitation à aller regarder de plus près. Les DNS peuvent alors révéler des choses qu’il était souhaitable de conserver cachées jusqu’au lancement.

Les acteurs

Les nuisances pour les marques sont généralement occasionnées par des individualités. Les cyber-squatteurs déposent des noms de domaine similaires ou identiques à des marques pour en retirer du profit, certains avec des intentions très malveillantes. Il ne faut pas les confondre avec les «domainers» spéculant sur des noms de domaine génériques à fort trafic. Parfois, les domainers deviennent des entreprises. Il existe des places de marché pour les domainers. Les registres ont des politiques très variables pour protéger les titulaires de marques. Les instances de gouvernance font évoluer la réglementation, mais sans pouvoir maîtriser tous les appétits et tous les comportements. Les entreprises ont d’autant plus intérêt à développer leur compétence pour observer les agissements sur leurs marques que le marché est en forte croissance et pour longtemps.

auteur : Dominique Morvan ©NAMEBAY 2008
article publié dans « La Revue des Marques n°62 – avril 2008 »
source NAMEBAY

Cybersquatting porno contre TQS : un employé se venge

Frustré de perdre son emploi, un employé de TQS a redirigé Remstar sur Internet vers une page pornographique du célèbre magasine Playboy.

C’est le blogueur Dominique Arpin qui a vu l’incongruité hier matin en faisant une recherche URL.

Il réagissait à la décision des nouveaux propriétaires de TQS d’abolir les salles d’information de son réseau de télévision.

Le cyber squatting est une pratique très répandue.

Il consiste à acheter un nom de domaine d’une compagnie et de le rediriger vers de la publicité.

«Pour protéger son image, on voit l’importance d’enregistrer son nom dans tous les domaines « .ca », « .org », et « .com »Â», dit Michel Dumais, observateur des nouvelles technologies.

Jean-François Lebrun, porte-parole de Remstar, ignorait hier que le nom de la compagnie avait été redirigé vers une page à caractère pornographique.

Le porte-parole a spécifié que le domaine enregistré était remstarcorp.com et que celui utilisé pour le détournement était remstar.ca. «Je n’y vois pas trop de problème», a-t-il dit.

En fin d’après-midi, l’auteur du détournement avait retiré la page olé olé. «J’ai agi sur un coup de tête en apprenant ma mise à pied et la fermeture de la salle des nouvelles», a dit au Journal de Montréal l’auteur du coup osé.

source canoe.com

Les nostalgiques font vivre l’URSS sur Internet

L’Union soviétique a beau appartenir au passé, il y a un endroit où l’utopie socialiste perdure: le cyberespace. Seize ans après l’effondrement de l’URSS, les sites Internet se terminant par l’extension « .su » (pour « Soviet Union ») sont en augmentation constante, alimentant une communauté qui refuse la disparition de l’idéal soviétique jusque dans le monde virtuel.

Le nombre des sites en « .su », qui s’élève à 45.000, reste très faible, face au million de « .ru » (Russie), aux 12 millions de « .de » (Allemagne) ou aux 75 millions de « .com ». Mais il a quadruplé depuis la fin de l’année 2006, et l’augmentation, rien que depuis le début de l’année, est de 45%, grâce notamment à une baisse des tarifs d’enregistrement des noms.

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène: la nostalgie de certains pour l’empire soviétique, le « cybersquatting », qui consiste à acheter des domaines pour ensuite les revendre au prix fort, et enfin l’aspect marketing, l’extension « .su » permettant aux entrepreneurs d’Internet de disposer d’un nom facilement reconnaissable et parfois déjà acheté sous un autre domaine plus connu.

Ainsi, un petit garagiste de Moscou spécialisé dans les véhicules Ford a lancé son site « ford.su », tandis qu’on trouve des Moscovites ayant acheté les noms « apple.su » et « microsoft.su ».

A peu d’exceptions près, comme l’Estonie, le taux de pénétration d’Internet sur le marché des anciennes républiques soviétiques reste relativement faible. Selon la Fondation pour l’opinion publique de Russie, chargée de superviser l’accès à Internet dans le pays, seuls 27% des adultes russes utilisent ainsi le Web. Pourtant, de nombreux internautes ont développé un intérêt pour le « .su », quand d’autres n’y voient que de la nostalgie et estiment que ce domaine devrait disparaître puisqu’il ne correspond plus à aucune réalité.

« Ils vendent des billets pour un navire qui coule », affirme ainsi Anton Nosik, journaliste spécialiste d’Internet. « Leur message s’adresse aux perdants et aux retardataires ».

Car les domaines traduisant des noms de pays, comme « .fr » pour France, dérivés d’une liste tenue par l’ISO (Organisation internationale de normalisation), disparaissent habituellement lorsqu’une nation cesse d’exister ou change de nom. La Yougoslavie et la Tchécoslovaquie ont ainsi perdu leurs extensions après leur partition. Idem pour le Zaïre lorsqu’il est devenu la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis 1990, l’ICANN, l’organisme en charge des noms de domaine sur Internet, a plusieurs fois tenté d’éliminer l’extension « .su ». Toutes ont échoué, même si ce domaine est officiellement considéré comme « en phase d’extinction ». « Il n’y a aucun problème technique », explique John Crain, responsable des services techniques de l’ICANN (Internet Corporation of Assigned Names and Numbers). « Il ne s’agit que de politique ».

Le domaine « .su » a été créé en septembre 1990, un peu plus d’un an avant l’effondrement de l’Union soviétique. La Russie a obtenu le « .ru » en 1994, et les autres anciennes républiques soviétiques ont aujourd’hui également leurs codes. Mais les propriétaires des sites en « .su » résistent à la fermeture, pour des raisons à la fois économiques, politiques et patriotiques. Certains accusent même les Etats-Unis de chercher à éliminer les derniers vestiges de leur rival de la Guerre froide.

Comme compromis, la Fondation pour l’opinion publique de Russie a accepté d’arrêter la création de noms en « .su », tout en autorisant les domaines existant à perdurer. Mais une faille juridique a permis aux adresses telles que « lenin.su » d’ouvrir des sous-domaines comme « vladimir.lenin.su », aidant ainsi le contingent « .su » à croître dans les années 1990.

Puis, en 2001, sous la pression d’usagers toujours plus désireux d’ouvrir un site en « .su », l’enregistrement sous ce domaine a été ouvert à tous. D’abord à un prix exagérément élevé (120 dollars par nom, soit six fois plus que pour un site en « .ru ») pour décourager les nouveaux acheteurs et le « cybersquatting ».

Mais, en janvier dernier, le prix a été abaissé à 25 dollars, entraînant l’augmentation de 45% recensée depuis le début de l’année. Et le phénomène pourrait prendre une nouvelle ampleur fin avril, la Fondation pour l’opinion publique de Russie réfléchissant à l’ouverture de domaines « .su » en langue russe, en plus de l’anglais. AP

source nouvelobs.com

Auchanbox victime de cybersquatting

Les domaines auchanbox.fr et auchanbox.com ont été réservés par ce qu’on pourrait qualifier de Cybersquatteur, à la même date, le 2 janvier 2007, auprès de Schlund + Partner (1 & 1).

Auchan s’est rendu compte de la supercherie le 13 mars 2007 (pour le .com), certainement en quête d’un domaine ou d’une marque pour son offre ADSL.

« Ainsi, après avoir constaté l’existence du nom de domaine , le Requérant (lui-même ou par l’intermédiaire de son mandataire) a adressé le 13 mars 2007 un courrier au Défendeur, afin de lui en demander le transfert amiable. »

Auchan demande le transfert à l’amiable pour le .com par courrier le 13 mars, à laquelle le propriétaire répond le 16 avril 2007 :“Le nom de domaine n’a selon nous rien à voir avec le groupe Auchan. Si cependant vous souhaitez nous faire une proposition de rachat, nous sommes à votre dispositionâ€?.

Ce dernier pensait donc probablement en tirer un profit substantiel.

Le 23 mai, le groupe Auchan se rend compte que la même société a également réservé le .fr.

« Le 23 mai 2007, et après avoir pris connaissance de l’existence du nom de domaine également réservé par le Défendeur, le Requérant a à nouveau pris contact avec ce dernier afin de demander le transfert des deux noms de domaine litigieux. Le Requérant n’a effectué aucune proposition de rachat. Le Défendeur n’a apparemment pas répondu à cette seconde mise en demeure. »

Le 15 juin 2007, Auchan dépose une plainte auprès du Centre d’arbitrage et de médiation de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Ce dernier a adressé une requête auprès du registrar (1 & 1). La notification est adressée au défendeur. Ce dernier avait délai pour faire parvenir une réponse fixée au 5 août 2007. Le défendeur n’a fait parvenir aucune réponse. En date du 7 août 2007, le Centre notifiait le défaut du défendeur. Par la suite, la Commission administrative a ordonné le transfert du nom de domaine au profit d’Auchan.
Concernant le .fr, Auchan a déposé une demande auprès du Centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI le 15 juin 2007 par courrier électronique et le 21 juin 2007, par courrier postal. A cette même date, l’OMPI a adressé à l’Association Française pour le Nommage Internet en Coopération (AFNIC : qui gère les domaines en .fr) une demande aux fins de vérification des éléments du litige et de gel des opérations. Une procédure administrative, a été adressée au Défendeur le 28 juin 2007. Celui-ci n’a également pas répondu, et la notification a alors été faite le 19 juillet 2007. De la même façon, la Commission administrative a ordonné le transfert du nom de domaine au profit d’Auchan.

Auchan obtient gain de cause pour les deux domaines, qui sont aujourd’hui propriété de :

GROUPE AUCHAN
40, avenue de Flandres
59964 Croix Cedex

Le domaine auchanbox.fr pointe actuellement sur le domaine principal d’Auchan.

Au vu de cette affaire, nous nous sommes intéressés aux petits camarades du géant de la grande distribution, Carrefour et Leclerc, dont on dit qu’ils pourraient également vouloir se lancer sur le marché de l’ADSL. Et bien des domaines carrefourbox.com et leclercbox.com ont été déposés de la même façon… Et par des cybersquatteurs. Etant donné que l’affaire Auchan devrait faire jurisprudence, nos lascars risquent fort d’être désappointés le jour où ces deux groupes vont s’apercevoir de la supercherie…

Notons que leclercbox.fr est à vendre 10.000 livres sterling, de même pour le .com.

source EchosduNet

Nombre record de cas de « cybersquatting » en 2007

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a « expulsé » en 2007 un nombre record de « cybersquatteurs », ces personnes physiques ou morales qui enregistrent abusivement des noms de domaine internet de sociétés au nom déposé, de sociétés, d’organisations, de produits ou de célébrités.

L’OMPI, agence de l’Onu établie à Genève, a reçu 2.156 plaintes pour « dépôt abusif de marque sur internet » l’année dernière, un chiffre en hausse de 18% par rapport à 2006 et de 48% par rapport aux nombres de cas dénoncés en 2005.

« Ces hausses confirment que le ‘cybersquatting’ reste une question sensible pour les ayant-droit », a expliqué jeudi Francis Gurry, directeur général adjoint de l’OMPI.

La plupart des plaintes émanaient des secteurs de la pharmacie, de la banque, des télécommunications, de la distribution et du divertissement.

Un quart des cas dénoncés ont été résolus à l’amiable sans que l’OMPI ait à se prononcer. Parmi les plaintes restantes, dans 85% des cas le plaignant a fini par retrouver tous ses droits sur le nom de domaine incriminé et dans 15% l’OMPI n’a pas requis de transfert de propriété de l’adresse web enregistrée.

La plupart des plaintes proviennent des à‰tats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne tandis que des accusés sont domiciliés aux à‰tats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Chine, indique l’agence.

Laura MacInnis, version française Patrice Mancino
source LePoint

Costa-Rica – Ouverture des enregistrements directement en “.crâ€?

Depuis le 3 mars 2008, il est possible d’enregistrer des noms de domaine directement sous la racine du Costa Rica.

Une période de 90 jours mise en place par le registre NIC.CR permet aux titulaires de noms de domaine déjà enregistrés dans les sous-extensions (.co.cr…) de déposer en priorité.

A compter du mois de juin, les enregistrements seront accessibles à tous, étant donné que l’extension costaricaine n’est soumise à aucune restriction règlementaire.

Avis aux titulaires de marques exploitées au Costa Rica: la consolidation de votre portefeuille de noms de domaine est nécessaire pour prévenir le cybersquatting !

Auteur : Alexandre Nappey

source VoxPI

L’AFNIC cesse de publier les nouveaux noms de domaine

L’AFNIC (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération) proposait, depuis 2000, un service de publication des nouveaux noms de domaine. En effet, tout nom de domaine en .fr déposé au cours des trente derniers jours faisait l’objet d’une parution sur une liste diffusée à titre informatif.

Selon l’AFNIC, cette liste aurait fait l’objet «de diverses formes d’utilisations qui méritent d’être encadrées juridiquement». Voilà une explication qui a le mérite de rester dans un vague total, mais on peut subodorer que des usages de type cybersquattage (réserver un nom de domaine pour ensuite le revendre à l’ayant-droit ou nuire à sa visibilité) ont dû être faits à partir de la liste.

A partir d’aujourd’hui, l’AFNIC cesse donc de communiquer les nouveaux noms de domaine enregistrés. Enfin, elle arrête la diffusion gratuite de cette liste. L’AFNIC ouvre en échange un nouveau service baptisé SQUAW (Service QUalifié d’Accès au Whois). En plus de débourser des poignées de dollars pour ce SQUAW (le forfait annuel coûte 10 000 euros HT), il faudra montrer patte blanche pour l’utiliser. En effet, pour obtenir la licence d’utilisation, le demandeur devra «démontrer qu’il apporte une valeur ajoutée à l’information fournie par l’AFNIC». Pas question donc de s’en servir pour revendre la liste telle quelle, ni de l’utiliser pour identifier des cibles commerciales ou procéder à l’envoi massif d’emails… Un service interdit aux brutes et aux truands.

Source DegroupNews