Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

Archives de mots clés: enregistrement

Plus d’un million de domaines .co déposés

En fin de semaine dernière le cap du million de noms de domaine utilisant l’extension .co a été franchi.

Souvent considéré comme une alternative à la très populaire extension de nom de domaine .com, le TDL régional .co, initialement réservé à la Colombie, continue d’enregistrer une forte croissance. Le bureau d’enregistrement officiel .CO Internet S.A.S a ainsi annoncé avoir dépassé le cap symbolique du million de noms de domaine. C’est via le service proposé par GoDaddy que ce millionième domaine a été déposé.

Plusieurs grandes sociétés ont ainsi tiré parti de cette nouvelle extension. C’est notamment le cas de Twitter qui a lancé son raccourcisseur d’URL t.co. Le mois dernier le cyber-marchand Amazon avait déposé a.co, z.co, k.co et cloud.co. De leurs côtés, les firmes GoDaddy et Overstock possèdent respectivement les noms de domaines x.co et o.co.

Lori Anne Wardi, directrice des communications de .CO Internet S.A.S, déclarait alors : « nous avons une très longue liste de gens qui veulent des domaines d’une seule ou de deux lettres et le prix de vente est suffisamment élevé pour que ces derniers soient utilisés à l’avenir ». A titre de comparaison le .fr a passé le cap des 2 millions d’enregistrements au mois d’avril soit à peu près cinq ans après son ouverture aux Français résidant dans l’Hexagone ou à l’étranger.

iCloud : nom de domaine et marque officialisée en Europe par Apple, le datacenter en images sur Google Maps

Apple a pour une fois dévoilé une de ses nouveautés avant la conférence d’annonce prévue ce Lundi 6 Juin, il s’agit de son service de stockage centralisé qui va donc bien se nommer « iCloud » comme on l’avait évoqué dans ces articles.

On assiste en effet à un ballet autour de cette nouveauté : nom de domaine, dépôt de marque en Europe et un datacenter qui apparait soudain sur les photos satellites de Google Maps.

Tous les détails dans la suite :

Tout d’abord, le nom de domaine iCloud.com vient de changer de propriétaire confirmant ainsi les rumeurs sur le sujet évoquées dès le mois d’Avril ici. Le nom de domaine ne pointe pas (encore) vers un site d’Apple à l’heure ou l’on rédige cet article, cela ne saurait tarder probablement.

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Par ailleurs, on apprend qu’Apple a enregistré la marque « iCloud » auprès des instances Européennes avec un champ d’application particulièrement vaste :

Celui-ci comprend en effet les possibilités de stockage et de streaming de musique, des aspects sociaux, multimedia gratuits et payants, le stockages de livres, magazines, des services relatifs aux photos ou le jeu. (en anglais cela donne : « delivering digital music by telecommunications, » « online social networking services, » « multimedia content for a fee or pre-paid subscription, » « electronic books and magazines, » « photographic services, » « games ») .

Bien entendu tout ces domaines d’applications ne seront pas forcément actifs lors du lancement.

Enfin, avec une coordination impressionnante, le « datacenter » qu’Apple construit depuis de longs mois et dont l’utilisation restait encore sujette à de nombreuses rumeurs vient d’apparaître sur les cartes de Google Maps alors qu’il n’y avait rien sur la zone avant le communiqué de presse de Lundi révélant l’arrivée des services iCloud.

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On avait pu voir une photo aérienne de ce complexe destiné à héberger les serveurs et les unités de stockage des services d’Apple dans ce billet sur la reconnaissance vocale.

Maintenant que les coulisses et l’affiche sont prêtes, il nous reste à découvrir le véritable contenu de ce iCloud et iOS 5, J-4 !

Rendez-vous ce lundi 6 vers 18h sur iPhon.fr pour un suivi en direct de la conférence d’Apple.

Source: iPhon.fr

Le .fr célèbre ses deux millions de noms de domaine

Le .fr compte désormais deux millions de noms de domaine enregistrés. C’est son gestionnaire, l’Afnic, qui en a fait l’annonce sur son site.
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C’est le site Manucure-saint-maur.fr qui est le deux millionième nom de domaine en .fr enregistré par une jeune femme, qui vient de se lancer à son compte dans la manucure (comme le nom de son site l’indique) à domicile.
« Les noms de domaine en .fr se portent bien. Avec une croissance annuelle de 21 %, le .fr conserve une avance de 10 points par rapport à la moyenne des autres extensions et représente près du 1/3 de l’ensemble des noms de domaine enregistrés en France. Chaque année, ce sont près de 300 000 nouveaux noms de domaine en .fr qui sont enregistrés », indique l’Afnic sur son site.
L’Afnic a publié fin 2010 son Observatoire du .fr. On y apprenait que le .fr représentait le tiers des noms de domaine enregistrés en France. Au niveau mondial, il se plaçait derrière le .com, qui émargeait, lui, à plus de 85 millions de noms enregistrés, devant le .de allemand (13,7 millions), le .net (12,8 millions) et le .uk (8,5 millions). C’est Credit.fr qui détient le record au niveau du second marché, avec la somme de 600 000 euros.
Source: 01.net

Que se passe-t-il au Ministère du Tourisme tunisien ?

peu près un mois après la révolution tunisienne, le Ministère du Commerce  et du Tourisme ne semble pas ménager ses efforts pour exploiter au mieux la saison touristique qui commence sous peu.

Très vite, une campagne Internet a vu le jour, notamment via la mise en ligne des sites ilovetunisia.org et ministere-tourisme.org, l’enregistrement de plusieurs noms de domaine dérivés et la diffusion en masse du logo I love Tunisia,  «the place to be now ».

Certes, la réactivité du ministère est appréciable au vu de la nécessité urgente de remettre le secteur touristique à flot. Ce secteur, qui représente 7% du PIB est extrêmement vital pour notre pays de par les précieuses devises qu’il injecte dans les caisses de l’état et les milliers d’emplois qu’il génère. Cependant, les circonstances et les modalités entourant cette campagne suscitent un certain malaise au sein du secteur des TIC tunisien.

En effet, il se trouve que les noms de domaine déposés, ont été commandés auprès d’un fournisseur français pour le compte d’un certain Nicolas Chadeville, collaborateur de la société Bygmalion, spécialisée dans la communication politique et proche de l’UMP. Le contenu lui à été développé et hébergé en France.

Pourquoi donc a-t-il fallu que le Ministère du Commerce  et du Tourisme se tourne vers la France pour sa communication ? Sachant  que la Tunisie exporte aujourd’hui son savoir faire en matière de développement et d’externalisation et qu’elle compte parmi ses jeunes entreprises des gens diplômés et extrêmement compétents. Ajoutez à cela la qualité exécrable des sites en question qui emploient des chartes graphiques (templates) standards et pas très adaptées à la nature des sites.

Au moment où le pays a besoin de consolider son économie et ses emplois, Ce ministère semble privilégier l’emploi français et octroie des marchés à des agences françaises sans même prendre la peine de lancer un appel d’offres local. Cette démarche est pour le moins qu’on puisse dire intrigante.

source: Espace Manager.com

ICANN approuve les noms de domaine .tel courts et numériques uniquement

LONDRES, January 28, 2011 /PRNewswire/ — Telnic Limited (http://telnic.tel), l’opérateur du registre pour le domaine de premier niveau .tel (TLD), a annoncé aujourd’hui, qu’à la suite de la réunion du Conseil d’administration ICANN ayant eu lieu en janvier 2011, ICANN approuve désormais le lancement de l’enregistrement des noms de domaine .tel à la fois courts (comme jj.tel) et uniquement numériques (tels que 442074676450.tel ou 88.tel).

<< J’aimerais remercier le Conseil ICANN et son personnel d’avoir pris nos demandes récentes en considération, permettant aux entreprises et aux individus d’avoir plus de choix lors de l’enregistrement de leurs noms de domaines .tel, a déclaré Khashayar Mahdavi , PDG de Telnic. Dans un avenir proche, les organisations possédant des marques commerciales uniquement numériques ou dont le nom de comporte que deux lettres pourront enregistrer leurs noms .tel. Par ailleurs, les individus pourront également s’amuser à se procurer des numéros uniques ou porte-bonheur comme identifiant Internet >>.

Les détails sur les démarches à suivre pour enregistrer des noms .tel courts et numériques uniquement seront communiqués en temps et en heure. Les codes ASCII à un caractère (comme x.tel), les numéros uniques (comme 3.tel) et les noms pouvant être confondus avec des extensions de domaine de haut niveau pour les codes pays (connus sous le nom de ccTLD, comme .us ou .uk) ne seront pas enregistrables.

Plus de 300 000 noms .tel ont été enregistrés à ce jour dans plus de 180 pays. Pour davantage d’informations sur les noms .tel et sur Telnic, veuillez vous rendre sur http://telnic.org ou consulter nos coordonnées sur http://telnic.tel.

À propos de Telnic : http://about.telnic.tel

Contact avec les média : Justin Hayward , Telnic – http://justin.tel

Source: Yahoo France Finance

Les avancées de la nouvelle loi sur les noms de domaine

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture une loi visant à définir le nouveau contexte juridique des extensions correspondant au territoire national. Eclairage sur ce nouveau texte comprenant quelques changements et suscitant deux interrogations

Courir un cent mètre en neuf secondes… avec un sac de pierres sur le dos. Voilà le défi que le Conseil Constitutionnel offrait au Législateur en octobre dernier dans sa décision n°2010-45 QPC sur les noms de domaine.

Neuf mois seulement pour rétablir un cadre juridique, c’est en effet déjà court, surtout sur un sujet qui ne présente pas d’enjeu politique majeur. Et le sac de pierres ? Il tenait dans ces deux mots exposant le motif de la décision du Conseil : « incompétence négative ». Le texte existant était jugé insuffisant, n’abordant pas des questions essentielles comme l’équilibre entre la liberté de communiquer, la liberté d’entreprendre et les droits de propriété intellectuelle. La tâche du Législateur n’était donc pas seulement de modifier un texte à la marge mais bien d’en inventer un nouveau, à partir de bien peu de choses.

A mi-parcours, force est de constater que le Législateur est dans les temps.

Un nouveau texte clair, lisible et complet
Grâce à l’intervention de deux députés en pointe sur les technologies de l’information, Mme Laure de la Raudière et M. Lionel Tardy, l’Assemblée Nationale a en effet voté le 14 janvier, en première lecture, un article du projet de Loi portant diverses dispositions d’adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière de santé, de travail et de communications électroniques qui propose un nouveau cadre législatif des noms de domaine. Le projet est déjà l’ordre du jour du Sénat pour le 10 février prochain.

Le texte proposé est, en outre, clair, lisible et complet. D’une part il répond aux exigences du Conseil Constitutionnel en rappelant le nécessaire respect des libertés fondamentales, et d’autre part il apparaît tout à fait applicable au quotidien, en clarifiant de nombreux aspects sur lesquels la jurisprudence tergiversait.

Ainsi, ces neuf nouveaux articles (L.45 à L.45-8) reprennent et consolident des principes fondateurs de la gestion des noms de domaine : le principe du premier arrivé premier servi par exemple, ou encore la responsabilité du choix du nom de domaine qui incombe au demandeur. Ce dernier point est particulièrement important pour ne pas conduire au retour des enregistrements « papier ».

Le nouveau texte clarifie également les conditions dans lesquelles seront gérés les litiges sur les noms de domaine, toujours nombreux tant chacun est attentif, légitimement, à la protection de son identité et de ses droits sur Internet. L’expérience ayant montré à quels point ces litiges sont souvent complexes (par exemple avec des noms de commune comme Bio, Vittel ou Lanquetot), le nouveau texte améliore l’équilibre entre protection des marques, des noms de collectivités et l’intérêt légitime des titulaires.

Quelques changements et deux interrogations
L’adoption du texte apportera aussi son lot de changements même s’ils ne sont pas fondamentaux. Les personnes physiques de moins de 18 ans pourront ainsi enregistrer des noms de domaine. La liste des nouveaux enregistrements de noms de domaine devrait être rendue accessible, même s’il reste à déterminer dans quelles conditions. Les procédures pour réclamer le transfert ou la suppression d’un nom de domaine devront désormais être homologuées par le Ministre.

C’est donc un texte déjà bien avancé qui sera examiné prochainement par le Sénat. Deux questions demeurent cependant ouvertes sur le champ d’application de cette Loi, et la réponse à ces questions pourrait avoir de sérieuses conséquences.

Tout d’abord la Loi  s’appliquera-t-elle directement aux domaines de premier niveau dits « ultramarins », c’est-à-dire le .re pour la Réunion, le .mq pour la Martinique, et la demi-douzaine d’autres codes qui attendent depuis 2004 la désignation officielle d’un office d’enregistrement ? Si la réponse est positive, on pourrait voir une ouverture de ces domaines de premier niveau, pour l’instant confidentiels, voire gelés depuis des années, aux entreprises et particuliers européens d’ici à la fin de l’année 2011.

La seconde interrogation est un risque d’interprétation. En l’état du texte, certains pourraient considérer qu’il s’applique aux futurs domaines de premier niveau créés auprès de l’Icann, l’organisme de coordination des noms de domaine au niveau mondial, par des collectivités françaises, comme .paris ou .bzh. S’ajouterait alors à la lourdeur du processus de sélection par l’Icann la nécessité d’une désignation, sans doute par mise en concurrence, par le Ministre français. Un bel imbroglio juridique en perspective, qui paralyserait certainement ces projets. Il faut espérer que le Sénat lèvera cette incertitude en clarifiant la rédaction.

On le voit, le Législateur a lancé en un temps record un travail salutaire de clarification du cadre législatif des noms de domaine. Il reste encore de nombreuses étapes à franchir mais on peut désormais sérieusement espérer que les conséquences de la censure du Conseil Constitutionnel, qui avait suscité beaucoup de craintes, soient positives au global pour l’ensemble du secteur des noms de domaine en France.

Mathieu WEILL

Facebook aurait déboursé 8,5 M$ pour fb.com

Pour le nom de domaine fb.com déjà utilisé en interne pour la messagerie de ses employés, Facebook aurait déboursé la somme colossale de 8,5 millions de dollars.

Lors de la présentation de Facebook Messages en novembre dernier, Mark Zuckerberg avait confirmé le rachat du nom de domaine fb.com auprès de The American Farm Bureau. Cette organisation à but non lucratif a pour vocation de représenter les intérêts des agriculteurs aux États-Unis et dispose d’un site Web officiel à l’adresse www.fb.org. Le nom de domaine fb.com était également en sa possession.

Une belle affaire pour nos fermiers américains
Le montant de la transaction avait été passé sous silence par le PDG de Facebook. Ce montant a finalement filtré lors de la réunion annuelle de The American Farm Bureau. Rapporté par Reuters, il serait de l’ordre de 8,5 millions de dollars. Si l’identité de l’acquéreur n’a pas été mentionnée de manière explicite, elle ne fait aucun doute.

Lors de l’annonce de l’achat de fb.com, Mark Zuckerberg avait indiqué que des employés Facebook l’utilisaient en interne et disposaient d’adresses e-mails en fb.com.

Si Facebook a effectivement bel et bien déboursé 8,5 millions de dollars pour le seul fb.com, cela en ferait l’un des noms de domaine les plus chers. Une entrée parmi les cinq plus grosses reventes, juste derrière porn.com en 2007 ( 9,5 M$ ) et devant business.com en 1999 ( 7,5 M$ ).

Source: Generation NT

La Pologne franchit la barre des 2 millions de noms de domaine en PL

C’est désormais une réalité : la Pologne vient officiellement d’enregistrer son deux millionième nom de domaine avec l’extension nationale « .pl ».

L’information a été officiellement confirmée par le NASK, qui gère l’attribution et la gestion des noms de domaine dans ce pays. Il s’agit d’une étape importante pour le secteur du e-commerce en Pologne, dont le dynamisme est de nouveau confirmé.

La barre des 2 millions de noms de domaine en « .pl » a été officiellement franchie dans la nuit du 3 au 4 janvier 2011 avec l’enregistrement de l’adresse « tu-tam.pl« , qui bénéficie ainsi – dès son dépôt – d’une publicité inespérée.

Le dernier recensement faisait état de 1,8 millions de noms de domaine en mai dernier et il n’aura donc fallu que quelques mois pour glaner les 200 000 domaines manquants.

Selon les analystes, la Pologne est ainsi le pays en Europe qui connaît actuellement la plus forte croissance du dépôt de noms de domaine et la tendance ne devrait pas ralentir pour autant. Elle occupe actuellement le 5ème rang européen des pays dont les noms de domaine nationaux sont les mieux représentés et se rapproche à grand pas de son concurrent italien qu’elle pourrait bien dépasser d’ici quelques mois…

En attendant, les journalistes se plaisent à souligner qu’il aura finalement fallu attendre 17 ans pour atteindre le premier million de noms de domaine (atteint début 2009) mais seulement  2 ans pour que cette proportion double.

[Via : Lanpolis.pl]

Auteur: Laurent JERINTE OU GERENTE – Spécialiste des nouveaux médias en Pologne

Source: Laurent-Jerinte.com

Nouvelle loi sur le .FR : du difficile équilibre entre droit des marques et droit des noms de domaine

Le futur texte de loi sur les noms de domaine en .FR, actuellement soumis aux parlementaires, illustre la difficile association entre droit des marques et droit des noms de domaine. Il soulève, dans sa rédaction provisoire, un certain nombre de difficultés risquant de porter atteinte à la cohérence du droit des marques, qui doit absolument être préservée.

Le futur texte de loi sur les noms de domaine en .FR, actuellement soumis aux parlementaires, illustre la difficile association entre droit des marques et droit des noms de domaine.

Suite à la décision du Conseil constitutionnel du 6 octobre 2010, un nouveau texte de loi devra remplacer au 1er juillet 2011 l’actuel article L. 45 du Code des Postes et Communications Electroniques (CPCE). Le texte proposé à la discussion est issu de l’amendement Tardy au projet de loi N° 3036 sur l’adaptation de la législation au droit de l’Union Européenne en matière de santé, de travail et de communications électroniques. Il soulève, dans sa rédaction provisoire, un certain nombre de difficultés risquant de porter atteinte à la cohérence du droit des marques, qui doit absolument être préservée.

Quelle  mission pour le  législateur ?

En demandant au législateur de définir les règles d’attribution, de retrait et de renouvellement des noms de domaine en .FR, le Conseil constitutionnel a défini l’objectif de la loi. L’amendement Tardy regroupe les textes d’ores et déjà en vigueur, pour la plupart intégrés dans la partie règlementaire du CPCE. Cette méthode a pour avantage d’être cohérente avec le système actuel et, en particulier, avec la charte de nommage du .FR, qui a été la première norme applicable au .FR.

Le législateur pourrait aller plus loin, notamment car une partie de ces textes date du projet de loi sur la société de l’information de 2001 (Projet n° 528 du 15 janvier 2003, article 5) et que l’occasion lui est aujourd’hui donnée de tenir compte des évolutions et de l’expérience acquise ces dernières années.

Le mode de règlement des différends : les critères retenus

Le texte en projet introduit une procédure inspirée de l’opposition existant en droit des marques, qui permet aux titulaires de droits de s’opposer à un nouvel enregistrement. La difficulté réside dans les critères prévus pour analyser et régler les conflits « Sous réserve du principe de spécialité, un nom identique ou susceptible d’être confondu avec un nom sur lequel est conféré un droit de propriété intellectuelle par les règles nationales ou européennes ne peut être choisi pour nom de domaine, sauf si le demandeur a un droit ou un intérêt légitime à faire valoir sur ce nom et agit de bonne foi ». Cette rédaction reprend le texte de l’actuel article R. 20-44-45 du CPCE, dont la rédaction était déjà critiquable, en y ajoutant « Sous réserve du principe de spécialité ». S’il est vrai que cet ajout a certainement pour objectif de clarifier le texte actuel, en réalité, il persiste à associer droit des marques et droit des noms de domaine, au risque de dénaturer le concept de contrefaçon de marque.

L’article R. 20-44-45 du CPCE a conduit à la création de la procédure PREDEC (Procédure de résolution des cas de violation manifeste des dispositions du décret du 6 février 2007), critiquée car jugée trop peu transparente. Cet article  a également été invoqué par des demandeurs devant les tribunaux, avec l’exemple de l’affaire Sunshine.fr, qui a abouti à un arrêt de cassation du 9 juin 2009 et qui a ouvert le débat sur la discordance entre droit des marques et droit des noms de domaine.

L’exception de bonne foi n’existe pas en droit des marques

Le texte proposé continue à associer le raisonnement sur la contrefaçon de marque au concept d’enregistrement de nom de domaine spéculatif et abusif issu des règles UDRP (Uniform Domain Name Dispute Resolution Policy). Il s’agit des règles créées à l’initiative de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) pour régler les litiges internationaux entre marques et noms de domaine, qui ont été reprises par la plupart des procédures extrajudiciaires destinées à régler les litiges entre marques et noms de domaine.

Résultat,  le demandeur titulaire de droits doit prouver l’atteinte à ses droits, selon les critères classiques de la contrefaçon de marque, tandis que le titulaire du nom de domaine peut contester et faire échec à cette action en invoquant son droit ou intérêt légitime sur le nom de domaine, ainsi que sa bonne foi. Il s’agit donc d’une exception à la contrefaçon de marque, puisque la bonne foi est inopérante en matière de contrefaçon de marque. Le droit des marques comporte déjà des exceptions à la contrefaçon de marque. S’il doit être créé une exception, c’est dans l’article L. 713-5 du Code de la Propriété Intellectuelle (CPI) qui y est consacré, qu’elle trouverait sa place.

Le risque de perte de cohérence du droit des marques

Le droit des noms de domaine ne peut exister isolément du droit des marques, au risque  de négliger les titulaires de marques et de créer des procédures pour les noms de domaine à partir de critères compliqués, difficiles à appliquer et donc peu sécurisants. Plutôt que d’associer des mécanismes fondamentalement différents, pourquoi , par exemple, ne pas reprendre le grief d’atteinte à un droit de propriété intellectuelle, en faisant référence aux règles définies par le Code de la Propriété Intellectuelle et ajouter un fondement, distinct et autonome, qui reprenne les règles issues de la procédure UDRP, destinée à sanctionner les pratiques de piratage ?

La cohérence du droit des marques doit absolument être préservée : il s’agit du droit le plus fort et le plus établi, tant au niveau national qu’international. Le droit des marques a, en effet, donné lieu très tôt à la négociation d’accords internationaux et est harmonisé, depuis une vingtaine d’années, au sein de l’Union Européenne. C’est un facteur de cohésion et d’intégration qu’il faut préserver.

Marie-Emmanuelle Haas

Source: Journal du Net

Wikileaks : une banque achète des domaines par centaines pour se protéger

Voilà une forme originale de cybersquatting défensif. Redoutant que ses dirigeants soient moqués voire conspués par les internautes, suite à des révélations promises par Wikileaks sur le secteur bancaire, la Banque of America a acheté des centaines de noms de domaine insultant ses cadres.

Le 29 novembre dernier, lorsque le monde entier s’intéressait encore aux câbles diplomatiques révélés par Wikileaks, son fondateur Julian Assange avait dévoilé son intention de « faire tomber » une banque américaine en révélant un « écosystème de corruption ». « Cela donnera un aperçu vrai et représentatif de la façon dont se comportent les banques au niveau de leurs dirigeants d’une manière qui provoquera des enquêtes et des réformes, je suppose« , avait prévenu Assange, parlant de « pratiques contraires à l’éthique« .

Très vite, le Huffington Post avait désigné la Bank of America, en rappelant qu’Assange lui-même avait dit en octobre 2009 dans une interview être en possession de 5Go de données provenant d’un dirigeant de cette banque américaine.

Dans un article publié dimanche, le New York Times raconte les opérations de « contrespionnage » menées par la BoA, qui a inspecté des milliers de documents internes, préparé la réplique médiatique dans le cas où certaines informations seraient rendues publiques, consulté des batteries d’avocats pour peser les risques de possibles révélations, … mais comme le note ActicePolitic, le plus drôle est une réaction très inattendue de la part de la banque.

Le site Domain Name Wire a en effet révélé le mois dernier que Bank of America a enregistré d’un seul coup des centaines de noms de domaine, composés des noms de ses administrateurs et de ses cadres supérieurs, suivis des mots « sucks » et « blows » (« est naze », en français). Par exemple pour le président de la banque Brian T. Moynihan, la BoA a enregistré BrianMoynihanBlows.com, BrianMoynihanSucks.com, BrianTMoynihanBlows.com, BrianTMoynihanSucks.com, et toutes leurs versions en .net et .org.

La banque semble croire qu’en possédant les noms de domaine que pourraient vouloir exploiter ses détracteurs, la critique se fera moins sentir. Mais c’est mal connaître l’imagination des internautes, dont certains risquent au contraire de trouver qu’il s’agit là d’une provocation, voire d’un défi…

Source: Numerama