Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

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43 350 sites internet portant l’extension .ma existent déjà, bientôt une extension en arabe

Leur nombre a augmenté de 10% en un an, mais on compte autant de sites marocains utilisant les extensions « .com », « .net » ou « .org » . La consultation lancée en avril 2011 par l’ANRT pour choisir un nouveau gestionnaire des noms de domaines n’a pas abouti. Ils restent techniquement gérés par IAM.

Symbole de la souveraineté numérique d’un pays, le nom de domaine national est une extension de deux lettres qu’on retrouve en fin d’adresse internet et qui correspond à des noms de pays ou à des zones géographiques. Il est géré au niveau international par la société de droit privé américaine ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).

Au Maroc, on comptait à fin mars 2012 près de 43 354 noms de domaine portant l’extension «.ma» enregistrés selon le Network Information Center (NIC) et autant en autres extensions (.com, .net, .org…), selon les estimations de professionnels du secteur. Ces extensions sont d’ailleurs en augmentation et plusieurs agences spécialisées dans l’hébergement vont même jusqu’à les conseiller à leurs clients.

Interrogés sur la motivation d’un tel choix, c’est le même son de cloche partout et tout le monde pointe du doigt «la gestion chaotique» de ces noms de domaines par Maroc Telecom, une accusation dont nous n’avons pu vérifier les fondements.

L’opérateur historique pointé du doigt par les hébergeurs de sites internet

En effet, si depuis 2005 l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a pris en charge la gestion administrative des noms de domaine portant l’extension «.ma», l’opérateur historique a gardé la gestion technique du CCTLD local (Code pays de premier niveau) donnant lieu à des protestations très vives, selon les hébergeurs de sites. Ces protestations concerneraient la lourdeur des traitements des demandes qui se font encore manuellement et par envoi de fax, ce qui engendre des erreurs dans les entrées DNS (système de noms de domaine) et d’informations clients de façon quotidienne. Ceci s’ajouterait au retard de l’exécution des commandes dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Sans compter, disent les hébergeurs, que l’opérateur historique n’offre pas de serveur aux normes reconnues, ni d’interface de gestion en temps réel comme c’est le cas pour les autres registres mondiaux, chose qui se répercute de façon négative sur l’image et la qualité du service proposé par les hébergeurs. Interpellée sur la question, et après finalisation des termes de références, l’ANRT avait lancé le 12 avril 2011 une consultation en vue de sélectionner un exploitant pour l’externalisation de la gestion technique de la plateforme «.ma», selon un cahier des charges arrêté bien défini. Pourtant, de cette consultation, pas de résultat et aucun nom ne filtrera. «Vu la sensibilité de l’activité de gestion des noms de domaine “.ma” et au regard de la qualité des offres soumises, il a été décidé de ne pas donner suite au processus de consultation», nous informe-t-on au niveau de l’ANRT.

Une réévaluation de l’ensemble du processus est prévue pour qu’une nouvelle approche soit établie afin de choisir l’exploitant du «.ma». De ce fait, et afin d’assurer une continuité du service de gestion des noms de domaine marocains, cette dernière reste assurée par le gestionnaire actuel, à savoir Ittissalat Al Maghrib, selon le régulateur.

Cependant, malgré ce statu quo, il convient de noter une tendance haussière pour l’enregistrement des noms de domaine sous l’extension «.ma» (plus de 10% par rapport à mars 2011), soutenue notamment par l’accroissement continu de la demande. «L’enregistrement d’un nom de domaine sous l’extension “.ma” constitue une garantie pour son titulaire, étant donné que l’attribution et la gestion des noms de domaine “.ma” s’appuie sur une charte de nommage respectueuse de l’intérêt général et attentive au respect des droits des tiers», explique l’ANRT. Plus, pour rendre le nom de domaine «.ma» plus harmonisé, l’ANRT a entamé la procédure de demande de délégation pour le CCDTL arabe «??????.».

Ainsi, lors de sa réunion tenue en avril 2011, le Conseil d’administration de l’ICANN (l’organisme mondial d’attribution des noms de domaines et codes) a approuvé la délégation du domaine arabe «??????.» à l’ANRT. Le nom de domaine «??????.» est ainsi déclaré au niveau de la zone racine de l’internet. L’enregistrement des noms de domaines sous cette extension sera ouvert selon un processus qui sera publié ultérieurement par l’ANRT.

A noter que le projet d’arabisation des noms de domaines est un projet pilote mené par un groupe de travail arabe (créé en 2004 sous l’égide de la Ligue des Etats arabes), portant sur l’arabisation des noms de domaines, ayant pour but de permettre aux participants d’identifier leurs besoins, de convenir de normes, et notamment d’identifier les problèmes possibles.

Source: lavieeco.com

Quinze millions de .de pour l’Allemagne

Avec 15 millions d’adresses internet, le .de allemand, première extension pays du monde, franchit un nouveau cap symbolique dans le classement des statistiques de mai 2012.

Le .de n’est pas prêt de perdre sa couronne mondiale. En janvier 2011, l’extension pays de l’Allemagne dépassait les 14 millions d’enregistrements. En mai 2012, les 15 millions de .de sont atteints. Sa croissance stable maintient les concurrents dynamiques éloignés comme le .co.uk britannique – qui a franchi, comme prévu, les 10 millions d’enregistrements – ou le .nl néerlandais, bientôt à cinq millions de noms de domaine.

Dans le top 10, le générique informationnel .info (8,22 millions, – 1,6 %) et le .cn chinois (3,35 millions, – 0,8 %) perdent des noms de domaine.

Les IDN boostent les dépôts en .fr

Le .fr (16e du top 20) connaît la troisième croissance la plus importante de ce classement, avec une hausse de 3,35 %. L’extension nationale bénéficie de l’introduction des caractères accentués (IDN) dans les noms de domaine français. D’après l’Afnic, un millier de noms de domaine contenant des caractères diacritiques a été enregistré dans les trois premières heures de l’ouverture du 3 mai 2012.
Rappelons que le .fr et les autres suffixes gérés par l’Afnic sont ouverts aux membres de l’Union européenne depuis décembre 2011. Le .re réunionnais continue de bénéficier de cette libéralisation : + 11 %, soit 16 300 noms nouvellement enregistrés.
Le .pt portugais profite également de son ouverture aux étrangers. L’extension ibérique gonfle son portefeuille de 12 %, avec 50 000 nouveaux .pt, dont 30 000 enregistrés durant la première semaine de sa nouvelle charte de nommage ouverte.
Dans le reste du classement, le .cz tchèque s’approche du million de noms de domaine enregistrés. Prague, qui accueille le prochain sommet de l’Icann à la fin juin 2012, pourrait y fêter son millionième .cz. Le .lv letton franchit un cap symbolique : ses premiers 100 000 noms de domaine.

Maurice veut pouvoir contrôler le nom de domaine .mu

PORT-LOUIS, 16 avril (Xinhua) — Le gouvernement mauricien souhaite pouvoir prendre le contrôle du nom de domaine « .mu » qui est actuellement géré par le Massachussets Institute of Technology (MIT) Sloan Scholl of Management, USA, a appris lundi Xinhua auprès du ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (Tic), Tassarajen Pillay Chedumbrum.

La gestion du nom de domaine permettra à Maurice d’améliorer sa visibilité du pays, d’assurer son identité dans le cyber espace et de faire en sorte que les aspects légaux et autres procédures administratives comme l’enregistrement, le renouvellement et la suspension de noms de domaines soient régis par les lois du pays.

L’État mauricien avait signifié son intention, à travers la signature d’un accord en avril 2009 avec Internet Direct Ltd, de gérer localement le ccTLD (country code Top Level Domain ou, en français, domaine de premier niveau de code de pays), qui est le . mu. Le ccTLD, propre à chaque pays permet effectivement en autres choses, de mieux référencer les adresses internet et de retrouver facilement les sites tels le .mu pour Maurice, .za pour l’Afrique du Sud, .cn pour la Chine ou encore .fr pour la France.

Avant la signature de l’accord précité, la gestion du nom de domaine .mu revenait depuis 1995 à la compagnie Internet Direct Ltd, une entité du (MIT) Sloan Scholl of Management, dirigée par Yan Kwok. Après la signature de ce Memorandum of Understanding avec Internet Direct Ltd, Maurice était devenue le deuxième pays après l’Afrique du Sud à avoir repris les droits sur son nom de domaine.

Toutefois dans la réalité les choses ne se sont pas passées aussi facilement que cela.

« Nous ne voulons pas nous réapproprier « .mu ». Ce que nous voulons c’est remettre de l’ordre, avoir un droit de regard et de supervision. […] C’est un travail fastidieux, c’est un dossier qui est resté tel quel pendant 18 ans. Ce qui nous motive c’est le rebranding. Cela fait plusieurs années que le nombre d’adresses « . mu » stagne à 4 000 », déclare Tassarajen Pillay Chedumbrum.

Du côté du MIT Sloan Scholl of Management, on se défend de vouloir à tout prix garder le contrôle du domaine « .mu ». « Je suis là pour collaborer avec le gouvernement dans l’intérêt du public afin que Maurice sorte gagnant. En ce moment, ce qui se passe c’est un peu unilatéral mais je suis là pour collaborer. Je suis pour un statu quo avec un droit de regard du gouvernement », lance Yann Kwok, représentant de MIT Sloan Scholl of Management.

Pour trouver un compromis, le ministère des Tic a fait appel à Phil Regnauld, Systems Architec and Trainer à l’Université d’Oregon, USA. Ce dernier explique que la gestion des domaines nationaux peut être effectuée par une entité indépendante à but non lucratif comme dans les pays anglo-saxons, par le secteur privé suite à un appel à candidatures comme dans les pays latins, par le gouvernement, lui-même, dans certains pays à faibles ressources ou par des universités.

« Aujourd’hui, il y a un intérêt plus marqué par les gouvernements de reprendre la gestion des noms de domaine », soutient Phil Regnauld.

D’un point de vue économique, lorsque des citoyens d’un pays d’ Afrique s’enregistrent en effet auprès d’un ccTLD générique tel que le .com, les frais d’enregistrement partent à l’étranger, étant donné que ces domaines sont ouverts à l’enregistrement des internautes dans n’importe quelle partie du monde. Cet argent ne peut donc être réinvesti localement contrairement au cas d’un ccTLD qui appartient à un pays.

Tassarajen Pillay Chedumbrum et Phil Regnauld soutiennent que ce prix à l’année est de 100 US$, contre plus ou moins 10 US$ par année pour le domaine « .com ». Ils souhaitent donc un alignement du domaine mauricien sur cette référence internationale.

Yann Kwok rétorque que les prix du domaine « .mu » annoncés par Tassarajen Pillay Chedumbrum et Phil Regnauld ne reflètent pas la réalité car ils datent de plusieurs années. « Ces chiffres datent de dix ans. Nous ne vendons pas directement, nous passons par le Registrar. Les tarifs varient selon le volume échangé par les sites internet. Cela varie entre 30 US$ et 50 US$ par année. Et nous avions proposé au gouvernement de baisser pour arriver entre 10 US$ et 17 US$ par année. Mais nous n’avons rien entendu en retour », déclare-t-il.

Un atelier de travail consultatif a été organisé par le ministère des Technologies de l’Information et de la Communication pour trouver une solution. Mais rien n’a pas pu être conclu.

Source: afriscoop.net

Noms de domaine africains, une ressource inexploitée

(Agence Ecofin) – On ne comptait, en 2011, que 450 noms de domaine nationaux au Mali, 1000 au Burkina Faso, 2000 en Côte d’Ivoire et 4000 au Sénégal. En comparaison, le domaine national de la France (.fr) comptait, mi-2011, plus de 2 millions d’enregistrements.

La bataille des contenus est aussi liée à des contraintes techniques. Celles-ci méritent qu’on s’y penche si l’on veut accélérer, pour les Africains, l’accès aux contenus africains. La popularisation des noms de domaine nationaux est l’une des pistes qui pourraient aider à un meilleur accès endogène aux contenus africains. La bonne gestion du nom de domaine national, expliquait un fonctionnaire du Ministère des postes et des nouvelles technologies du Mali, « facilite le commerce électronique, l’e-gouvernance, améliore la gestion de la cyber-sécurité et favorise le développement des capacités humaines et techniques du pays. (…) Les noms de domaine renforcent la capacité de créer et de profiter des contenus locaux en ligne et favorisent le développement de politiques nationales efficaces et un cadre juridique. »

Il est préférable, en effet, que les noms de domaines qui supportent les contenus africains soient administrés par des registraires basés en Afrique sur des serveurs qui y sont installés. Cela revient à dire qu’il faut encourager la promotion des noms de domaine nationaux.

Ceux-ci sont relativement peu utilisés par rapport aux noms de domaine génériques (.com, .net, .org, etc.). Pour diverses raisons − notamment le prix et les procédures d’enregistrement −, les particuliers et les entreprises sont souvent plus prompts à utiliser un nom de domaine générique. Un tel nom peut être enregistré en ligne en quelques minutes, voire en quelques secondes, alors que, pour un nom de domaine national (.ml pour le Mali ou .ci pour la Côte d’Ivoire par exemple), la procédure d’enregistrement exige des délais plus longs, en termes de jours.

L’autre raison de ce peu d’engouement vers les noms de domaine nationaux est l’absence de marketing à leur sujet, comme si l’on ignorait que les noms de domaine peuvent générer des ressources appréciables. Pour exemple, l’extension de domaine .com, la plus populaire avec plus de 90 millions de noms de domaine enregistrés (au premier trimestre 2011), génère chaque année des centaines de millions de dollars ! Démocratiser l’enregistrement des noms de domaine nationaux et raccourcir la procédure pourraient non seulement permettre d’en réduire les coûts, aujourd’hui sensiblement élevés par rapport au marché mondial des noms de domaine, mais aussi générer des ressources financières pour le pays, à l’heure où les gouvernements en sont réduits à surtaxer les opérateurs de télécommunications pour augmenter leurs recettes.

En Algérie, les autorités ont décidé de mener la bataille des noms de domaine nationaux. Le gouvernement voudrait, à l’horizon 2015, avoir un million de noms de domaine avec l’extension algérienne .dz, au lieu de 4000 aujourd’hui. Cela équivaut à enregistrer 38 noms de domaine par heure jusqu’à l’échéance. Si l’ambition paraît quelque peu difficile à réaliser, vu les coûts actuels d’un nom de domaine en Algérie (entre 394 et 1445 dollars !) et les lenteurs administratives liées à son enregistrement, elle montre cependant que les autorités ont pris conscience de l’importance des enjeux de la vulgarisation de cette ressource nationale.

Source: connectionivoirienne.net

Noms de domaine : un « droit de veto » sur les extensions ?

Un Etat pourra-t-il bloquer la création d’une extension de noms de domaine en .xxx, ou en .gay ? D’après un article du site Internet Cnet, daté du lundi 7 février, l’administration Obama vient de faire de nouvelles propositions qui, en substance, aboutissent à créer un « droit de veto » pour la validation de nouvelles extensions, de même niveau que le .com ou le .net.

Pour le département des télécommunications et de l’information américain, qui a répondu au site spécialisé, cette nouvelle procédure aurait le mérite de « diminuer le potentiel de blocage des noms de domaines considérés comme inacceptables par les gouvernements ».

UN PROCESSUS DÉJÀ COMPLEXE

Avant d’être officiellement intégrées, les demandes d’extension font l’objet d’un processus complexe, chapeauté par l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann), une association de droit privée à but non lucratif, basée en Californie. Le nouveau suffixe doit aussi obtenir l’aval du Governmental Advisory Committee (GAC), qui se veut l’organe de la représentation internationale.

C’est précisément au sein du GAC que les Etats-Unis voudraient renforcer le droit de veto des Etats membres. Dans cette configuration, chaque membre serait en droit d’« émettre une objection », et ce « qu’elle qu’en soit la raison ». Et si cette position fait consensus, l’Icann « devrait rejeter » la demande concernée. Dans la configuration actuelle, les Etats représentés au sein du GAC donnent un avis, mais c’est le bureau de l’Icann qui a finalement le dernier mot.

POSITION AMBIGUË DES ÉTATS-UNIS

Il est aisé d’imaginer que certaines extensions feront difficilement « consensus ». C’est notamment le cas du .xxx. Au mois de décembre, l’Icann a reporté la création d’un nom de domaine spécifique pour les contenus pornographiques. Parmi les raisons invoquées, la presse spécialisée note des « désaccords entre l’Icann et le Governmental Advisory Committee ». Les mêmes blocages pourraient intervenir pour la création d’une extension en .gay, alors que certaines associations militent en sa faveur.

Les propositions de l’administration Obama tranchent avec les engagements des Etats-Unis en ce qui concerne la gouvernance d’Internet. Subissant les critiques de plusieurs pays, notamment de la Chine, qui revendique plus de 450 millions d’internautes, le gouvernement américain a présenté, en octobre 2009, un nouveau document mettant fin au contrôle unilatéral des Américains sur l’Icann, lui octroyant, théoriquement, une plus grande indépendance.

Les annonces américaines interviennent aussi alors que la création de plusieurs extensions, comme le .car, .movie ou .web, devraient être examinées lors d’une réunion de l’Icann, qui se tient à la mi-mars à San Francisco.

Laurent Checola

Source: Le Monde.fr

l’Afrique insuffisamment impliquée dans la gestion des noms de domaine

Anne-Rachel Inne, directrice des relations pour l’Afrique à l’ICANN, est l’un des meilleurs experts du continent en politiques des TIC pour le développement. Elle a, par exemple, travaillé depuis 1997 à la mise en place de projets nationaux et régionaux avec plusieurs institutions régionales. Elle presse les pays africains de s’impliquer davantage dans l’internet.

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

Propos recueillis par Chérif Elvalide Sèye

 

Les Afriques : Le contrat liant le Département américain du commerce à l’organisme en charge des problématiques de noms de domaine et d’adresses IP dans le monde (ICANN) a pris fin le 30 septembre. Qu’est-ce qui change fondamentalement dans l’internet avec ce fait ?

Anne-Rachel Inné : Avec l’affirmation des engagements, ou affirmation of commitments en anglais, que l’ICANN et le gouvernement américain viennent de signer, nous assistons tout d’abord à la reconnaissance du modèle multiacteurs (gouvernements, société civile, secteur privé, académique, utilisateurs) avec lequel l’ICANN a fonctionné depuis bientôt onze ans.

Ensuite, l’ICANN devient maintenant comptable devant toute la communauté internationale et non plus seulement au Département du commerce américain, à qui l’organisation envoyait les rapports d’étapes auxquels elle était soumise depuis sa création en 1998. Des comités, qui seront composés de membres de gouvernements siégeant au conseil consultatif gouvernemental et d’experts et membres de la communauté, auront pour tâches de réexaminer certains aspects de l’organisation et de suivre la mise en place des recommandations appropriées. Ces comités effectueront des examens réguliers des travaux de l’ICANN dans quatre domaines : la concurrence entre les domaines génériques (tels que com et net), le traitement des données des titulaires de noms de domaine, la sécurité, la stabilité du réseau et la transparence des actions de l’ICANN, ainsi que la comptabilité et l’intérêt public, le seul comité dans lequel l’Amérique conserve un siège permanent.

 

LA : L’Afrique est-elle concernée dans les faits par ce débat ?

ARI : Comme toutes les autres régions, l’Afrique est concernée par la gouvernance de l’internet. Outil que nous utilisons souvent sans trop bien comprendre d’ailleurs les tenants et aboutissants d’un nom de domaine ou d’une adresse IP, ou même du réseau sur lequel ils reposent. Mais une fois de plus, la région n’est pas très présente au niveau des constituantes de l’ICANN, et particulièrement au conseil des gouvernements. Pour être tout à fait honnête, l’Afrique est pratiquement absente en termes de contributions aux travaux de l’ICANN, même dans les discussions sur les futurs nouveaux noms de domaine, les noms de domaine internationalisés (IDNs), ou la mise en place de l’affirmation des engagements. Pourtant, l’implication de l’Afrique est essentielle dans le débat au niveau international pour que nous évitions de simplement prendre ou consommer ce que les autres décident… car eux sont là quand les décisions sont prises.

 

LA : L’Afrique gère désormais des noms de domaine. Est-ce que cela a changé fondamentalement quelque chose ?

ARI : L’Afrique en majorité gère ses noms de code pays de premier niveau appelés ccTLD, tel le .sn (Sénégal), .dz (Algérie), .za (Afrique du Sud).

Mais nous ne gérons encore aucun registre générique (gTLD). Nous avons trois registrars (revendeurs) de noms de domaine agréés par l’ICANN, dont deux non opérationnels.

Au niveau de l’infrastructure sur laquelle les ccTLDs reposent, nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique (exemple : sécurité) et administrative (exemple : charte régissant le TLD) de ces noms de domaine. D’où un manque d’appropriation locale de ces noms, qui sont pourtant les portails, l’identité de nos pays sur Internet, et l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites.

Le changement s’amorce avec l’Association des gérants de noms de domaine pays (AfTLD), qui devient plus active aujourd’hui pour, par exemple, former les gérants aux normes de gestion internationales. L’Afrique a un registre Internet régional, AfriNIC, qui distribue les adresses IP. Il existe une organisation qui aide les réseaux d’éducation et de recherche, AfREN, et une autre, AfNOG, qui aide les opérateurs de réseaux en les formant aux dernières techniques internationales. Disons que nous pourrions faire beaucoup mieux. Cela demande de la volonté de la part de tous, et surtout de nos dirigeants, pour que les efforts faits se traduisent en profits pour tous au niveau local.

 

LA : Quels sont les enjeux pour l’Afrique de la gestion des noms de domaine ? Que doit-on faire ? A-t-on seulement une claire conscience de ces enjeux ?

ARI : Les enjeux sont énormes sur le plan économique et pour le développement. Le prochain sommet des chefs d’Etat africains en janvier 2010 sera consacré aux technologies de l’information et leur apport au développement. Nous disons souvent que l’internet est une technologie transformatrice qui va continuer à nous mobiliser tous au niveau global, à stimuler l’innovation, faciliter les échanges et le commerce, et permettre la circulation libre et sans entrave de l’information.

Nous devons faire en sorte que nos réseaux locaux soient la fondation de nos futurs e-gouvernement, e-éducation, e-santé et autres e-commerce dans nos pays. Aujourd’hui, je dirais que les ccTLDs, comme les adresses IP, font partie de l’infrastructure de base de la région et de nos pays. Car, qu’elles que soient les largeurs de bande passante que nous aurons, si les contenus et l’innovation ne sont pas au rendez-vous au niveau local, nous n’avancerons pas dans cette société de l’information que, pourtant, notre région a aidé à conceptualiser depuis le départ.

La déclaration finale de la Conférence régionale africaine en mai 2002 à Bamako disait déjà, entre autres, que « la création des contenus locaux est d’une très grande importance » ou que la mise à la disposition de tous les citoyens des moyens leur permettant d’utiliser les réseaux dans un esprit de service public sont des pré-requis que tous, et notamment les gouvernants, doivent encourager et aider à créer.

Je suis sûre que, comme moi, beaucoup rêvent de faire une demande de visa en ligne partout en Afrique, d’aider les membres de leur famille à payer leurs impôts en ligne ou de faire une demande de passeport ou une demande de diagnostic en ligne. En usagers éclairés, nous demanderons bien sûr que nos informations personnelles et confidentielles soient sur des sites locaux en .sn pour vous, .ne pour moi, et ainsi de suite, et que nos juridictions soient éclairées sur le sujet et puissent nous aider en cas de litiges.

Je suis certaine qu’aujourd’hui les utilisateurs et les entreprises dans tous les pays africains seraient ravis d’avoir un nom de domaine local si, en technicité et administration, ils pouvaient rivaliser avec les autres qui sont aux normes internationales. C’est donc une question de confiance à instaurer au niveau local, une bonne gouvernance à mettre en place pour que tous y adhèrent. Dans certains pays du continent, c’est déjà le cas.

 

LA : Que pensent les institutions africaines du sujet ? Sont-elles impliquées ?

ARI : Elles le sont à l’ICANN. La Commission de l’Union africaine, l’Union africaine des télécommunications (UAT), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sont toutes présentes au GAC. Seulement, dans l’internet comme ailleurs, il y a beaucoup de choses qui ressortent de la souveraineté nationale, telles que décrites dans l’Agenda de Tunis du SMSI, et donc, malgré les efforts des institutions régionales qui, il faut le reconnaitre, n’ont pas beaucoup de ressources, si les Etats membres ne s’impliquent pas localement, nous n’arriverons pas à certaines choses comme des ccTLDs performants, à des contenus qui amèneront les populations locales à utiliser les réseaux, à une utilisation qui génèrera certainement beaucoup d’innovations de notre jeunesse en termes d’applications sur les réseaux par exemple.

 

LA : Vous résidez au Niger, l’ICANN a-t-elle des bureaux en Afrique ?

ARI : Cela a toujours été en projet et nous en aurons bientôt un, je l’espère, car l’affirmation des engagements dit, entre autres, que l’ICANN gardera un siège aux Etats-Unis et aura des bureaux partout dans le monde pour répondre aux besoins de la communauté mondiale. L’organisation est très jeune et ses ramifications seront à la hauteur des ambitions de la communauté puisque, maintenant, c’est la communauté internationale qui est aux commandes.

Source LesAfriques.com

Country Codes of the World

Country Codes of the World

A whole new way of looking at the world

At the end of every URL and email address is a top-level domain (TLD). Although .com is the world’s most popular TLD, it is far from alone. There are more than 260 TLDs in use around the world, most of which are country code top-level domains (ccTLDs). The Country Codes of the World map includes 245 country codes, which encompasses all United Nations countries as well as numerous islands and territories. Each two-digit code is aligned over the country it represents and is color coded with the legend below for quick and easy reference.

High-quality print, suitable for framing

The map measures 24 inches by 36 inches and is printed on high-quality, 80 lb. uncoated cover stock with a one-inch margin to accommodate most frames.

Each ccTLD is sized relative to the population of the country or territory, with the exception of China and India, which were restrained by 30% to fit the layout. At the other end of the spectrum, the smallest type size used reflects those countries with fewer than 10 million residents.

This map is an excellent resource for managers of global Web sites and global marketing executives. And because there are no country borders, this map has been proven by teachers to be a valuable tool for teaching world geography.

source ByteLevel