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Archives de mots clés: filtrage

Nominet ou l’idée britannique du filtrage

L’office d’enregistrement des noms de domaines au Royaume-Uni vient d’interpeller les autorités au sujet des motifs de fermeture d’un site. Nominet demande notamment des pouvoirs accrus afin d’accélérer toute procédure.

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Dans un document (.pdf), Nominet demande quels pourraient être les motifs mis en avant afin de procéder à la fermeture d’un site. Par exemple, un site suspecté d’être utilisé par des organisations criminelles pourrait subir le courroux des autorités et de la Serious Organised Crime Agency (Soca).

Concrètement, Nominet souhaiterait disposer du pouvoir de fermer un site si son activité est considérée comme criminelle. Elle bénéficierait ainsi d’une extension importante de ses pouvoirs et agirait à la manière d’une police du Web. Pour sa défense, Nominet plaide également pour qu’il existe des « Conditions générales d’enregistrement » plus claires et plus précises lors de l’enregistrement d’un nom de domaine.

Bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que d’un avis pour information de la part de Nominet, des consultations ont été menées en Grande-Bretagne sur le sujet. Elles devraient aboutir sur un débat public à partir du 23 février prochain.

Source: Clubic.com

Le filtrage mondial des « sites pirates » demandé aux États-Unis

Hier, des sénateurs américains ont dévoilé une proposition de loi contre le piratage sur Internet. Celle-ci donnerait de nouveaux pouvoirs au Département de la Justice en lui permettant potentiellement de s’attaquer aux sites pirates dans le monde entier.

Ce n’est pour l’instant qu’une proposition de loi, mais elle illustre à merveille la nouvelle politique du gouvernement américain en matière de lutte contre le piratage. Lundi, plusieurs sénateurs américains ont proposé une nouvelle législation (.pdf) en matière de propriété intellectuelle sur Internet. Intitulée « The Combating Online Infringement and Counterfeits Act », cette proposition de loi veut offrir de nouveaux pouvoirs au Département de la Justice.

Concrètement, cette loi permettrait aux autorités américaines, sous l’impulsion des ayants droit locaux, d’obtenir la fermeture des sites web considérés comme illicites selon la loi américaine. Avec ces nouvelles prérogatives, le procureur général pourrait s’attaquer aux sites localisés aux États-Unis ou à l’étranger. Plus exactement, le texte fournit un angle d’attaque en s’en prenant aux noms de domaine de ces sites web.

Si le nom de domaine d’un site web pirate est enregistré aux États-Unis, le Département de la Justice pourrait déposer une plainte auprès des tribunaux américains pour faire constater la nature illicite de son contenu. Si la démarche du Département de la Justice est validée, alors celui-ci pourrait exiger du bureau d’enregistrement (registrar) la fermeture du nom de domaine.

En revanche, si le nom de domaine d’un site web pirate est enregistré à l’étranger, le Département de la Justice aurait une autre corde à son arc. Si la loi « The Combating Online Infringement and Counterfeits Act » passe, les services du procureur général des États-Unis pourraient soit demander aux fournisseurs d’accès américains de bloquer la connexion de leurs abonnés, soit mettre la pression sur les services de paiement en ligne ou sur les annonceurs.

Une telle proposition, si elle était adoptée par le législateur américain, pourrait potentiellement s’attaquer à des sites étrangers comme The Pirate Bay. Ce dernier, malgré les efforts des ayants droit et de la diplomatie américaine pour le mettre définitivement hors-ligne, est parvenu à chaque fois à se glisser entre les mailles du filet. Il y a deux ans, le site était devenu un tel enjeu pour le Département d’État qu’il a failli empoisonner les relations des USA avec la Suède.

« Dans l’économie mondiale d’aujourd’hui, Internet est devenu le ciment du commerce international – connectant les consommateurs à un large panel de produits et de service à travers le monde. Mais il est aussi devenu un outil pour les voleurs en ligne afin de vendre des produits contrefaits et piratés, engendrant le vol de centaines de millions de dollars de la propriété intellectuelle américaine« , a expliqué Orin Hatch, l’un des sénateurs à l’origine de ce texte.

Cet été, le vice-président Joe Biden avait présidé une conférence à la Maison Blanche sur le piratage en ligne. À cette occasion, Joe Biden a présenté son Joint Strategic Plan entièrement dédié à la lutte contre le vol de la propriété intellectuelle. « Le piratage fait des dégâts, il affecte notre économie » avait-il expliqué, avant d’estimer que le piratage était un « vol pur et simple« .

Source: Numerama

Etats-Unis : la lutte contre le téléchargement illégal s’intensifie

Une proposition de loi au sénat permettrait de fermer les sites de téléchargement illégaux hébergés aux Etats-Unis et de filtrer les sites étrangers.

La lutte contre le téléchargement illégal s’intensifie aux Etats-Unis.

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Les sénateurs américains ont présenté, lundi 20 septembre, un projet de loi qui permettrait aux autorités américaines de pouvoir fermer les sites web considérés comme illicites en matière de copyright et hébergés aux Etats-Unis. La procédure consisterait à exiger la fermeture auprès du bureau d’enregistrement des noms de domaines (registrar). En parallèle serait engagée une procédure contre le propriétaire du nom de domaine.

Pour les sites hébergés à l’étranger, un filtrage serait réclamé auprès des fournisseurs d’accès.

« Cette proposition va changer la façon dont Internet est géré »

« Internet est devenu le ciment du commerce international […] mais il est aussi devenu un outil pour les voleurs en ligne afin de vendre des produits contrefaits et piratés, engendrant des pertes de centaines de millions de dollars pour la propriété intellectuelle américaine », a fait valoir Orin Hatch, l’un des sénateurs à l’origine de la proposition de loi intitulée « The Combating Online Infringement and Counterfeits Act » (« Le combat contre les violations de droits et les contrefaçons en ligne »).

« Si cette proposition de loi est acceptée, elle va changer pour de bon la façon dont Internet et les noms de domaines sont gérés », explique le site spécialisé TorrentFreak. Jusqu’à présent, aucun Etat ne gère les noms de domaines, seul l’ICANN a autorité ceux-ci.

Le président de l’ICANN, Rod Beckstrom, a d’ailleurs déjà averti du risque d’une telle législation : « Si la gouvernance [des noms de domaines] devait devenir l’apanage exclusif des Etats-nations, alors nous perdrions ce qui est la fondation du potentiel de l’Internet : […] un modèle de gouvernance multipartite« .

Source: Nouvel Obs

Le gouvernement US lance son offensive contre les sites pirates

Obama avait déclaré en mars : « nous allons protéger nos propriétés intellectuelles agressivement », et sa Coordonatrice de l’Action pour les Droits d’Auteurs, Victoria A. Espinel, avait de son côté publié un rapport préconisant une réaction ferme contre les sites de piratages, en particulier étrangers.

La réaction annoncée a commencé hier. L’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), le bras armé de la douane américaine, a lancé l’opération « Dans Nos Sites ». Elle cible officiellement les « sites de films piratés », et a déjà conduit à la saisie par les forces fédérales de neuf noms de domaines et d’actifs répartis dans 15 comptes bancaires, Paypal, d’investissement ou publicitaires. Des mandats ont aussi été signés pour fouiller quatre maisons. Aucune annonce sur de possibles arrestations n’a été faite, mais l’opération est encore en cours.

Les noms de domaines saisis incluent TVshack.net, movies-links.tv, thepiratecity.org, now-movies.com, planetmoviez.com, NinjaVideo.net ou filespump.com.

Les ayants droit aux manettes

Ces sites n’hébergeaient d’ailleurs aucun contenu, se contentant de proposer des vidéos en streaming hébergées ailleurs, ou des liens de téléchargement direct vers des sites d’hébergements de fichiers.

Mais le fait qu’ils n’hébergeaient aucun contenu illégal n’a pas empêché le procureur Preet Bharara, du district Sud de New York, de signer la saisie de sept de ces noms de domaines. Il se justifie avec des arguments qui semblent sortis tout droit d’un spot de propagande des majors : « L’infraction massive au droit d’auteur faite par des criminels sur Internet provoque, selon des rapports, des pertes de milliards de dollars pour l’économie américaine. Cela se traduit en des emplois perdus et de vraies difficultés pour les travailleurs ordinaires. C’est pourquoi nous avons commencé ces actions : si votre modèle d’entreprise repose sur le piratage de films, votre histoire n’aura pas une fin heureuse. »

Pour d’ailleurs bien prouver l’absence d’indépendance des forces de l’ordre face aux intérêts privés, une conférence de presse a été organisée, chez Disney, avec les forces de l’ordre impliquées et des représentants des principaux studios. Et même le communiqué officiel de la douane cite des dirigeants de la MPAA et de plusieurs autres lobbies du cinéma.

Les sites pirates étrangers filtrés

Le but d’ICE est de fermer tous les sites proposant d’accéder à des contenus frauduleux. Mais certains d’entre eux sont hébergés à l’étranger et ne sont pas soumis à son autorité. Aussi, une source anonyme proche de l’enquête a expliqué au FinancialPost que ces derniers seront bloqués, et les internautes tentant d’y accéder redirigés vers une page gouvernementale.

L’enquête étant en cours, aucun autre détail n’a été donné…

Source: jeff de PC Impact

Comment fonctionne la censure sur internet

Il n’aura pas fallu longtemps à Pekin pour filtrer les réponses du nouveau moteur de recherches proposé par Google depuis Hong Kong. Mais la Chine n’est pas le seul pays expert dans la censure du web. Tour d’horizon de l’arsenal des « ennemis d’internet »… et des façons de les contrer.

Quelques heures après que Google a transféré les requêtes chinoises vers ses serveurs de Hong Kong, la Chine commençait déjà à filtrer l’accès à google.com.hk. Ainsi le « départ de Google », même s’il n’est pas sans conséquence, aurait fait beaucoup de bruit pour rien ? Est-il donc si simple de censurer le web ?

En 2009, une soixantaine de pays ont été concernés par une forme de censure du Web selon Reporters Sans Frontières (RSF), soit deux fois plus que l’année passée. 120 blogueurs, internautes et cyberdissidents sont actuellement derrière les barreaux pour s’être exprimés en ligne.

Les techniques de la censure

Le point unique d’accès au réseau. Pour les pays qui ont établi un point unique d’accès au réseau (Turkmenistan, Cuba en parallèle d’un réseau international), géré par un opérateur télécom en situation de monopole public, la surveillance est facilitée car tout est centralisé. Si l’Etat décide de couper l’accès au réseau, c’est un peu comme si les techniciens n’avaient qu’à mettre un interrupteur en position « off ». L’action est effectuée directement sur le « backbone », qui gère l’accès au Web dans tout le pays. C’est ce vers quoi s’engage la Birmanie, qui est en train de construire son propre réseau télécom, avec l’aide d’Alcatel-Lucent (voir encadré). Le Venezuela serait lui aussi bien parti pour.

La suppression de sites. Lorsque les Etats ont le contrôle des serveurs de noms de domaine, ils peuvent tout simplement « désenregistrer » un domaine pour rendre le contenu du site indisponible. L’autre méthode consiste à demander à l’hébergeur du site d’effacer les données de son serveur.

Le Filtrage par IP et DNS (adresses des ordinateurs et des serveurs). Il est réalisé à l’aide de routeurs, de pare-feu ou de proxys, paramétrés pour filtrer des adresses de machines, des noms de domaine, ou encore des numéros de port. Ce filtrage a pour effet de bloquer l’accès direct aux sites. Il est mis en place au niveau des fournisseurs d’accès, et peut être répété au niveau des entreprises, des bibliothèques… comme c’est le cas pour toutes les techniques exposées.

Le filtrage par mot-clé. Il peut se faire sur les mots-clés présents dans les URL (adresses des sites), ou dans les moteurs de recherche (le site n’est pas bloqué mais il est plus difficile de le trouver). Dans le cas de Google en Chine, le moteur s’était engagé à filtrer lui-même en amont les résultats de recherche sur Google.cn. Maintenant que Google a arrêté cette autocensure, la Chine doit filtrer elle-même les résultats, mais c’est moins efficace.

Le blocage ponctuel de sites. La censure n’est pas forcément constante, elle peut prendre la forme d’une « liberté surveillée ». Des sites habituellement accessibles peuvent alors être rendus impraticables seulement en période de troubles. Par exemple grâce à une attaque par « déni de service » (saturation d’un serveur par l’envoi de requêtes simultanées), ou en diminuant temporairement les débits, comme le font l’Iran ou la Birmanie (il devient alors très difficile de télécharger des photos ou des vidéos, voire d’envoyer des mails).

Disposer d’un seul opérateur télécom (comme en Iran) et d’un seul fournisseur d’accès facilite la censure. Quand il existe plusieurs FAI, c’est à chacun d’appliquer les filtres. Ce qui ne fonctionne pas à tous les coups. En Erythrée par exemple, deux des quatre fournisseurs d’accès ne prennent pas la peine de bloquer les sites de la diaspora, explique Lucie Morillon, du bureau nouveaux médias chez RSF.
Une censure qui coûte cher

Selon RSF, c’est la Chine qui dispose du système de censure le plus sophistiqué. Elle y a mis les moyens. « Plusieurs dizaines de millions de dollars » selon Lucie Morillon, qui précise que « plus on y met d’argent, plus la censure est efficace ». Vouloir museler les internautes tout en développant une infrastructure télécom à même d’assurer un développement économique rapide a aussi un coût humain : 30.000 à 40.000 « cyberpoliciers » chinois seraient en charge d’appliquer la censure. Leur rôle: surveiller, repérer, actualiser le filtrage… C’est que la Chine est le premier pays en nombre d’internautes, et à ce titre c’est la Chine qui emploie le plus de cyberflics. Mais le métier est porteur également en Iran ou en Russie.
Les « Ennemis d’Internet » en 2010

D’autres pays n’ont pas les moyens de leurs ambitions censoriales. Certains, comme la Syrie, hésitent par conséquent à développer leurs infrastructures, de peur de ne pouvoir les contrôler. Quand la censure est techniquement ou financièrement impossible, deux méthodes : empêcher les internautes de surfer (avec des tarifs inabordables comme à Cuba, une infrastructure obsolète rendant les connexions difficiles…), ou encourager l’autocensure grâce à l’intimidation (arrestations au Viet-Nam, contrôle d’identité à l’entrée des cybercafés au Bélarus…).

La liste des ennemis d’Internet établie par Reporters sans frontières réunit cette année l’Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Egypte, l’Iran, l’Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, le Viêt-Nam.

Source: l’Expansion.com

Un tour de vis très Net : le filtrage du Web

En France, sous couvert de lutte contre le téléchargement illégal et contre la pornographie enfantine, deux lois (Hadopi et Loppsi 2) sont venues coup sur coup entamer le principe d’un Internet neutre et autorégulé. Mais qu’en est-il ailleurs ? Des propositions en cours aux lois votées, nous vous proposons un tour du monde des mesures de filtrage et de contrôle des contenus. Second volet : le filtrage de l’accès à Internet.

La volonté de réguler Internet, sous couvert de le « sécuriser », fait l’objet de nombreuses attentions. Les démocraties du monde entier s’attachent depuis quelques temps à bloquer l’accès à des sites, en collaboration ou non avec les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). En toile de fond, c’est la neutralité du Net qui est remise en question. La France a adopté le 16 février le projet de loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2). L’un des volets de ce texte a pour objectif le bloquer l’accès aux sites pédo-pornographiques après décision d’un juge. Pendant ce temps, 39 pays, dont la France, négocient secrètement l’Acta, un traité qui rendrait les différents intermédiaires techniques (fournisseurs d’accès, hébergeurs, éditeurs de services) responsables pénalement des contenus. En omettant volontairement les censures politiques de pays aux gouvernements autoritaires, effectuons un tour du monde des tentatives de filtrage.

Filtrage obligatoire

L’Italie a été le premier pays européen à mettre en place un filtrage contre la pédo-pornographie. Un décret a été ratifié en 2007 obligeant les FAI à bloquer les sites repérés par la police. Ce « Child exploitation tracking system » repose sur une liste noire (de moins de 1 000 noms de domaine) et une base de données fournie (gratuitement) par Microsoft, qui aide les enquêteurs à tamiser les sites Web et les communications électroniques suspects. Les sites de partage de fichiers sont également dans le collimateur du filtrage italien. Après plusieurs procédures, la justice italienne a ordonné, il y a quelques semaines, le blocage de l’accès à The Pirate Bay. Autre atteinte à la neutralité du Net, et pas des moindres, un décret, qui a fait grand bruit au début de l’année : désormais, une autorisation auprès du ministère italien des Communications est obligatoire pour « diffuser et distribuer sur Internet des images animées, accompagnées ou non de son ». Une démarche vivement critiquée, qui rappelle ce qui se fait en Corée du Sud.

Filtrage volontaire des FAI

Si, en France, les FAI s’opposent à la régulation, ceux de plusieurs autres pays n’ont pas rechigné à coopérer. Le 23 novembre 2006, le gouvernement du Canada s’accordait avec neuf FAI autour du projet « Cleanfeed Canada ». Il intègre la participation d’un association pour la défense des enfants reconnue par le gouvernement, Cybertip.ca. Cette dernière collecte les signalements relatifs à des sites Web pouvant contenir des images pédo-pornographiques et réalise des rapports transmis aux autorités judiciaires. Les adresses des sites sont ensuite distribuées aux FAI. La liste noire compte aujourd’hui près de 8 600 URL.

Le Royaume-Uni est l’un des pays les plus partisans du filtrage. En novembre 2006, cinq des plus importants FAI ont volontairement, sans obligation légale, pris des mesures pour bloquer l’accès aux sites pédo-pornographiques. Quelques FAI, minoritaires, ne souhaitent toujours pas coopérer, mettant en doute l’efficacité du blocage. La liste noire est gérée par l’IWF (Internet Watch Foundation), citée comme l’autorité de référence dans la lutte contre la pédo-pornographie. Depuis sa création, en 1996, l’IWF est financée par l’UE et par l’industrie de l’internet, y compris les FAI et les opérateurs mobile. La liste contient moins de 1 000 URL, est actualisée deux fois par jour et envoyée aux FAI, qui l’injectent dans leur dispositif de blocage. La liste est également distribuée à Google. Le filtrage anglais s’étend également à la lutte contre la diffusion sur Internet d’images criminelles à caractère obscène et de contenus appelant à la haine raciale. Des problèmes sont néanmoins apparus. Quand des images se trouvent sur la page d’accueil d’un site, c’est tout le site qui est bloqué. Ainsi, quand l’IWF a souhaité empêcher l’accès à la pochette de l’album de Scorpions Virgin Killer, qui illustrait un article de Wikipedia, c’est toute l’encyclopédie en ligne qui a été touchée. Un risque qui fait écho à une autre anecdote : quand le gouvernement pakistanais a censuré YouTube, l’impact a été international. Pendant des heures, le site de vidéos en ligne a été inaccessible dans le monde entier.

L’IWF est également utilisée par la République Tchèque et par le Chili, premier pays latino-américain à avoir créé un système de filtrage des sites pédo-pornographiques en 2008.

Dans les pays nordiques, les FAI se sont même organisés entre eux. Chacun à son tour, la Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark ont mis en place le filtre CSAADF (Child Sexual Abuse Anti Distribution Filter). Ils ont estimé que cela rentre dans leur rôle d’entreprises responsables au service de leurs clients. La connexion au site est redirigée vers une page d’avertissement, accompagnée du sigle de la police. En revanche, concernant le téléchargement illégal, le FAI norvégien Telenor a refusé de bloquer l’accès au site de partage de fichiers BitTorrents The Pirate Bay. La police suédoise avait également menacé, en 2007, de filtrer l’accès aux sites de BitTorrents, sans conséquence. Il y a un an, la liste noire danoise, soumise au contrôle d’une association pour la protection des enfants, concernait près de 4 000 sites. Elle n’est que de 1 000 noms de domaine en Suède, et un peu moins pour la Norvège. En Finlande, la liste est établie par la police et soumise à contestation : d’après une association, la majorité des pages concernées seraient uniquement pornographiques.

Filtrage prévu

L’Australie est considérée comme le pays le plus entreprenant en matière de filtrage. Quand bien même rien n’a encore été mis en place, car le gouvernement australien compte présenter son projet de loi au cours de l’année. Mais, en 2009, les autorités ont mené des tests à partir d’une liste confidentielle de 1 370 sites. La loi permettrait également d’étendre le filtrage à d’autres sites, au choix des internautes (on pense aux parents). La cible n’est d’ailleurs pas seulement la pédo-pornographie mais également l’incitation au terrorisme, l’apologie des drogues et la « violence excessive ». Des inquiétudes concernent les dommages collatéraux, comme le ralentissement du débit du Net ou le blocage de sites inoffensifs. En effet, un rapport universitaire – Untangling the Net, The scope of content caught by mandatory Internet filtering – conclut que des sites favorables à l’euthanasie, des extraits de Lolita, de Nabokov, ou même un sondage sur les cantines scolaires sont inclus dans le filtrage. D’après Wikileaks, cité par The Guardian, la liste contient des sites pornographiques légaux et des sites consacrés au poker. En fait, seuls 674 des 1 370 de la liste présentent bien un caractère pédo-pornographique. Parmi les opposants au projet, on trouve notamment deux associations pour la protection des enfants (Save the Children et le National Children’s & Youth Law Centre). D’après elles, il vaudrait mieux pourchasser les pédophiles plutôt que d’utiliser un filtrage jugé inefficace. En guise de protestation, des internautes ont organisé un blackout du Web australien, et une opération « Tempête de seins » (consistant à attaquer des sites gouvernementaux) a même été organisée. Dans la même veine, l’Etat d’Australie du Sud interdit depuis le 6 janvier aux internautes « de publier, durant la période électorale, des écrits ou des commentaires sur un candidat, un parti ou les sujets débattus durant l’élection, dans un journal publié sur Internet, sur le site d’une radio ou d’une télévision à moins qu’il ne donne son nom et son adresse ».

Inspiré par le voisin australien, le ministère de l’Intérieur de Nouvelle Zélande lancera à la fin du mois le « Digital Child Exploitation Filtering System ». Un filtrage « en réponse à la demande de la communauté » pour qu’Internet « soit plus sécurisé ». La page bloquée affichera un message mentionnant l’illégalité du site. Contrairement à l’Australie, le filtrage ne reposera sur aucune loi, ne concernera que la pédo-pornographie et ne sera soumis à aucune obligation de coopération avec les FAI. Le gouvernement a testé une liste de 7 000 noms de domaine pendant les deux années passées.

Filtrage en attente

Aux Etats-Unis, la lutte contre la cyber-pornographie enfantine a commencé en 2000, date à laquelle une loi a été promulguée pour un filtrage dans les écoles et bibliothèques. Depuis, aucune filtrage à l’échelle nationale n’a pu être mis en vigueur. Même si les autorités semblent enclines à bloquer l’accès aux sites de téléchargement illégal. Pourtant, le filtrage des sites pédo-pornographiques faisait partie d’un amendement au projet de loi sur la relance économique présenté l’année dernière. Il y a un mois, le Sénat a refusé de voter cet amendement. Sans doute parce que Barack Obama avait fait de la neutralité du Net un des thèmes de sa campagne.

Aux Pays-Bas, l’Etat a montré son envie de légiférer, mais n’a pas réussi à disposer du droit constitutionnel pour imposer ses directives. Cela reste une initiative dépendant du volontariat des FAI. Pour le moment, seuls deux FAI mineurs ont mis en place le filtrage. Avec une liste gérée par la police mais qui ne concerne que 150 sites néerlandais. De plus, la police a jugé que les efforts pour garantir l’utilité de cette liste étaient démesurés.

L’Allemagne, enfin, est indécise. Le 28 novembre dernier, Horst Köhler, président allemand, avait mis un terme aux tergiversations gouvernementales : le filtrage du Web n’aurait pas lieu. Si une loi intitulée « Internet Restriction Act » avait été votée cinq mois plus tôt en accord avec les FAI, le gouvernement a progressivement reconnu que la démarche était caduque. Les raisons invoquées : l’inefficacité technique à empêcher l’accès aux pédophiles et le risque de « surblocage », c’est-à-dire le fait de bloquer des sites « innocents ». Plusieurs rapports avaient en effet assuré que la liste noire, qui était fournie quotidiennement par la police criminelle, contenait moins de 2 % de sites pédo-pornographiques. Finalement, et bien qu’un groupe de travail ait été formé pour réfléchir à l’autorégulation, un nouveau texte, cette fois signé par le président, a été présenté en février. La différence étant la suppression des sites plutôt que le blocage de l’accès. Passage devant le Parlement à venir. A noter, enfin, que le pays avait déjà adopté un « code de bonne conduite » pour retirer des recherches Google les sites « illégaux ».

Source: Telerama.fr
Auteur: Sophie Baconnet et Antoine Mairé

La Chine veut recenser tous les sites web sous peine de blocage

Après le logiciel Green Dam, censé protégé les internautes chinois des contenus « déviants », la Chine souhaiterait établir une véritable liste blanche de sites autorisés sur le web. Les autres espaces, s’ils ne sont pas enregistrés, pourraient alors être tout simplement bloqués.

Le ministre de l’Industrie et de la Technologie de l’Information chinois goûte manifestement assez peu à la liberté d’expression sur le web. Ce week-end, Li Yizhong a en effet publié de nouvelles dispositions visant à renforcer encore un peu plus le contrôle gouvernemental sur Internet, en durcissant les procédures pour enregistrer un nom de domaine. Selon les autorités, ces mesures sont prises uniquement pour cibler et bloquer les contenus pornographiques présents sur la toile.

Selon l’Associated Press, cette nouvelle réglementation exige que les sociétés de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet établissent un contrôle complet et approfondi afin de déterminer si les sites web hébergés ont été officiellement enregistrés. Tout site web n’étant pas recensé et enregistré auprès du ministère de l’Industrie et de la Technologie de l’Information pourrait être potentiellement bloqué.

Cependant, nous ignorons si ces nouvelles règles s’appliqueront aux sites web étrangers, bien que ces derniers sont déjà durement malmenés par la censure chinoise. Il suffit de voir le sort qui est réservé à Google, YouTube, Facebook ou encore Twitter. Régulièrement bloqués ou filtrés, ils sont parfois copiés directement par les Chinois (à l’image de Xiaonei pour Facebook), avec plus ou moins de réussite. Et ne parlons même pas des médias étrangers.

Le gouvernement central a depuis longtemps mis en avant la lutte contre la pornographie, les jeux d’argent et n’importe quel autre site « nuisible à la société » comme prétexte à ces décisions toujours plus rigides. Cependant, dans les faits, Pékin profite souvent de sa cyber-police pour étouffer toute contestation politique ou opinion déviante, que ce soit sur le Tibet, le Dalaï-lama ou la secte Falun Gong. Ce n’est pas un hasard si le pays est souvent considéré comme étant ceinturé par une « grande muraille numérique ».

Auteur: Guillaume Champeau
Source: Numerama.com