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La gendarmerie de Rennes fait couper Liberty Land

La gendarmerie de Rennes fait couper Liberty Land

La liberté sans limites qui vient de trouver les siennes…

En France, le domaine du Warez vient de perdre un grand nom et plus précisément un grand site dans le domaine du téléchargement illégal : LiBerTy-LanD. Ce vivier à fichiers contrefaits a été coupé de la toile par la gendarmerie, depuis hier matin.

C’est la SACEM qui aura porté le coup de grâce, avec une plainte qui a conduit à la fermeture de l’endroit. En effet, une enquête diligentée par l’organisme aura mené, à travers les 800.000 contributeurs du site, aux cinq administrateurs.

Et leur modèle économique risque de leur coûter cher : avec 5 pages affichées par visiteurs, et près de 200.000 internautes de trafic quotidien, les dirigeants percevaient une moyenne mensuelle de 36.000 € – et ce, sans prendre en compte les différentes ventes additionnelles, comme celles de films contrefaits ou de comptes privilèges.

Et c’est l’enquête de la gendarmerie de Rennes qui aura remonté le courant pour parvenir à un internaute de la ville, féroce et farouche utilisateurs du service.

On en a bavé, mais on les a eus !

« Nous avions été saisis il y a exactement un an d’une plainte de la Sacem à l’encontre d’un utilisateur très actif de ce site à Rennes. De fil en aiguille, et après avoir franchi de très difficiles et nombreuses barrières techniques, nous sommes remontés jusqu’aux trois administrateurs du site, dont son créateur », précise l’adjudant Romain de Beausse, directeur de l’enquête au sein du groupe cybercriminalité de Rennes.

Jean-Philippe Vidal, commandant de la gendarmerie, précise à l’AFP : « De fil en aiguille, la cellule de lutte contre la cybercriminalité a réussi à remonter jusqu’aux administrateurs, mais les recherches ont été difficiles, car le site était hébergé au Canada et un nombre important de barrières avait été mis en place pour préserver leur anonymat. »

LiBerTy-LanD avait pourtant tout prévu, avec un hébergement au Canada, un nom de domaine acheté en Russie et une société…. basée en France. Futé cependant, puisque « L’argent était placé sur des comptes off-shore, sur une île basée dans le Pacifique », souligne la Sacem. Laquelle a renvoyé l’information à un magistrat, qui fera le nécessaire.

Pour combler le tout, les administrateurs risquent jusqu’à 5 ans de prison et 500.000 € d’amende.

Ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant, l’offre d’ebooks contrefaits était assez séduisante sur le site… Maintenant, question : combien de temps avant que l’on ne découvre un premier site miroir ?

Source: ActuaLittés

Lutte contre le piratage : Google s’opposera au blocage de sites

La guerre contre le téléchargement illégal, sous toutes ses formes, est loin d’être terminée. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, des lois sont en préparation et visent une solution souvent décriée : le blocage complet des noms de domaine. Pour Eric Schmidt, ex-PDG et actuel président exécutif de Google, de telles dispositions sont impensables. Google pourrait même aller jusqu’aux tribunaux s’il le faut.

Eric SchmidtSi à ce jour, certains sites « illégaux » ont déjà perdu leur nom de domaine, pour très souvent réapparaitre quelque temps plus tard sur un autre domaine, il semble qu’une accélération du phénomène est à venir. ThePirateBay, Newzbin(2), Movieberry, Free Movies Online 4 You, et bien d’autres plateformes sont ainsi en tête de liste des sites à abattre.

Tout a sérieusement débuté en mars dernier, outre-Manche, quand les représentants des ayants droit ont demandé à British Telecom, équivalent anglais de France Télécom, de bloquer Newzbin à tous ses abonnés. Un FAI aurait ainsi glissé au Guardian que c’est à la justice de trancher, notamment sur le côté technique.

Quelques mois plus tôt, fin 2010, toujours au Royaume-Uni, la MPA (Motion Picture Association) était justement déjà allée devant la justice pour s’attaquer directement à Newzbin. Le but de la MPA était de supprimer l’indexation des contenus portant atteinte au droit d’auteur. Le juge anglais a cependant limité l’injonction aux contenus du Royaume-Uni, refusant d’aller plus loin.

Ne pas ressembler à la Chine

Ce même Guardian fait ainsi état des dernières déclarations d’Eric Schmidt sur le sujet, prononcées hier à Londres. Pour le dirigeant de Google, bloquer l’accès à ces sites de partage serait « un précédent désastreux » pour la liberté d’expression.

C’est bien simple, à ses yeux, bloquer ces sites serait mettre sur le même plan les USA et la Chine. Bien évidemment, derrière la lutte contre le « piratage », la crainte d’une censure plus grande plane toujours.

« S’il y a une loi qui exige les DNS pour faire X (ndlr : pour bloquer, etc.) et qu’elle est adoptée par les deux chambres du Congrès et signée par le président des États-Unis, nous serons en désaccord avec elle et nous la combattrons. » Et si les ayants droit ne passent pas par loi, mais juste par une simple demande, Google se montre inflexible : « nous ne le ferons pas ».

Enfin, The Guardian rappelle que l’Ofcom, l’équivalent de l’Arcep outre-Manche, doit présenter d’ici quelques semaines un rapport sur la faisabilité des mesures de blocage des sites. Quant au ministre de la Culture anglais, Jeremy Hunt, il a avoué que le « défi » est surtout de décider quels sites sont bloqués. Effectivement…

Le cas français

Si on peut remarquer qu’au Royaume-Uni ou aux États-Unis, leurs problèmes (et leurs solutions) sont finalement similaires à la France, rappelons qu’en début de mois, la Cour d’Appel de Paris est allée à l’encontre du SNEP, qui souhaitait que Google supprime les mots Torrent, Megaupload et RapidShare de son outil Google Suggest.

La Cour d’appel a finalement estimé que la suppression de ces trois termes était inutile puisque le contenu litigieux serait accessible malgré tout.

Derrière toutes ces histoires de mots et de blocage, reste comme toujours l’utilisation licite ou non de tel outil. Le problème n°1, est que ce soit sur The Pirate Bay, Newzbin , MegaUpload, YouTube ou tout simplement n’importe quel moteur de recherche, il est possible d’y trouver directement ou indirectement du contenu légal comme du contenu illégal.

Comment à ce moment-là décider si un site, voire tout simplement un protocole, doit être bloqué ou non ? Pourquoi Newzbin serait-il bloqué et pas YouTube, où l’on retrouve tout de même des séries et mêmes des films sans qu’aucun droit ne soit payé. La plupart de ces plateformes servent de plus de simples moteurs de recherches de fichiers. Pourquoi Google échapperait-il à un blocage dans ce cas ?

Le problème est finalement toujours le même. Un véhicule ou un couteau peuvent tuer. Ils ne sont pas interdits pour autant.

Source: PC Impact

MafiaaFire : l’extension Firefox que Mozilla refuse de supprimer

Le département de la sécurité intérieure américaine ne veut pas d’une extension Firefox qui permet de contourner le blocage de certains noms de domaine suspectés de favoriser la contrefaçon. Mozilla résiste.

L’extension MafiaaFire figure toujours au catalogue de Firefox, en dépit des efforts du département de la sécurité intérieure (DoH) des Etats-Unis pour qu’elle soit supprimée. La fondation Mozilla a en effet refusé d’accéder à cette demande des autorités, qui reprochent à MafiaaFire de contourner le blocage de plusieurs sites accusés de faciliter la contrefaçon. En 2010, plusieurs dizaines de noms de domaine ont en effet été interdits d’accès par le DoH, via les serveurs de DNS (qui assurent la conversion adresse IP/nom de domaine).
MafiaaFire permet de court-circuiter les serveurs DNS depuis Firefox, grâce à une liste d’adresses IP tenue à jour par les créateurs de l’extension. Selon Mozilla, cet outil n’a rien d’illégal, jusqu’à preuve du contraire. Harvey Anderson, vice-président de Mozilla, s’en explique sur son blog.
« Une cour de justice s’est-elle prononcée sur la légalité de l’extension MafiaaFire ? Si oui, sur quelle base ? (merci de fournir les jugements correspondants) », demande-t-il aux représentants du DoH, puis il ajoute : « Est-ce que Mozilla est légalement contraint de désactiver l’extension ou cette demande est-elle basée sur d’autres motifs ? Si c’est le cas, pouvez-vous les préciser ? » A ce stade, la fondation n’a reçu aucune réponse des autorités.

Coup de pub pour MafiaaFire

Sur le fond, ce que la fondation reproche au DoH, c’est d’intervenir en dehors de tout contrôle judiciaire, sans l’accord d’un juge pour légitimer sa demande. « Un des problèmes fondamentaux ici est de savoir sous quelles conditions un intermédiaire accède aux demandes d’un gouvernement qui peuvent conduire à une censure et à menacer un Internet ouvert », écrit le vice-président de Mozilla.
D’autant plus que, dans cette affaire, les industries du disque et du cinéma sont fortement soupçonnées d’être à l’origine des demandes de blocage exercées par le DoH. Autrement dit, la censure de MafiaaFire sert avant tout des intérêts privés. D’où la nécessité impérative, explique Mozilla, d’encadrer toute intervention par la justice.
Quoi qu’il en soit, l’intervention du DoH risque bien d’avoir un effet contraire à celui désiré. Le compteur de téléchargement de MafiaaFire, ne cesse de grimper depuis la médiatisation de cette extension.
Source: 01net

La sécurité intérieure américaine demande le retrait d’un module Firefox

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.Mozilla foundation

Le Department of Homeland Security (DHS), le service de sécurité intérieure des Etats-Unis, a demandé à la fondation Mozilla, qui édite notamment le navigateur Firefox, de retirer le module complémentaire MafiaaFire de son catalogue en ligne. Mafiaafire permet de contourner en partie les saisies de noms de domaines opérées par les autorités américaines, en redirigeant automatiquement l’utilisateur vers les copies du site hébergées ailleurs sur la Toile. WikiLeaks, par exemple, a hébergé de nombreuses versions miroir un peu partout sur Internet après la saisie de son nom de domaine.

Dans un post de blog, Harvey Anderson, l’avocat de la fondation Mozilla, a expliqué avoir décliné pour l’instant la demande du DHS. « Nous nous conformons à toutes les décisions de justice, aux mandats et aux demandes légales, mais dans ce cas précis il n’y a eu aucune décision d’un tribunal », explique-t-il. La fondation a donc demandé des preuves du caractère illégal de MafiaaFire, sans résultats, et maintient donc le module au sein de son catalogue pour l’instant.

Les autorités américaines ont multiplié ces derniers mois les saisies de noms de domaines, à l’encontre de sites pédopornographiques, de contrefaçon, de téléchargement illégal ou de sites perçus comme présentant une menace pour la sécurité nationale comme WikiLeaks. Cette méthode, beaucoup plus efficace que les classiques procédures judiciaires, est très décriée par les associations et les spécialistes du droit. En février, le DHS avait fermé par erreur 84 000 sites Web après une erreur lors d’une saisie de noms de domaines, au cours d’une opération de lutte contre la pédopornographie.

Source: Le Monde.fr

La Turquie interdit 138 mots dans les noms de domaine

Les autorités turques ont dressé une liste de mots qu’il est désormais interdit d’utiliser dans les noms de domaine, dont des prénoms et des termes anodins, ce qui pourrait conduire au blocage de milliers de sites.

La censure sur Internet s’intensifie en Turquie. La Haute Instance des télécommunications vient de dresser une liste de 138 mots qu’il est désormais interdit d’utiliser dans les noms de domaine. La semaine dernière, l’autorité a adressé une circulaire aux fournisseurs d’accès et aux hébergeurs pour les avertir de cette mesure.

Ils ne doivent plus attribuer de noms de domaine comportant les termes figurant sur la liste et bloquer l’accès aux sites les utilisant. La haute instance promet des punitions aux sociétés qui ne respecteraient pas ses directives, sans en préciser la nature ni sur quel argument légal elle va s’appuyer.

Des quiproquos entre les mots en turc et en anglais

La mesure est déjà choquante en soi car elle porte atteinte à la liberté d’expression. Elle l’est plus encore au vu des termes qui y figurent. Comme s’en étonne le site d’informations turc Bianet, la liste contient des mots totalement anodins, tels que les prénoms Adrianne et Haydar, et les termes « animal », « belle-sœur », « blond », « croustillant » « souffle », « fait-maison », « jupe »… Certains sont plus équivoques : « pic », qui signifie « bâtard » en turc. Comme c’est aussi l’abréviation pour « picture » (« image » en anglais), ce filtrage empêcherait les Turcs d’avoir accès, par exemple, aux sites diffusant des images d’actualités.
Autre retombée de cette mesure, Bianet cite l’exemple de donanimalemi.com qui, contenant le terme « animal » pourrait devenir inaccessible alors que le nom du site signifie en turc « quincaillerie.com ». Des milliers de sites pourraient être concernés, tels que des supermarchés en ligne, des sites de fans de football ou encore des sites promotionnels d’entreprises.
« Alors que le pays bloque déjà des milliers de sites qui abordent des sujets jugés sensibles, les conséquences d’un tel filtrage pourraient être désastreuses pour la liberté d’expression des internautes en Turquie. Les autorités doivent renoncer à ce projet et, au contraire, réformer la loi 5651 sur Internet qui rend possible cette censure abusive », a déclaré Reporters sans frontières.
Yaman Akdeniz, maître de conférences en droit à l’université de Bilgi d’Istanbul, s’est indigné de cette directive. Il a pris contact avec la Haute Instance des télécommunications pour connaître les critères retenus pour établir cette liste de mots interdits. Aucune réponse ne lui a été pour l’instant fournie.
Source: 01net

Le gouvernement américain planifie un putsch sur internet

Le ministère américain du commerce entend exercer un contrôle plus strict sur le système des noms de domaine (DNS) sur internet. S’il arrive à ses fins, les gouvernements pourront bloquer les nouveaux domaines, ce qui entraînera à son tour une menace de censure.

L’Icann, l’organisation qui gère le système mondial des noms de domaine, va se réunir les lundi 28 février et mardi 1er mars à Bruxelles pour ce qui pourrait être une rencontre ultra-importante.

Le GAC (l’organe-conseil au sein de l’Icann, où siègent les différentes autorités) va formuler toute une série de réflexions quant au projet d’introduire de nouvelles extensions internet (‘top level domains’). C’est surtout le ministère américain du commerce qui est demandeur de cette confrontation, puisque cette instance exige en effet un ‘veto’ vis-à-vis des nouveaux suffixes.

Si les Américains obtiennent gain de cause, ce seront les autorités nationales qui décideront bientôt quels domaines peuvent être encore ajoutés sur internet, nonobstant tous les accords conclus précédemment. Les autorités demanderaient de pouvoir enrayer à leur guise les extensions internet, par exemple si elles jugent une idée ou une personne inopportune.

Aujourd’hui, l’introduction de ce genre de veto est en totale contradiction avec l’approche ascendante (‘bottom-up’) préconisée par l’Icann dans la gestion du DNS. Si le projet devient réalité, l’on risque en d’autres mots d’évoluer d’un modèle ascendant dirigé par plusieurs parties prenantes vers un modèle descendant (‘top-down’) dominé par les autorités nationales.

“Heureusement, plusieurs voix se font entendre au sein du GAC”, déclare Hans Seeuws, un spécialiste de l’entreprise de services Sensirius, “et ce n’est pas parce que l’organe-conseil entend redéfinir les règles que l’Icann y adhérera automatiquement. L’influence des autorités américaines au sein de l’Icann a nettement diminué ces dernières années. Et c’est assurément là l’un des derniers soubresauts. La véritable question est donc de connaître le poids que représente encore le ministère américain du commerce dans l’Icann. Et si celle-ci a les reins assez solides pour s’y opposer.”

Source: DataNews

La Libye tente de couper l’accès à Internet

Les autorités libyennes ont coupé l’accès à Internet du pays, dans la nuit de vendredi à samedi, d’après les mesures effectuées par les entreprises Arbor Networks et Renesys. Peu avant la coupure, les autorités avaient bloqué l’accès à plusieurs sites Internet, dont le réseau social Facebook ou le site de la chaîne d’information Al-Jazeera. Samedi matin, l’accès au réseau semblait partiellement rétabli, certains points d’accès répondant à nouveau, mais l’accès aux sites libyens restait très fortement perturbé.

Le blocage rappelle très nettement celui pratiqué par les autorités égyptiennes fin janvier. Sur le plan technique, la Libye a, comme l’Egypte, coupé les protocoles Border Gateway Protocol (BGP, qui permet aux sites Web d’indiquer leur position sur le réseau) et Domain Name Server (DNS, qui permet aux internautes de s’orienter). L’accès est donc coupé pour les internautes libyens, mais également pour les internautes étrangers qui souhaitent consulter un site libyen.

Comme l’Egypte, la Libye n’a pas eu besoin de recourir à des subterfuges poussés pour contraindre les opérateurs à couper le réseau : le directeur de l’opérateur télécom national et principal fournisseur d’accès à Internet n’est autre que Moahmmed Al-Kadhafi, le propre fils et successeur désigné de Mouammar Kadhafi.

Le rétablissement, tôt samedi matin, des principaux points d’accès au Web ne signifie pas que l’accès à Internet est redevenu normal en Libye. Lors de coupures des principaux protocoles Internet, plusieurs heures, ou même plusieurs jours, peuvent être nécessaires avant un rétablissement complet. La coupure pratiquée au cours de la nuit a également pu servir de test avant d’autres restrictions d’accès. Plusieurs fournisseurs d’accès à Internet étrangers, dont le français FDN, ont mis en place des numéros d’accès pour l’Internet à bas débit, qui permettent de contourner ce type de blocage tant que les lignes fixes fonctionnent.

La coupure de l’accès en Libye a également provoqué des remous dans la Sillicon Valley : de nombreux services, et notamment les raccourcisseurs d’URL comme bit.ly, utilisent des noms de domaines libyens, le « ly » permettant toutes sortes de jeux de mots en anglais. Une partie des serveurs centraux gérant ce nom de domaine étant situés aux Etats-Unis, la coupure ne devrait cependant pas avoir d’impact sur les sites en .ly qui ne sont pas hébergés en Libye.

Damien Leloup

Source: Le Monde

Noms de domaine : un « droit de veto » sur les extensions ?

Un Etat pourra-t-il bloquer la création d’une extension de noms de domaine en .xxx, ou en .gay ? D’après un article du site Internet Cnet, daté du lundi 7 février, l’administration Obama vient de faire de nouvelles propositions qui, en substance, aboutissent à créer un « droit de veto » pour la validation de nouvelles extensions, de même niveau que le .com ou le .net.

Pour le département des télécommunications et de l’information américain, qui a répondu au site spécialisé, cette nouvelle procédure aurait le mérite de « diminuer le potentiel de blocage des noms de domaines considérés comme inacceptables par les gouvernements ».

UN PROCESSUS DÉJÀ COMPLEXE

Avant d’être officiellement intégrées, les demandes d’extension font l’objet d’un processus complexe, chapeauté par l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann), une association de droit privée à but non lucratif, basée en Californie. Le nouveau suffixe doit aussi obtenir l’aval du Governmental Advisory Committee (GAC), qui se veut l’organe de la représentation internationale.

C’est précisément au sein du GAC que les Etats-Unis voudraient renforcer le droit de veto des Etats membres. Dans cette configuration, chaque membre serait en droit d’« émettre une objection », et ce « qu’elle qu’en soit la raison ». Et si cette position fait consensus, l’Icann « devrait rejeter » la demande concernée. Dans la configuration actuelle, les Etats représentés au sein du GAC donnent un avis, mais c’est le bureau de l’Icann qui a finalement le dernier mot.

POSITION AMBIGUË DES ÉTATS-UNIS

Il est aisé d’imaginer que certaines extensions feront difficilement « consensus ». C’est notamment le cas du .xxx. Au mois de décembre, l’Icann a reporté la création d’un nom de domaine spécifique pour les contenus pornographiques. Parmi les raisons invoquées, la presse spécialisée note des « désaccords entre l’Icann et le Governmental Advisory Committee ». Les mêmes blocages pourraient intervenir pour la création d’une extension en .gay, alors que certaines associations militent en sa faveur.

Les propositions de l’administration Obama tranchent avec les engagements des Etats-Unis en ce qui concerne la gouvernance d’Internet. Subissant les critiques de plusieurs pays, notamment de la Chine, qui revendique plus de 450 millions d’internautes, le gouvernement américain a présenté, en octobre 2009, un nouveau document mettant fin au contrôle unilatéral des Américains sur l’Icann, lui octroyant, théoriquement, une plus grande indépendance.

Les annonces américaines interviennent aussi alors que la création de plusieurs extensions, comme le .car, .movie ou .web, devraient être examinées lors d’une réunion de l’Icann, qui se tient à la mi-mars à San Francisco.

Laurent Checola

Source: Le Monde.fr

Zahia poursuivie pour tentative de censure d’un site Internet

Suite à la réception d’une mise en demeure qui l’intimait de fermer son site Zahia.fr, qui collectait automatiquement les messages diffusés sur Twitter avec le mot clé « Zahia », le président du Parti Pirate français a annoncé son intention de poursuivre la jeune femme en justice.

Paul Da Silva, le président du Parti Pirate, annonce son intention de déposer plainte contre la célèbre Zahia, qu’il accuse de demander abusivement la suppression de tous les contenus diffusés sur le site Zahia.fr. L’activiste avait réservé le nom de domaine au moment où l’affaire Zahia a éclaté médiatiquement, et créé un site qui diffuse de manière automatisée tous les tweets qui paraissent sur Twitter avec le mot clé « Zahia ».

Dans un courrier électronique envoyé le mois dernier, dont Numerama a eu connaissance, une avocate de la sulfureuse jeune femme estime que les textes du site « portent gravement atteinte à ses intérêts« , et que sa cliente dispose d’un droit exclusif sur le mot « Zahia », du fait de sa notoriété particulière. « Le public sera amené à penser, avant de lire le contenu du site, qu’il trouvera des informations officielles concernant notre cliente sur le site Zahia.fr« , estime l’avocate, qui est aussi conseil pour la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), l’un des lobbys les plus actifs en matière de droits d’auteur en France.

Zahia estime que le site porte atteinte à sa vie privée, à sa réputation, et lui cause un préjudice moral et matériel. Elle demande la cessation de l’exploitation du site, et le transfert du nom de domaine. « ’L’enregistrement et l’exploitation du nom de domaine Zahia.fr constituent des actes susceptibles d’engager votre responsabilité civile. En effet, en votre qualité d’éditeur de site internet, vous êtes responsable de plein droit de toutes les atteintes aux droits des tiers commises par les usagers des services interactifs que vous proposez« , prévient-elle.

Contacté par Numerama, Paul Da Silva se défend de toute violation des droits de Zahia. « Le contenu qu’elle me reproche de mettre à disposition est celui qui est issu de Twitter, je n’en suis donc pas responsable« , explique le président du Parti Pirate, qui note que la marque « Zahia » a été déposée après son nom de domaine. Il se dit néanmoins « tout à fait disposé à supprimer (un contenu) s’il contrevient à la loi et que la demande est formulée de la façon prévue par l’article 6-I-5 de la LCEN« , c’est-à-dire notamment après communication des « motifs pour lesquels le contenu doit être retiré, comprenant la mention des dispositions légales et des justifications de faits ».

Ayant sollicité une lettre envoyée en recommandé en bonne et due forme, Paul Da Silva a reçu « quelques jours plus tard un dossier à peine plus étayé mais avec la même date de mise en demeure« , au 5 décembre. Il décide donc de fermer provisoirement le site, en attendant des explications plus précises qui ne sont jamais arrivées.

Finalement, il a décidé de prendre les devants et de poursuivre lui-même Zahia, « en vertu de l’article 6 paragraphe 1 alinéa 4 qui protège les prestataires technique de la censure« . Cet article dispose que « le fait, pour toute personne, de présenter aux (hébergeurs ou éditeurs) un contenu ou une activité comme étant illicite dans le but d’en obtenir le retrait ou d’en faire cesser la diffusion, alors qu’elle sait cette information inexacte, est puni d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende ».

Paul Da Silva dit s’être décidé à porter plainte après avoir appris que plusieurs autres sites avaient été contactés pour les mêmes motifs, et que la plupart avaient cédé. La plainte devrait être officiellement déposée début janvier.

Source: Numerama

Mise en vente du nom de domaine d’une boîte de nuit interdite

Le sulfureux Passion Nightclub de Beijing vient de voir son enseigne en chinois démontée et son nom de domaine internet mis en vente, cela bien que la police devait lever le mois prochain l’interdiction d’exercer de six mois qui le frappait, ont rapporté les médias locaux.

La police a démenti que cette initiative ait le moindre rapport avec elle, tandis que d’autres personnes pensent que l’ancienne plus célèbre boîte de nuit de la capitale pourrait être transformée en karaoké.

Les portes de fer de la boîte, qui était aussi connue sous le nom de Heaven Earth Nightclub (« Le Paradis sur Terre ») étaient encore fermées mardi dernier, et il n’y avait aucun signe d’activité dans les locaux.

De son côté, le Beijing Times a rapporté jeudi que les quatre grands caractères chinois de couleur blanche signifiant « Le Paradis sur Terre » avaient été retirés de l’enseigne.

Le site internet de la boîte de nuit, www.bjtsrjyzh.com, dont les photographies, les informations en matière d’emploi et le service aux clients membres a également été vidé de son contenu. Il ne reste qu’une annonce disant que le nom de domaine est à présent à vendre.

L’annonce a aussi précisé un numéro de messagerie électronique QQ.

D’après des articles de presse, le site internet indiquait précédemment que le site avait été ouvert en janvier 2010 et mis à jour pour la dernière fois le 14 mai dernier, quand un avis de fermeture pour améliorations avait été mis en ligne.

Wang Xin, responsable des relations avec la presse pour le Corps de Sécurité du Bureau Municipal de Sécurité Publique de Beijing, a déclaré jeudi que son département n’était au courant de rien au sujet des derniers développements concernant la boîte de nuit.

« Cette affaire ne concerne que l’entreprise uniquement, et elle n’a rien à voir avec la police », a-t-il précisé.

Un habitant de Beijing du nom de Sun, qui réside à proximité du Passion Nightclub, a dit que les caractères chinois de l’enseigne ont été retirés mardi.

« Peut-être que la boîte de nuit va simplement être redécorée », a-t-il ajouté.

Mais d’après certaines personnes bien informées, le Passion Nightclub va probablement devenir une maison de karaoké, bien que la direction de l’établissement n’ait encore pas confirmé cette information.

Le 11 mai dernier, un mois après le début d’une campagne de répression de la prostitution, du jeu et de la drogue, la police de Beijing a interpelé 118 escort-girls au Passion Nightclub et ordonné la suspension de ses activités pour six mois, pour avoir abrité des activités de prostitution, ainsi que pour des motifs graves liés à la sécurité et à la prévention des incendies.

Trente-neuf autres lieux de distraction, dont le No 8 Club KTV, le Legend Banquet NightClub et le Sunworld Dynasty Hotel KTV, qui auraient offert des spectacles obscènes et étaient suspectés d’abriter des activités de prostitution, ont été également suspendus d’activité pour six mois.

Le 9 juillet dernier, la police a annoncé qu’elle procéderait à la standardisation des activités des lieux de divertissement de la capitale et poursuivrait la répression du vice.

Elle s’est également engagée à procéder à des contrôles hebdomadaires des quarante établissements fermés lors de la campagne de répression, afin de s’assurer qu’ils n’auraient pas repris leurs activités sous un nom différent.

Avant que ces établissments ne soient autorisés à rouvrir en novembre, ils se verront ordonner une inspection assurée par les services administratifs concernés.