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Comment les Etats-Unis contrôlent Internet

4 mars 2008, le New York Times a publié un article intitulé : « A Wave of the Watch List, and Speech Disappears ». [1]

Il rapportait les déboires de Steve Marshall, un agent de voyage anglais qui vit en Espagne, et organise des voyages pour les Européens à la recherche de destinations ensoleillées – dont Cuba.

En octobre 2007, environ 80 des sites Webs de Steve Marshall ont été interdits sur ordre du gouvernement des États-Unis ; ces sites, en anglais, français et espagnol, fonctionnaient depuis 1998 ; certains, comme « www.cuba-hemingway.com » étaient littéraires ; d’autres, comme « www.cubahavanacity.com » traitaient de l’histoire et de la culture de Cuba ; d’autres encore, comme « www.bonjourcuba.com », étaient purement commerciaux.

Le département du Trésor des États-Unis les avait placés sur une « liste noire » obligeant le bureau d’enregistrement des noms de domaines – eNom Inc, Bellevue, Washington – a purement et simplement les désactiver.

Steve Marshall a dû reconstruire ses sites avec un nom de domaine délivré par un bureau d’enregistrement européeen.

Une mainmise scandaleuse…

eNom Inc est le plus important bureau d’enregistrement de noms de domaine parmi les quelques 1.000 accrédités par l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).

L’ICANN est l’organisme international chargé de la régulation des principales fonctions techniques d’Internet ; il gère notamment les extensions des noms de domaines (DNS pour Domain Name System) tels « .com », « .org », « .net », « .fr », etc.

Fondée en 1998, aux Etats-Unis, l’ICANN se présente comme une « société d’utilité publique à but non lucratif » [2] qui exerce une fonction d’organisation de normalisation internationale.

Mais, jusqu’en septembre 2009, l’ICANN était sous le contrôle direct du gouvernement des Etats-Unis auquel l’organisation devait rendre des comptes ; un contrat liait l’ICANN au Département du Commerce (DOC) des Etats-Unis : le Joint Project Agreement (JPA).

C’est devant le Congrès américain que le PDG de l’ICANN a dû expliquer pourquoi son organisation ne souhaitait pas la reconduction du contrat la liant au Département du Commerce ; le contenu général des interventions – plutôt agressives – exprimait « l’envie farouche [des députés et sénateurs américains] de ne rien lâcher sur la gestion de l’Internet ».

Prenant acte de la non-reconduction du JAP, Viviane Reding, commissaire européenne en charge de l’information et des médias, a déclaré que l’ICANN « ne sera plus soumis au contrôle unilatéral du ministère américain du commerce, mais à celui de commissions d’examen nommées par le Governmental Advisory Committee (GAC) de l’ICANN ainsi que par l’ICANN lui-même, avec la participation de gouvernements du monde entier […]. L’ICANN devrait désormais, en théorie, devenir plus indépendant et plus démocratique ».

Il reste que parmi les 18 membres du « staff » politique de l’ICANN, on compte 11 Américains (États-Unis) et 7 Européens (1 Français, 1 Hollandais, 1 Écossais, 1 Belge, 1 Suisse et 2 Polonais) – tous appartenant au monde occidental.

Il reste que l’ICANN – dont le siège est situé à Marina del Rey (Californie) – demeure une société de droit californien.

Red Beckstrom.PNGIl reste qu’en 2009 le conseil d’administration de l’ICANN a élu l’américain Rod Beckstrom (photo ci-contre) au poste de PDG.

« A plus d’un titre cette nomination s’avère surprenante. En effet, l’arrivée d’un américain à la tête de l’ICANN contredit fortement les objectifs de l’organisation et ses désirs d’indépendance vis-à-vis du Département du Commerce des Etats-Unis » a déclaré Stéphane Van Gelder, membre du conseil du GNSO (Generic Names Supporting Organization) de l’ICANN.

D’autant que Rod Beckstrom était précédemment chargé de la cyber-sécurité pour le compte du gouvernement des États-Unis.

A noter également, les relations particulières qui se sont établies entre certains dirigeants de l’ICANN, Google et le gouvernement américain : Andrew McLaughlin, ancien employé de l’ICANN aurait rejoint l’administration de Barack Obama après être passé par Google ; quant à l’ex-président du conseil d’administration de l’ICANN, Vint Cerf, il est aujourd’hui l’un des vice-présidents de Google…

Via l’ICANN et les principaux bureaux d’enregistrements, les États-Unis détiennent un pouvoir démesuré sur Internet.

Ainsi, le 20 janvier dernier, le principal moteur de recherche chinois – Baidu – a déposé plainte devant un tribunal de New-York contre la société Register.com Inc, qui héberge son nom de domaine ; la société Baidu demande des dommages et intérêts pour compenser les pertes qu’elle estime avoir subit lors d’un piratage de son site www.baidu.com. [3]

Le site de Baidu avait été victime d’une attaque pirate qui l’a paralysé pendant plusieurs heures ; les attaquants avaient changé les enregistrements du nom de domaine de Baidu et renvoyé le trafic du moteur de recherche vers un autre site internet.

« La grossière négligence de Register.com Inc. a coûté énormément d’argent à notre compagnie », explique Baidu qui revendique 70% du marché des moteurs de recherche en Chine.

Le New York Times a publié les déclarations de Susan P. Crawford, professeur de droit spécialiste d’Internet ; pour elle, le fait que de nombreux registres de domaines soient résidents aux États-Unis donne à l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) – dépendant du Département du Trésor – le pouvoir d’intervenir sur une grande quantité de sites dont plusieurs peuvent ne même pas être aux États-Unis ni se référer aux États-Unis ou entrer en conflit avec les lois des États-Unis.

Or, les États-Unis ne devraient pas avoir autorité sur les sites étrangers qui ne vont pas vers les États-Unis et qui sont légaux au regard des lois étrangères.

La liste noire de l’OFAC comprendrait 557 entreprises dans le monde entier et 3.719 domaines « .com » bloqués sans la moindre notification préalable à leurs propriétaires.

La secrétaire d’état Hilary Clinton a quand même déclaré : « les pays ne respectant pas l’accès libre aux informations ou violant les droits fondamentaux des internautes risquent de se fermer les portes du progrès du prochain siècle ». Ben voyons…

L’ICANN doit s’émanciper de l’emprise des Etats-Unis pour devenir – telle l’Union internationale des télécommunications – une institution spécialisée des Nations unies, indépendante et démocratique, où se retouvent sur un pied d’égalité tous les représentants des gouvernements de la planète.

JPD

[1] « Un signe de la liste de surveillance, et les pages disparaissent », http://www.nytimes.com/2008/03/04/us/04bar.html?_r=1&…

[2] http://www.icann.org/fr/participate/what-icann-do-fr.htm

[3] A noter qu’avec moins de 30% du marché – face à Baidu – Google est en échec commercial en Chine ; sans doute est-ce la raison profonde du conflit que le moteur de recherche américain a ouvert avec les autorités chinoises.

Source: LePetitBlanquiste.com

Transfert des services Google de Chine à Hong Kong: Pékin minimise

Google a tenté un compromis en Chine. Le groupe a annoncé avoir transféré ses services de recherche chinois vers Hong Kong afin de pouvoir fournir des résultats non censurés. Selon Pékin, la décision de Google ne devrait pas altérer les relations sino-américaines.

Plutôt que de mettre fin à ses activités en Chine continentale, comme il l’avait laissé entendre, le géant américain de l’internet a tenté cette solution médiane. Il est toutefois resté fidèle à son intention de ne plus se plier à la censure.

« Google a violé une promesse écrite qu’il avait faite en arrivant sur le marché chinois en arrêtant de filtrer son moteur de recherche et en insinuant que la Chine est derrière des attaques de pirates informatiques », a déclaré un responsable de l’internet au bureau d’Etat pour l’Information.

Pékin a toutefois ajouté, par la bouche du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, que la décision de Google était un acte isolé, qui serait traité « conformément à la loi ». Les relations sino-américaines ne devraient pas en souffrir, selon lui, à moins qu’il n’existe une volonté de « politiser » le dossier.

La Maison Blanche s’est quant à elle dite « déçue » de l’échec des négociations entre Pékin et Google.

Le premier moteur de recherche mondial sur internet a jugé sa réorientation du trafic comme tout à fait légale. Il a néanmoins admis que le gouvernement chinois pouvait à tout instant bloquer l’accès à ses services.

Google a lancé une page internet, qui sera mise à jour quotidiennement, « pour que chacun puisse voir quels services Google sont disponibles en Chine »: google.com/prc/report. Lundi soir, cette page indiquait que les services Blogger, YouTube et certains site étaient « bloqués ».
(ats / 23 mars 2010 09:17)

Source: Romandie.com

Google met fin à Google.cn et redirige sur la version hong-kongaise non censurée

C’est au minimum un acte symbolique. En fermant Google.cn et en redirigeant les internautes sur la version non-censurée de Google.com.hk (la version hong kongaise du moteur de recherche), la firme de Mountain View adresse un message fort au gouvernement pékinois. Reste à savoir comment l’Empire du Milieu réagira à ce coup d’éclat d’une société étrangère qui défie ouvertement sa censure.

les premières réactions ne se sont pas faites attendre. Selon Le Figaro, les Etats-Unis sont « déçus » par l’échec des discussions entre Google et la Chine, tandis que l’Empire du Milieu a tout de suite critiqué la décision de l’entreprise américaine qui aurait « violé une promesse écrite ». Google a « absolument tort » selon les officiels chinois.

Article original – Finalement, Google sera allé jusqu’au bout. Depuis quelques heures, la firme américaine a mis un terme à son nom de domaine chinois, Google.cn, mettant ainsi à exécution ses menaces de quitter le pays si le gouvernement s’entête à vouloir censurer le web chinois. Désormais, c’est la page hong-kongaise (Google.com.hk) qui est proposée aux internautes qui cherchent à accéder à l’ancienne adresse.

Dans un billet publié aujourd’hui sur le blog officiel, David Drummond (vice-président senior, développement de l’entreprise et direction juridique) explique que la censure sur les différents moteurs de recherche de la firme (Search, News et Images) n’a plus cours. « Les utilisateurs visitant Google.cn sont désormais redirigés vers Google.com.hk, où nous offrons une recherche non-censurée en caractères chinois simplifiés spécifiquement destinée aux utilisateurs de la Chine continentale, via nos serveurs à Hong Kong ».

« Les utilisateurs basés à Hong Kong continueront d’avoir accès aux services de Google de façon non-censurée et proposés avec des sinogrammes traditionnels. En raison de la montée en charge sur nos serveurs à Hong Kong, et dans la mesure où ces changements sont relativement compliqués, les internautes pourront expérimenter des ralentissements ou faire face à des éléments ou services inaccessibles » a poursuivi David Drummond.

Ainsi, les internautes chinois peuvent profiter du moteur de recherche hong-kongais sans le moindre filtrage. Et forcément, lorsque les internautes chinois souhaiteront se renseigner sur Tian’anmen sur Google Images, ils verront des photos à des années-lumières des images touristiques présentes sur la version censurée. Toutefois, il est certain que le gouvernement chinois réagira très vite et censurera le trafic entre la Chine continentale et la petite région administrative spéciale chinoise. Qu’importe le motif.

La décision de fermer le nom de domaine chinois ne fut pas prise de gaieté de coeur. « Il était difficile de trouver un moyen de tenir notre promesse de mettre fin à la censure des résultats. Nous voulons qu’un maximum de gens à travers le monde puisse avoir accès à nos services, et cela concerne les internautes chinois. Mais le gouvernement chinois a été très clair : le principe de l’auto-censure est une exigence non-négociable » a-t-il expliqué. Les négociations n’auront donc rien donné entre Google et Pékin. Mais est-ce vraiment si surprenant ? Maintenant, Google espère que le gouvernement chinois respectera cette décision, mais si l’entreprise « est bien consciente que la Chine peut à tout moment bloquer l’accès à nos services ».

En janvier, Google avait prévenu les autorités chinoises qu’elle n’hésiterait pas à reconsidérer sa présence en Chine si jamais le gouvernement ne changeait pas de comportement. Ce coup d’éclat de la firme de Mountain View faisait suite à la vague de piratage qui a frappé quelques dizaines d’entreprises occidentales en décembre dernier, dont Google. Après avoir cherché dans un premier temps à négocier un compromis permettant à l’entreprise de rester, la firme s’est rendue à l’évidence qu’il n’était pas possible de faire infléchir le gouvernement chinois dans ce domaine.

Enfin, David Drummond rappelle que toutes les décisions à ce sujet ont été prises aux Etats-Unis, par les dirigeants de la société. Le directeur juridique souhaite que le gouvernement chinois ne se retourne pas contre les employés vivant sur place, en les tenant responsable de quoi que ce soit. Gageons que son appel soit entendu. D’autant que cela ne signifie pas la fin de toutes les autres activités de Google en Chine.

Source: Numerama.com
Auteur: Julien L

L’Icann pointe les inexactitudes de Whois

Une enquête, demandée par l’Icann, montre les limites du service Whois (Who is) utilisé pour vérifier la disponibilité des noms de domaine sur Internet.

Plus des trois quarts des noms de domaine Internet enregistrés sont incomplets, invalides ou identifiés sous un faux nom. En outre, il s’avère impossible de retrouver 22% des propriétaires de sites Web. C’est ce que montre une enquête réalisée par l’Université de Chicago à la demande de l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), régulateur d’Internet, pour vérifier la précision des résultats du service Whois (prononcer ‘Who is ?), utilisé pour tracer les noms de domaine et s’assurer de leur disponibilité. Ce rapport détaille un certain nombre de problèmes rencontrés par les organisations chargées de gérer les noms de domaine d’un TLD ou des adresses IP pour une région définie (les registries).

L’enquête révèle ainsi que seuls 23 % des noms et adresses sont tout à fait précis, c’est à dire qu’ils satisfont aux critères déterminés par l’organisation de gestion des noms de domaine. 8 % ne fournissent pas d’informations détaillées ou portent un nom manifestement faux, et 14 % sont tout simplement injoignables.

Selon Doug Brent, DG de l’Icann, cette étude est la première tentative sérieuse de vérifier la précision du service Whois. « L’enregistrement de noms de domaine se situe au niveau mondial. Déterminer sa précision représente plus qu’une simple évaluation de la validité d’un nom et d’une adresse. L’enquête a vérifié le lien existant entre le déclarant et le nom/adresse qui l’identifie. En d’autres termes, elle a montré qu’il était possible de posséder un nom et une adresse parfaitement valides, sans pour autant avoir la certitude qu’ils correspondaient bien au nom de domaine du déclarant. »

Problèmes connus, mais réponses difficiles

Le régulateur d’Internet, qui a déjà fait état de sa préoccupation quant à la précision du service Whois, s’est employé à informer régulièrement les bureaux d’enregistrement des noms de domaine (registrars) de certaines inexactitudes. Il a d’ailleurs augmenté le nombre de ses ressources dans ce domaine. Mais Doug Brent a indiqué qu’en l’état actuel, l’Icann ne pouvait pas aller plus loin. « Toute solution en vue d’améliorer la précision du Whois est étroitement liée aux pouvoirs de l’Icann qui, aujourd’hui, ne peut faire autre chose que d’enquêter sur les plaintes déposées pour ces inexactitudes », a-t-il ainsi admis. « Trouver des réponses à ce problème apparemment simple est, depuis des années, un défi pour la communauté Icann. Parallèlement aussi, des solutions sont envisagées par les défenseurs de la propriété intellectuelle, les législateurs, les experts de la confidentialité de la vie privée et par ceux qui utilisent des alphabets non latin, souvent avec des objectifs différents ».

Mais les choses pourraient bientôt changer. En effet, Doug Brent pense que la publication de l’étude va susciter plus de débats sur ce sujet. Il a également souligné que les engagements de l’Icann aux côtés du Département américain du Commerce, comprenaient un renforcement de la politique relative au service Whois, et a indiqué qu’il considérait l’examen périodique des progrès accomplis dans ce domaine comme un élément essentiel.

Auteur : Jean Elyan
Source : Lemondeinformatique.fr

La menace de Hillary Clinton à la Chine

Hillary Clinton a lancé un avertissement aux « personnes » et aux « pays qui lancent des cyberattaques », estimant que ceux-ci « devront en subir les conséquences ». Les États-Unis sont « le berceau » de l’Internet et ont « la responsabilité » de s’assurer de son bon fonctionnement, selon un discours devant être prononcé jeudi 21 janvier et diffusé en avance à la presse. La chef de la diplomatie américaine a par ailleurs annoncé que les États-Unis allaient investir 15 millions de dollars dans la promotion de la liberté sur Internet et de l’accès des femmes au réseau, via des ONG et des projets pilotes.

« Les blogs, les courriels et les messages textes ont créé de nouveaux espaces où échanger des idées, mais constituent aussi de nouvelles cibles pour la censure », a-t-elle expliqué. « Dans un monde interconnecté, une attaque contre le réseau d’un pays peut être une attaque contre tous. En renforçant ce message, nous pouvons créer des règles de conduite pour les États », a-t-elle poursuivi, appelant ainsi à une meilleure coordination internationale. La liberté de se connecter « est identique à la liberté de réunion », a-t-elle insisté. Et, « sur l’Internet, on n’a pas besoin d’être un magnat ou une vedette pour avoir un impact énorme sur la société », a-t-elle ajouté. « En fournissant l’accès à la connaissance et à des marchés potentiels, les réseaux peuvent créer des opportunités là où il n’y en a aucune », a-t-elle encore souligné.

Le message était clairement destiné à la Chine, quelques jours après l’attaque dont a été victime Google . Le géant de la recherche sur Internet a subi des attaques « très organisées » et a envisagé de quitter le marché chinois à la suite de cet incident, qui restera gravé dans les mémoires. Dans le même temps, l’Iran et la Chine semblaient s’affronter sur le réseau. Le 12 janvier, le premier moteur de recherche chinois, Baidu, a été défiguré temporairement par des pirates se prétendant iraniens (Iranian Cyber Army).

Auteur: Guerric Poncet
Source: le point.fr