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La communication web offensive de Pécresse

Une étude met un coup de vieux à la loi sur le téléchargement illégal.

Réalisée aux Etats-Unis et publiée par le magazine Wired, on la trouve sur plusieurs blogs spécialisés. Son constat est simple. Les échanges de pair à pair ne représenteraient plus que 18% du trafic internet mondial aujourd’hui, contre 40% en 2007. Bête noire de la loi Hadopi, le peer to peer est en effet concurrencé par les sites de streaming comme Youtube ou Dailymotion qui voient leur fréquentation grossir à vue d’œil. Youtube annonçait hier dépasser un milliard de visionnages quotidiens…

Le web participatif a de beaux jours devant lui.

Le Guardian met en effet ses internautes à contribution. Le quotidien anglais projette de déployer un service d’information « blocale » A savoir bloguée et locale. Le journal cherche donc des bloggers dont la mission sera de produire de l’information locale et d’entretenir une relation avec des communautés sur place pour des rubriques spécialisées du site.

Si le journalisme local ne vous attire pas, grâce au web, parrainez un gorille ougandais. Le site friendagorilla.org est en ligne. Objectif : participer à la conservation de cette espèce menacée. Un système de géo localisation permet de suivre les familles sur une google map. Grâce à Facebook et Twitter l’heureux parrain ou marraine reçoit régulièrement des informations sur les grands singes.

Vous l’avez peut-être aperçu ce matin quelques minutes en tête de notre site : un bandeau publicitaire où figurait la photo de Valérie Pécresse et l’adresse de son site de campagne en Ile de France.

France Info -

 

France Info refuse normalement ce type de contenu publicitaire. Mais les agences de marketing politique savent trouver les failles. Lorsque la régie publicitaire de notre site ne trouve pas d’annonceur pour ce bandeau un accord prévoit que Google le comble automatiquement. Google dispose d’un système de filtrage qui empêche la communication politique. Les agences ont trouvé le moyen de contourner les filtres : elles passent par des noms de domaines écrans. Les mots « campagne » « pécresse » ou « électoral » ne figurent pas dans le nom de domaine. Le filtrage est rendu inopérant : la ministre de l’Enseignement supérieur et l’adresse pecresse-iledefrance.fr se retrouvent donc quelques minutes en tête de tous les sites de Radio France.

 

 

 

 

Ce marketing offensif de Valérie Pécresse a fait une autre victime.

 
France Info -

 

Ironie du web il s’agit du site qui héberge la pétition demandant à Jean Sarkozy de renoncer à la présidence de l’Epad ! Lancée par Jean-Christophe Grébert sur son blog la pétition a déjà recueilli 43 000 signatures. Quant à Jeansrakozypartout, c’est toujours le mot clé en tête des sujets qui font le plus parler les utilisateurs français de Twitter ce matin…

auteur : David Abiker et la rédaction Multimédia
source
France-Info.com

Ces politiques déjà prêts pour 2012

Nicolas Hulot candidat à l’élection présidentielle de 2012 et Jean-François Copé en 2017 ? Sur Internet, rares sont les personnalités politiques dont le nom est libre, comme l’indique une simple recherche sur le site de l’Afnic, le centre de gestion des .fr.

  • A droite, sarkozy2012.fr mais aussi sarko2012, nicolassarkozy2012 et nicolas2012 sont pris. Le Président doit-il se méfier de l’homme à qui il a confié les clés de l’UMP ? En tout cas, le nom de Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, a été déposé.Ce n’est le cas pour aucun membre du gouvernement… sauf le ministre de l’Ecologie : borloo2012.fr a été déposé par un internaute.Surprise, pas de trace de cope2012.fr… En revanche, cope2017.fr a été réservé en mars. Signe que le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale est prêt à passer son tour ? Les noms de Chirac et de Villepin sont également enregistrés.
  • Au centre, François Bayrou est le seul membre du MoDem dont le nom a été déposé (pour l’instant).
  • Au PS, la liste des noms déposés est autrement plus longue qu’à droite… On trouve quasiment tous les barons du parti (Royal, Aubry, Hollande, DSK, Fabius, etc.) mais aussi les jeunes loups du PS (Hamon, Valls, Peillon, Montebourg). Grande absente : Christiane Taubira.
  • Chez les Verts, le nom de Cécile Duflot et de Yannick Jadot, un député européen (quasi-inconnu du grand public) sont pris. Egalement déposé, le nom de domaine hulot2012.fr… Mais pas (encore ? ) celui de Daniel Cohn-Bendit.
  • Aux extrêmes, besancenot2012.fr et lepen2012.fr sont les seuls enregistrés.

Problème, n’importe qui peut acheter un nom de domaine. Et dans la grande majorité des cas, les acheteurs ont pris la précaution de protéger leur identité.

Yannick Jadot : « Non, je n’ai aucune ambition pour 2012 »

Qui se cache derrière ces « anonymes » ? Bien souvent, les noms de domaine sont achetés par lots par les responsables web des partis politiques.

Yannick Jadot, ancien directeur de campagne de Greenpeace et nouvel élu européen, explique :

« C’est le responsable du web chez les Verts qui a réservé jadot2012.fr, de même qu’il s’est occupé de réserver les noms de domaine liés à Europe Ecologie, pour éviter que les noms se perdent et soient utilisés de manière malveillante à l’encontre des responsables du mouvement.

Tout de suite, on a dit : “Ah, Jadot a déposé un nom de domaine, ça veut dire qu’il a des ambitions”. Non, je n’ai aucune ambition pour 2012 ! »

Le cybersquattage de delanoe2008.com sanctionné en justice

Outre les intéressés et leur entourage direct, l’achat de noms de domaine peut être l’œuvre de militants zélés soucieux de montrer les grands espoirs qu’ils placent dans leur mentor, ou de spéculateurs qui parient sur l’avenir de politiques en vogue et espèrent revendre la précieuse URL (ces deux catégories n’étant pas exclusives).

Sans oublier les opposants politiques. En pleine campagne électorale pour les municipales de 2008, le site d’opposition politique le Perroquet libéré s’est ainsi vu interdire l’usage du nom de domaine delanoe2008.com.

Motif : l’exploitation du patronyme de Bertrand Delanoë semait la confusion dans l’esprit des internautes de bonne foi et causait un préjudice au maire de Paris puisque son nom était associé à un site contenant des propos dénigrants à son encontre.

« Le patronyme est un élément du droit de la personnalité »

Car si l’achat de noms de domaine est libre, leur usage est de plus en plus encadré (voir le décret du 6 février 2007 sur la protection du nom de élus et la décision du TGI de Paris concernant l’enregistrement du nom de domaine francois-bayrou.fr).

Maître Virginie Bouilliez, spécialiste du droit d’Internet (et avocate à l’époque du site le Perroquet libéré), explique :

« Le patronyme est un élément du droit de la personnalité qui fait l’objet d’une protection croissante, notamment pour les élus.

Vous pouvez toujours acheter un nom de domaine d’une personnalité politique accolée à une date correspondant à une échéance électorale [royal2012.fr par exemple, ndlr], mais vous n’irez pas loin : il y a une présomption de mauvaise foi si vous n’avez aucun intérêt à le faire, ou si vous le faites dans le but de dénigrer l’intéressé ou d’entretenir la confusion. C’est vu d’un très mauvais oeil par les juridictions ».

auteur : Marina Bellot
source Rue89.com