Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

Ces politiques déjà prêts pour 2012

Nicolas Hulot candidat à l’élection présidentielle de 2012 et Jean-François Copé en 2017 ? Sur Internet, rares sont les personnalités politiques dont le nom est libre, comme l’indique une simple recherche sur le site de l’Afnic, le centre de gestion des .fr.

  • A droite, sarkozy2012.fr mais aussi sarko2012, nicolassarkozy2012 et nicolas2012 sont pris. Le Président doit-il se méfier de l’homme à qui il a confié les clés de l’UMP ? En tout cas, le nom de Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, a été déposé.Ce n’est le cas pour aucun membre du gouvernement… sauf le ministre de l’Ecologie : borloo2012.fr a été déposé par un internaute.Surprise, pas de trace de cope2012.fr… En revanche, cope2017.fr a été réservé en mars. Signe que le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale est prêt à passer son tour ? Les noms de Chirac et de Villepin sont également enregistrés.
  • Au centre, François Bayrou est le seul membre du MoDem dont le nom a été déposé (pour l’instant).
  • Au PS, la liste des noms déposés est autrement plus longue qu’à droite… On trouve quasiment tous les barons du parti (Royal, Aubry, Hollande, DSK, Fabius, etc.) mais aussi les jeunes loups du PS (Hamon, Valls, Peillon, Montebourg). Grande absente : Christiane Taubira.
  • Chez les Verts, le nom de Cécile Duflot et de Yannick Jadot, un député européen (quasi-inconnu du grand public) sont pris. Egalement déposé, le nom de domaine hulot2012.fr… Mais pas (encore ? ) celui de Daniel Cohn-Bendit.
  • Aux extrêmes, besancenot2012.fr et lepen2012.fr sont les seuls enregistrés.

Problème, n’importe qui peut acheter un nom de domaine. Et dans la grande majorité des cas, les acheteurs ont pris la précaution de protéger leur identité.

Yannick Jadot : « Non, je n’ai aucune ambition pour 2012 »

Qui se cache derrière ces « anonymes » ? Bien souvent, les noms de domaine sont achetés par lots par les responsables web des partis politiques.

Yannick Jadot, ancien directeur de campagne de Greenpeace et nouvel élu européen, explique :

« C’est le responsable du web chez les Verts qui a réservé jadot2012.fr, de même qu’il s’est occupé de réserver les noms de domaine liés à Europe Ecologie, pour éviter que les noms se perdent et soient utilisés de manière malveillante à l’encontre des responsables du mouvement.

Tout de suite, on a dit : “Ah, Jadot a déposé un nom de domaine, ça veut dire qu’il a des ambitions”. Non, je n’ai aucune ambition pour 2012 ! »

Le cybersquattage de delanoe2008.com sanctionné en justice

Outre les intéressés et leur entourage direct, l’achat de noms de domaine peut être l’œuvre de militants zélés soucieux de montrer les grands espoirs qu’ils placent dans leur mentor, ou de spéculateurs qui parient sur l’avenir de politiques en vogue et espèrent revendre la précieuse URL (ces deux catégories n’étant pas exclusives).

Sans oublier les opposants politiques. En pleine campagne électorale pour les municipales de 2008, le site d’opposition politique le Perroquet libéré s’est ainsi vu interdire l’usage du nom de domaine delanoe2008.com.

Motif : l’exploitation du patronyme de Bertrand Delanoë semait la confusion dans l’esprit des internautes de bonne foi et causait un préjudice au maire de Paris puisque son nom était associé à un site contenant des propos dénigrants à son encontre.

« Le patronyme est un élément du droit de la personnalité »

Car si l’achat de noms de domaine est libre, leur usage est de plus en plus encadré (voir le décret du 6 février 2007 sur la protection du nom de élus et la décision du TGI de Paris concernant l’enregistrement du nom de domaine francois-bayrou.fr).

Maître Virginie Bouilliez, spécialiste du droit d’Internet (et avocate à l’époque du site le Perroquet libéré), explique :

« Le patronyme est un élément du droit de la personnalité qui fait l’objet d’une protection croissante, notamment pour les élus.

Vous pouvez toujours acheter un nom de domaine d’une personnalité politique accolée à une date correspondant à une échéance électorale [royal2012.fr par exemple, ndlr], mais vous n’irez pas loin : il y a une présomption de mauvaise foi si vous n’avez aucun intérêt à le faire, ou si vous le faites dans le but de dénigrer l’intéressé ou d’entretenir la confusion. C’est vu d’un très mauvais oeil par les juridictions ».

auteur : Marina Bellot
source Rue89.com