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MafiaaFire : l’extension Firefox que Mozilla refuse de supprimer

Le département de la sécurité intérieure américaine ne veut pas d’une extension Firefox qui permet de contourner le blocage de certains noms de domaine suspectés de favoriser la contrefaçon. Mozilla résiste.

L’extension MafiaaFire figure toujours au catalogue de Firefox, en dépit des efforts du département de la sécurité intérieure (DoH) des Etats-Unis pour qu’elle soit supprimée. La fondation Mozilla a en effet refusé d’accéder à cette demande des autorités, qui reprochent à MafiaaFire de contourner le blocage de plusieurs sites accusés de faciliter la contrefaçon. En 2010, plusieurs dizaines de noms de domaine ont en effet été interdits d’accès par le DoH, via les serveurs de DNS (qui assurent la conversion adresse IP/nom de domaine).
MafiaaFire permet de court-circuiter les serveurs DNS depuis Firefox, grâce à une liste d’adresses IP tenue à jour par les créateurs de l’extension. Selon Mozilla, cet outil n’a rien d’illégal, jusqu’à preuve du contraire. Harvey Anderson, vice-président de Mozilla, s’en explique sur son blog.
« Une cour de justice s’est-elle prononcée sur la légalité de l’extension MafiaaFire ? Si oui, sur quelle base ? (merci de fournir les jugements correspondants) », demande-t-il aux représentants du DoH, puis il ajoute : « Est-ce que Mozilla est légalement contraint de désactiver l’extension ou cette demande est-elle basée sur d’autres motifs ? Si c’est le cas, pouvez-vous les préciser ? » A ce stade, la fondation n’a reçu aucune réponse des autorités.

Coup de pub pour MafiaaFire

Sur le fond, ce que la fondation reproche au DoH, c’est d’intervenir en dehors de tout contrôle judiciaire, sans l’accord d’un juge pour légitimer sa demande. « Un des problèmes fondamentaux ici est de savoir sous quelles conditions un intermédiaire accède aux demandes d’un gouvernement qui peuvent conduire à une censure et à menacer un Internet ouvert », écrit le vice-président de Mozilla.
D’autant plus que, dans cette affaire, les industries du disque et du cinéma sont fortement soupçonnées d’être à l’origine des demandes de blocage exercées par le DoH. Autrement dit, la censure de MafiaaFire sert avant tout des intérêts privés. D’où la nécessité impérative, explique Mozilla, d’encadrer toute intervention par la justice.
Quoi qu’il en soit, l’intervention du DoH risque bien d’avoir un effet contraire à celui désiré. Le compteur de téléchargement de MafiaaFire, ne cesse de grimper depuis la médiatisation de cette extension.
Source: 01net

La sécurité intérieure américaine demande le retrait d’un module Firefox

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.Mozilla foundation

Le Department of Homeland Security (DHS), le service de sécurité intérieure des Etats-Unis, a demandé à la fondation Mozilla, qui édite notamment le navigateur Firefox, de retirer le module complémentaire MafiaaFire de son catalogue en ligne. Mafiaafire permet de contourner en partie les saisies de noms de domaines opérées par les autorités américaines, en redirigeant automatiquement l’utilisateur vers les copies du site hébergées ailleurs sur la Toile. WikiLeaks, par exemple, a hébergé de nombreuses versions miroir un peu partout sur Internet après la saisie de son nom de domaine.

Dans un post de blog, Harvey Anderson, l’avocat de la fondation Mozilla, a expliqué avoir décliné pour l’instant la demande du DHS. « Nous nous conformons à toutes les décisions de justice, aux mandats et aux demandes légales, mais dans ce cas précis il n’y a eu aucune décision d’un tribunal », explique-t-il. La fondation a donc demandé des preuves du caractère illégal de MafiaaFire, sans résultats, et maintient donc le module au sein de son catalogue pour l’instant.

Les autorités américaines ont multiplié ces derniers mois les saisies de noms de domaines, à l’encontre de sites pédopornographiques, de contrefaçon, de téléchargement illégal ou de sites perçus comme présentant une menace pour la sécurité nationale comme WikiLeaks. Cette méthode, beaucoup plus efficace que les classiques procédures judiciaires, est très décriée par les associations et les spécialistes du droit. En février, le DHS avait fermé par erreur 84 000 sites Web après une erreur lors d’une saisie de noms de domaines, au cours d’une opération de lutte contre la pédopornographie.

Source: Le Monde.fr

Les États-Unis saisissent d’autres noms de domaine avant jugement

Les États-Unis se montrent particulièrement friands de la saisie du nom de domaine pour mettre fin aux activités d’un site web. Dernièrement, le FBI et le département de la justice ont obtenu la fermeture de cinq salles de poker en bloquant leur nom de domaine. Or, ces saisies se déroulent avant tout jugement.

C’est un véritable séisme dans le monde du poker. Le procureur de Manhattan – Preet Bharara – a entamé vendredi une procédure judiciaire contre plusieurs salles de jeu virtuelles accusées d’enfreindre la législation américaine sur les jeux d’argent et de hasard. Les charges retenues sont lourdes, puisqu’il est question de fraude bancaire et de blanchiment d’argent.

Selon le Wall Street Journal, plusieurs noms de domaine ont été saisis par les autorités américaines. Cela inclut notamment Pokerstars.com, Fulltiltpoker.com et Absolutepoker.com. Un avertissement signé par le FBI et le département de la justice informe les joueurs des accusations visant les propriétaires de ces espaces et des sanctions pénales potentielles.

Au-delà de la question de savoir si les différentes salles de jeu ciblées par les autorités américaines sont légales ou non, il est intéressant de constater que la saisie des noms de domaine s’est déroulée avant tout jugement. C’est visiblement une pratique qui tend à se répandre de plus en plus aux États-Unis. Ces mesures ciblent essentiellement des sites de piratage, de produits contrefaits ou contenant des fichiers pédo-pornographiques.

En France, ce n’est certainement pas l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) qui regrettera la disparition de ces sites. En effet, aucun d’entre eux ne fait partie de la liste des opérateurs agréés. Rappelons que la loi instituant l’Arjel a été adoptée l’an dernier par le parlement, puis validée par le Conseil constitutionnel. L’Arjel peut réclamer auprès des FAI le blocage de sites de paris en ligne qui ne respecteraient des obligations réglementaires et fiscales spécifiques.

En début d’année, l’Arjel a entamé une action en justice contre un site web étranger non francophone, 5Dimes. Signe que l’autorité souhaite utiliser ses prérogatives de manière extensive, en ne ciblant pas uniquement les sites web francophones. Elle aurait pu ainsi réclamer en théorie le filtrage des salles de jeu dont le nom de domaine a été saisi par les autorités américaines.

Source: Numerama.com

La nouvelle arme du conflit politique : le blocage gouvernemental d’Internet

Encore méconnu, le 12 mars est la journée mondiale contre la cyber censure et l’occasion de s’interroger sur les étroites relations entre les conflits politiques d’ordre national et Internet.

Depuis les récents conflits politiques en Egypte, en Tunisie et en Libye, une arme politique, économique et sociale a vu le jour. Selon Renesys, le site spécialisé dans la surveillance du Web, à la suite de la coupure du dernier FAI Egyptien Noor : « in an action unprecedented in Internet history, the Egyptian government appears to have ordered service providers to shut down all international connections to the Internet ».

Statistiques googleEvaluation du trafic internet en Libye sur Google

Source : http://www.google.com/transparencyreport/traffic


Internet est partout et cet outil, support ou réseau est devenu indispensable pour les particuliers comme pour les entreprises.

La coupure du réseau apparaît comme la nouvelle menace politique imparable des gouvernements. Elle affecte tant les habitants des pays concernés, que les entreprises étrangères ayant des intérêts dans ces pays à travers leurs sites web, et bien au delà le monde entier qui les observe. Plus aucune information n’entre dans le pays, n’en sort et circule au sein même du pays.

  • Qu’en est-il de nos droits ?

Le blocage total porte atteinte à notre droit d’accès à Internet, mais plus généralement à notre droit à l’information et  au droit fondamental que représente la liberté d’expression.

Rappelons que dans certains pays Internet est considéré comme une menace potentielle contre l’image et la stabilité. Les gouvernements, comme en Tunisie, mettent en place un strict contrôle, un filtrage des sites internet et une réelle censure qui leur permet de contrôler étroitement l’information. Par exemple le site Facebook a été bloqué en août 2008 provoquant de vives protestations en Tunisie.

Lorsque les peuples égyptien, tunisien et libyen se sont fait entendre il y a quelques semaines, les gouvernements ont suivi leurs politiques de contrôle et coupé tout accès à Internet pendant une durée plus ou moins longue. Leur but ultime étant de désorganiser les émeutes, les manifestations et d’empêcher la révolte des peuples. Autrement dit, contrôler les mouvements de masse en bloquant Internet.

Cette décision gouvernementale va-t-elle obliger les Organisations internationales à définir clairement le droit d’accès à Internet ou le droit à l’information ?

Cette question sera peut-être abordée lors de la réunion annuelle de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers)  qui se tient jusqu’au 18 mars à San Francisco. L’un des points du programme étant l’éventuel transfert à l’ONU (Organisation des nations Unies) de la gouvernance d’Internet actuellement confiée à l’ICANN.

  • Blocage, mode d’emploi

On connait l’interruption d’un site web en cas de problème technique, on connait aussi l’interruption d’un site web par les autorités visant l’interdiction des sites à caractère pornographique ou terroriste. On connait désormais l’interruption d’un site web via une décision gouvernementale.

A titre d’exemple lorsqu’un internaute tente d’accéder à un site interdit, le message suivant s’affiche systématiquement : « Error 404 : page not found », sans indiquer la fameuse « Error 403 : Forbidden », plus caractéristique du blocage. L’internaute ne sait donc pas si le site a été placé sur une liste noire ou s’il s’agit seulement d’une erreur technique ou désormais s’il s’agit d’une décision de couper l’accès à Internet émanant du Gouvernement.

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  • Les noms de domaine en .EG, .LY et .TN sont-ils menacés?

L’Egypte a ainsi brutalement coupé l’accès au réseau Internet sur tout le territoire en bloquant des protocoles BGP (Border Gateway Protocol, permet aux site de signaler leur adresse) et DNS (Domain Name Server, permet aux navigateurs Internet de s’orienter sur le Réseau). En l’absence de ces protocoles la coupure d’Internet est totale. Notons que le registre égyptien de nom de domaine a toujours exigé que les serveurs DNS des noms en « .EG » soient localisés dans le pays.

La Libye a été plus mesurée, tout du moins au début, imposant des coupures d’Internet intermittentes et limitées dans le temps. Puis, le 3 mars 2011 les autorités libyennes ont coupé l’accès à Internet et  aux sites hébergés dans le pays. Le réseau revient petit à petit à l’heure actuelle.

Grande frayeur pour les entreprises ayant un ou plusieurs sites web actif(s) dans ces pays. A titre d’exemple le fournisseur d’accès internet Egyptien Noor, qui ne fut pas épargné par la rupture du réseau, propose notamment ses services à de grands groupes comme Coca-Cola, Lafarge ou Exxon Mobil.  Autre exemple, le site de la Bourse du Caire a été indisponible plusieurs jours.

La rupture du net entraine inévitablement une désorganisation économique des pays et menace la pérennité des sites web de grands groupes présents dans ces pays. En effet l’extension .LY, notamment, a été choisie par de nombreuses entreprises grâce au jeu de mots anglophones qu’elle permet.  On pense par exemple au site français DAI.LY pour « Dailymotion » mais aussi au fameux site américain BIT.LY qui permet le raccourcissement d’adresses Internet apprécié des internautes utilisant les réseaux sociaux et autres sites de microblogging.

  • Les solutions pour certains sites

Pas de panique ! Internet, le géant, a d’autres ressources en cas de problème d’accès. La plupart des serveurs des sites concernés sont tout simplement repartis dans plusieurs autres endroits du globe, c’est la force d’Internet, pas de racine et pas de frontière.

L’inaccessibilité des sites web provoquée par le blocage du réseau Internet a été contournée pour certains. L’existence de ces noms de domaine a donc été partiellement protégée. Malgré tout, certains sites demeurent encore aujourd’hui inactifs. A titre d’exemple, le site web nic.ly (Network Information Center en Libye) est inaccessible sur le réseau.

Le site BIT.LY a trouvé une autre solution, il conseille désormais à tous ses internautes de se diriger vers un site alternatif http://j.mp/ qui offre les mêmes services.

Gardons à l’esprit que les noms de domaine avec des extensions géographiques, les ccTLD’s, restent pour la plupart contrôlés par les gouvernements nationaux. Dans le contexte actuel, l’Egypte, la Libye ou la Tunisie peuvent très bien s’ils le souhaitent faire disparaître de la toile les sites web des entreprises étrangères en .EG, .LY ou .TN, dans ce cas on pourrait réellement parler d’un risque de suppression des noms de domaine. Au jour d’aujourd’hui on imagine mal un pays franchir le pas de la suppression d’une zone de nommage entière alors qu’Internet donne le rythme de la vie de chacun, mais qui sait ?

Article de Mlle Andréa MARINETTI, stagiaire au cabinet Meyer & Partenaires

Source: Vox PI

La lutte anti-piratage des Etats-Unis menace la gouvernance de l’Internet

En charge de la régulation des noms de domaine sur Internet, l’ICANN s’agace des pressions des États-Unis en matière de lutte contre la contrefaçon et le piratage. Le directeur du GNSO, une instance décisionnelle de l’ICANN, estime ces déconnexions unilatérales remettent en cause la gouvernance internationale de l’Internet.

Les décisions unilatérales des États-Unis en matière de lutte contre la contrefaçon et le piratage sur Internet agacent passablement l’ICANN, l’instance internationale chargée de réguler l’accès aux noms de domaine. Selon l’un des responsables de l’organisation, les pressions politiques exercées par les États-Unis risquent de remettre en cause durablement le modèle actuel de gouvernance de l’Internet.

« Depuis un an, les agences de lutte contre la criminalité – que ce soit le FBI, Interpol ou les polices d’État – viennent à l’ICANN et au GNSO avec des demandes concernant la désactivation de sites et de noms de domaine » a expliqué cette semaine Stéphane Van Gelder, le directeur du Generic Names Supporting Organization et premier français à occuper ce poste.

« Nous avons déjà été convoqués à deux reprises à la Maison Blanche sur le sujet de la lutte contre la contrefaçon, et le but était de nous demander comment on agissait contre ce phénomène, et c’était fait de manière assez agressive. Il y a de vraies pressions, de véritables actions de lobbying, pour qu’on lutte contre ces phénomènes » a-t-il poursuivi.

Les autorités américaines ont accentué ces derniers temps leurs efforts contre la contrefaçon et le piratage. L’été dernier, le gouvernement avait présenté sa nouvelle stratégie dans ce domaine. Six mois auparavant, le vice-président Joe Biden, connu pour sa proximité avec les industries culturelles, avait organisé une table ronde sur le piratage entre les ayants droit et les services de sécurité du pays.

Le directeur du GNSO a notamment pointé du doigt les « déconnexions unilatérales » de sites  décidées par les États-Unis. « C’est de la prise en otage de noms de domaine par les autorités américaines, une telle intervention des États n’est pas souhaitable. C’est une nouvelle tendance, mais une tendance de fond, il n’y a plus de discussion, seulement des décisions unilatérales de désactivation« .

Récemment, les autorités américaines ont voulu intervenir contre sites accusés de favoriser la distribution de contenus pédo-pornographiques. Au cours de la saisie des noms de domaine, une erreur a conduit au blocage de 84 000 sites qui n’avaient absolument rien à voir avec l’objectif poursuivi. Une situation à laquelle les autorités ont cru bon de ne pas présenter d’excuses.

« Le modèle n’est pas parfait mais tous les utilisateurs d’internet y sont représentés, à la différence de l’ONU qui est complètement fermée en comparaison, on ne peut pas appliquer la gouvernance étatique traditionnelle à Internet » a-t-il ajouté, appelant les États à utiliser les structures existantes et à ne pas passer outre systématiquement.

Malgré ses liens avec le département du commerce américain, l’ICANN essaie de préserver sa nécessaire indépendance. S’exprimant sur les noms de domaine « pirates » saisis par les autorités américaines, le directeur Rod Beckstrom a expliqué que son organisation n’avait pas l’autorité technique ou légale pour obtenir la fermeture de sites problématiques.

Sur l’affaire Wikileaks en particulier, l’ICANN avait assuré que sa politique s’appliquait à tous les sites web, même ceux posant un problème manifeste au gouvernement américain. De toute manière, une éventuelle intervention risquerait surtout de produire l’inverse de l’effet recherché. En tentant d’étouffer Wikileaks, les Etats-Unis vont surtout inciter de nombreux internautes à installer de nombreux sites miroirs.

Source: Numerama

Le gouvernement américain planifie un putsch sur internet

Le ministère américain du commerce entend exercer un contrôle plus strict sur le système des noms de domaine (DNS) sur internet. S’il arrive à ses fins, les gouvernements pourront bloquer les nouveaux domaines, ce qui entraînera à son tour une menace de censure.

L’Icann, l’organisation qui gère le système mondial des noms de domaine, va se réunir les lundi 28 février et mardi 1er mars à Bruxelles pour ce qui pourrait être une rencontre ultra-importante.

Le GAC (l’organe-conseil au sein de l’Icann, où siègent les différentes autorités) va formuler toute une série de réflexions quant au projet d’introduire de nouvelles extensions internet (‘top level domains’). C’est surtout le ministère américain du commerce qui est demandeur de cette confrontation, puisque cette instance exige en effet un ‘veto’ vis-à-vis des nouveaux suffixes.

Si les Américains obtiennent gain de cause, ce seront les autorités nationales qui décideront bientôt quels domaines peuvent être encore ajoutés sur internet, nonobstant tous les accords conclus précédemment. Les autorités demanderaient de pouvoir enrayer à leur guise les extensions internet, par exemple si elles jugent une idée ou une personne inopportune.

Aujourd’hui, l’introduction de ce genre de veto est en totale contradiction avec l’approche ascendante (‘bottom-up’) préconisée par l’Icann dans la gestion du DNS. Si le projet devient réalité, l’on risque en d’autres mots d’évoluer d’un modèle ascendant dirigé par plusieurs parties prenantes vers un modèle descendant (‘top-down’) dominé par les autorités nationales.

“Heureusement, plusieurs voix se font entendre au sein du GAC”, déclare Hans Seeuws, un spécialiste de l’entreprise de services Sensirius, “et ce n’est pas parce que l’organe-conseil entend redéfinir les règles que l’Icann y adhérera automatiquement. L’influence des autorités américaines au sein de l’Icann a nettement diminué ces dernières années. Et c’est assurément là l’un des derniers soubresauts. La véritable question est donc de connaître le poids que représente encore le ministère américain du commerce dans l’Icann. Et si celle-ci a les reins assez solides pour s’y opposer.”

Source: DataNews

Nom de domaine : la gouvernance sous bannière américaine remise en question

La désactivation de noms de domaine ordonnée par la justice américaine a fait apparaître des carences dans la gestion « neutre » de l’Internet par des organismes américains.

Les autorités américaines ont pris la mesure du défi qui s’imposaient à elles pour débarrasser Internet de sites hébergeant des contenus illicites ou réalisant des actes de spamming.

Cette traque a conduit la justice américaine à exiger récemment le blocage de dix noms de domaines. Dans la liste figurait Mooo.com, un service géré par FreeDNS, qui permet aux utilisateurs de choisir un sous-domaine et de le faire pointer où bon leur semble.

En désactivant le domaine lié à ce service, ce sont pas moins de 84 000 noms de domaines qui ont été rendus inaccessibles durant plusieurs jours après que les autorités américaines se sont rendues compte de l’erreur.

La majeure partie n’avait strictement rien à voir avec la décision de justice qui entrainera à coup sûr des dégâts préjudiciables pour la réputation de ces sites parfaitement légaux.

Pour Stéphane Van Gelder, premier Français élu à la tête de l’instance internationale GNSO (Generic Names Supporting Organization) qui participe aux décisions de l’ICANN, « la gouvernance de l’Internet est menacée par la pression des autorités américaines qui procèdent à des désactivations unilatérales de sites, passant outre les structures mondialement reconnues. »

« Depuis un an, les agences de lutte contre la criminalité – que ce soit le FBI, Interpol ou les polices d’État – viennent à l’Icann et au GNSO avec des demandes concernant la désactivation de sites et de noms de domaine », et que l’instance repousse, indique-t-il lors d’un entretien à l’AFP.

Cette affaire marque le pas concernant la gestion d’Internet par des agences ou sociétés comme Verisign (qui gère l’extension « .com ») établies aux États-Unis et donc soumises au droit américain.

Elle fait apparaître le besoin de rendre la gestion d’Internet et des noms de domaines plus transparente.

Une première étape a été franchie lorsque l’ICANN dont la création remonte à 1996 sous l’ère Clinton, est devenue une autorité indépendante du gouvernement américain en 2009.

Si beaucoup de lobbies aimeraient que les États-Unis en reprennent le contrôle, bon nombre de voix s’élèvent pour réclamer son placement sous la tutelle d’un organisme neutre comme l’ONU. Nul doute qu’une telle décision semble pour l’instant peu envisageable…

Source: ITespresso

La Libye tente de couper l’accès à Internet

Les autorités libyennes ont coupé l’accès à Internet du pays, dans la nuit de vendredi à samedi, d’après les mesures effectuées par les entreprises Arbor Networks et Renesys. Peu avant la coupure, les autorités avaient bloqué l’accès à plusieurs sites Internet, dont le réseau social Facebook ou le site de la chaîne d’information Al-Jazeera. Samedi matin, l’accès au réseau semblait partiellement rétabli, certains points d’accès répondant à nouveau, mais l’accès aux sites libyens restait très fortement perturbé.

Le blocage rappelle très nettement celui pratiqué par les autorités égyptiennes fin janvier. Sur le plan technique, la Libye a, comme l’Egypte, coupé les protocoles Border Gateway Protocol (BGP, qui permet aux sites Web d’indiquer leur position sur le réseau) et Domain Name Server (DNS, qui permet aux internautes de s’orienter). L’accès est donc coupé pour les internautes libyens, mais également pour les internautes étrangers qui souhaitent consulter un site libyen.

Comme l’Egypte, la Libye n’a pas eu besoin de recourir à des subterfuges poussés pour contraindre les opérateurs à couper le réseau : le directeur de l’opérateur télécom national et principal fournisseur d’accès à Internet n’est autre que Moahmmed Al-Kadhafi, le propre fils et successeur désigné de Mouammar Kadhafi.

Le rétablissement, tôt samedi matin, des principaux points d’accès au Web ne signifie pas que l’accès à Internet est redevenu normal en Libye. Lors de coupures des principaux protocoles Internet, plusieurs heures, ou même plusieurs jours, peuvent être nécessaires avant un rétablissement complet. La coupure pratiquée au cours de la nuit a également pu servir de test avant d’autres restrictions d’accès. Plusieurs fournisseurs d’accès à Internet étrangers, dont le français FDN, ont mis en place des numéros d’accès pour l’Internet à bas débit, qui permettent de contourner ce type de blocage tant que les lignes fixes fonctionnent.

La coupure de l’accès en Libye a également provoqué des remous dans la Sillicon Valley : de nombreux services, et notamment les raccourcisseurs d’URL comme bit.ly, utilisent des noms de domaines libyens, le « ly » permettant toutes sortes de jeux de mots en anglais. Une partie des serveurs centraux gérant ce nom de domaine étant situés aux Etats-Unis, la coupure ne devrait cependant pas avoir d’impact sur les sites en .ly qui ne sont pas hébergés en Libye.

Damien Leloup

Source: Le Monde

Protect Our Children : 84 000 sites saisis par erreur !

Couac dans l’opération Protect Our Children menée par le gouvernement US afin de fermer des sites liés à la pédopornographie. Durant près de trois jours, 84 000 sites ont été fermés par erreur.

L’administration Obama fait la chasse à la contrefaçon sur Internet. Depuis l’été dernier, l’opération baptisée In Our Sites ratisse large pour fermer avec l’aval de l’autorité judiciaire des sites impliqués dans la contrefaçon de vêtements, sacs à main, montres, copie illégale de DVD, téléchargement illégal de fichiers musicaux ou encore de logiciels.

Cette opération a aussi un pendant pour lutter contre les sites impliqués dans la pédopornographie : Protect Our Children. Hier, le département américain de la sécurité intérieure a par exemple annoncé la récente saisie de dix nouveaux noms de domaine. Pas un mot par contre au sujet d’une erreur qui a vu la fermeture malencontreuse pendant près de trois jours de 84 000 sites. Ces derniers ont alors pointé vers une bannière ( voir ci-dessus ) les inculpant à tort.

Le site TorrentFreak rapporte ce couac, sans toutefois être en mesure de savoir où l’erreur a été commise. C’est le domaine mooo.com qui a été saisi et avec lui les 84 000 sous-domaines liés. Le domaine mooo.com appartient au fournisseur de DNS gratuit Free DNS. La plupart des sites impactés par cette erreur sont des sites personnels et de petites entreprises, et l’on imagine aisément qu’il a été plus que pénible pour leurs propriétaires de se voir ainsi pointés du doigt.

Une telle erreur pourrait aussi avoir des conséquences économiques graves si elle était commise avec des sites de grande envergure. De quoi donner matière à réflexion. Et dire qu’avec la Loppsi 2, il n’y a même pas l’aval du juge.

Source : GNT

Hadopi : Jacques Toubon croit toujours que le streaming peut être contrôlé

Alors que la riposte graduée a surtout comme effet d’inciter les internautes à migrer vers des solutions autres que le P2P, l’ancien ministre Jacques Toubon assure qu’une « extension réglementaire » permettra demain à l’Hadopi de s’attaquer au streaming. Ce qui est faux, aussi bien juridiquement que technologiquement.

L'échec de l'Hadopi illustré

Ancien ministre de la Culture, très engagé dans la lutte contre le piratage sur Internet, Jacques Toubon est aussi membre du collège de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). Juriste éclairé, M. Toubon semble toutefois croire que l’impossible n’existe pas. Ainsi, dans une interview accordée à Edition Multimédi@, il affirme que le streaming « est inclus dans la loi existante » contre le piratage, et qu’une simple « extension réglementaire sera nécessaire pour y appliquer la riposte graduée« . Les décrets publiés jusqu’à ce jour visent exclusivement le P2P.

« Chaque chose en son temps« , temporise l’ancien ministre.

Mais son optimisme est mal fondé, à double titre.

D’abord juridiquement, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le fait de regarder des films ou d’écouter de la musique sur des services qui n’ont pas eu l’autorisation des ayants droit est en soit illicite. L’Hadopi tente de le faire croire, lorsqu’elle écrit dans son courrier recommandé que « nous vous rappelons que les comportements volontaires de consultation (…) d’oeuvres protégées par un droit d’auteur (…) constituent des délits de contrefaçon sanctionnés par les tribunaux« . Mais elle fait semblant d’ignorer que la loi n’interdit pas de lire une oeuvre, fut-elle contrefaite, et que les délits de contrefaçon concernent exclusivement les actes de reproductions, de mises à disposition et de représentation au public des oeuvres sans l’autorisation des ayants droit. Ceux qui mettent en ligne les oeuvres sont passibles de sanctions pénales. Pas ceux qui en profitent. Confrontée à cette contradiction, l’Hadopi nous avait répondu qu’elle était « attachée à ce que ses propos et ses courriers soient intelligibles par des personnes non averties« , et elle conseillait aux administrés de lire la loi pour vérifier qu’elle-même l’avait interprétée de travers.

Quand bien même le fait de regarder ou écouter des oeuvres contrefaites en streaming serait-il une infraction pénale, encore faut-il pouvoir la constater par un procès verbal. Or techniquement, absolument rien ne permet aux ayants droit de constater une consultation d’oeuvre à distance, pour la dénoncer. La traque des adresses IP sur les réseaux P2P est possible parce qu’il s’agit de réseaux d’échange publics, où chacun déclare plus ou moins directement ce qu’il partage et télécharge. Or sur les plateformes de streaming, seule la plateforme d’hébergement sait qu’un abonné à internet demande à accéder à une oeuvre, et connaît son adresse IP. Le fournisseur d’accès pourrait éventuellement le savoir aussi, s’il espionnait l’activité de ses utilisateurs, mais c’est entrer là dans un scénario orwellien que même l’Hadopi ne veut pas envisager, ni officiellement ni officieusement.

Mieux vaut pour l’Hadopi faire peur en entretenant une certaine illusion sur ses capacités réelles d’adaptation, pour convaincre les abonnés d’installer des filtres qui demain, comme le souhaite le CSA, pourraient ne donner accès qu’aux sites de contenus labellisés par l’administration. C’est là la véritable stratégie envisagée. Car c’est la seule possible.

Source: Numerama

Alors que la riposte graduée a surtout comme effet d’inciter les internautes à migrer vers des solutions autres que le P2P, l’ancien ministre Jacques Toubon assure qu’une « extension réglementaire » permettra demain à l’Hadopi de s’attaquer au streaming. Ce qui est faux, aussi bien juridiquement que technologiquement.

L'échec de l'Hadopi illustré

Ancien ministre de la Culture, très engagé dans la lutte contre le piratage sur Internet, Jacques Toubon est aussi membre du collège de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). Juriste éclairé, M. Toubon semble toutefois croire que l’impossible n’existe pas. Ainsi, dans une interview accordée à Edition Multimédi@, il affirme que le streaming « est inclus dans la loi existante » contre le piratage, et qu’une simple « extension réglementaire sera nécessaire pour y appliquer la riposte graduée« . Les décrets publiés jusqu’à ce jour visent exclusivement le P2P.

« Chaque chose en son temps« , temporise l’ancien ministre.

Mais son optimisme est mal fondé, à double titre.

D’abord juridiquement, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le fait de regarder des films ou d’écouter de la musique sur des services qui n’ont pas eu l’autorisation des ayants droit est en soit illicite. L’Hadopi tente de le faire croire, lorsqu’elle écrit dans son courrier recommandé que « nous vous rappelons que les comportements volontaires de consultation (…) d’oeuvres protégées par un droit d’auteur (…) constituent des délits de contrefaçon sanctionnés par les tribunaux« . Mais elle fait semblant d’ignorer que la loi n’interdit pas de lire une oeuvre, fut-elle contrefaite, et que les délits de contrefaçon concernent exclusivement les actes de reproductions, de mises à disposition et de représentation au public des oeuvres sans l’autorisation des ayants droit. Ceux qui mettent en ligne les oeuvres sont passibles de sanctions pénales. Pas ceux qui en profitent. Confrontée à cette contradiction, l’Hadopi nous avait répondu qu’elle était « attachée à ce que ses propos et ses courriers soient intelligibles par des personnes non averties« , et elle conseillait aux administrés de lire la loi pour vérifier qu’elle-même l’avait interprétée de travers.

Quand bien même le fait de regarder ou écouter des oeuvres contrefaites en streaming serait-il une infraction pénale, encore faut-il pouvoir la constater par un procès verbal. Or techniquement, absolument rien ne permet aux ayants droit de constater une consultation d’oeuvre à distance, pour la dénoncer. La traque des adresses IP sur les réseaux P2P est possible parce qu’il s’agit de réseaux d’échange publics, où chacun déclare plus ou moins directement ce qu’il partage et télécharge. Or sur les plateformes de streaming, seule la plateforme d’hébergement sait qu’un abonné à internet demande à accéder à une oeuvre, et connaît son adresse IP. Le fournisseur d’accès pourrait éventuellement le savoir aussi, s’il espionnait l’activité de ses utilisateurs, mais c’est entrer là dans un scénario orwellien que même l’Hadopi ne veut pas envisager, ni officiellement ni officieusement.

Mieux vaut pour l’Hadopi faire peur en entretenant une certaine illusion sur ses capacités réelles d’adaptation, pour convaincre les abonnés d’installer des filtres qui demain, comme le souhaite le CSA, pourraient ne donner accès qu’aux sites de contenus labellisés par l’administration. C’est là la véritable stratégie envisagée. Car c’est la seule possible.

Alors que la riposte graduée a surtout comme effet d’inciter les internautes à migrer vers des solutions autres que le P2P, l’ancien ministre Jacques Toubon assure qu’une « extension réglementaire » permettra demain à l’Hadopi de s’attaquer au streaming. Ce qui est faux, aussi bien juridiquement que technologiquement.

L'échec de l'Hadopi illustré

Ancien ministre de la Culture, très engagé dans la lutte contre le piratage sur Internet, Jacques Toubon est aussi membre du collège de la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). Juriste éclairé, M. Toubon semble toutefois croire que l’impossible n’existe pas. Ainsi, dans une interview accordée à Edition Multimédi@, il affirme que le streaming « est inclus dans la loi existante » contre le piratage, et qu’une simple « extension réglementaire sera nécessaire pour y appliquer la riposte graduée« . Les décrets publiés jusqu’à ce jour visent exclusivement le P2P.

« Chaque chose en son temps« , temporise l’ancien ministre.

Mais son optimisme est mal fondé, à double titre.

D’abord juridiquement, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le fait de regarder des films ou d’écouter de la musique sur des services qui n’ont pas eu l’autorisation des ayants droit est en soit illicite. L’Hadopi tente de le faire croire, lorsqu’elle écrit dans son courrier recommandé que « nous vous rappelons que les comportements volontaires de consultation (…) d’oeuvres protégées par un droit d’auteur (…) constituent des délits de contrefaçon sanctionnés par les tribunaux« . Mais elle fait semblant d’ignorer que la loi n’interdit pas de lire une oeuvre, fut-elle contrefaite, et que les délits de contrefaçon concernent exclusivement les actes de reproductions, de mises à disposition et de représentation au public des oeuvres sans l’autorisation des ayants droit. Ceux qui mettent en ligne les oeuvres sont passibles de sanctions pénales. Pas ceux qui en profitent. Confrontée à cette contradiction, l’Hadopi nous avait répondu qu’elle était « attachée à ce que ses propos et ses courriers soient intelligibles par des personnes non averties« , et elle conseillait aux administrés de lire la loi pour vérifier qu’elle-même l’avait interprétée de travers.

Quand bien même le fait de regarder ou écouter des oeuvres contrefaites en streaming serait-il une infraction pénale, encore faut-il pouvoir la constater par un procès verbal. Or techniquement, absolument rien ne permet aux ayants droit de constater une consultation d’oeuvre à distance, pour la dénoncer. La traque des adresses IP sur les réseaux P2P est possible parce qu’il s’agit de réseaux d’échange publics, où chacun déclare plus ou moins directement ce qu’il partage et télécharge. Or sur les plateformes de streaming, seule la plateforme d’hébergement sait qu’un abonné à internet demande à accéder à une oeuvre, et connaît son adresse IP. Le fournisseur d’accès pourrait éventuellement le savoir aussi, s’il espionnait l’activité de ses utilisateurs, mais c’est entrer là dans un scénario orwellien que même l’Hadopi ne veut pas envisager, ni officiellement ni officieusement.

Mieux vaut pour l’Hadopi faire peur en entretenant une certaine illusion sur ses capacités réelles d’adaptation, pour convaincre les abonnés d’installer des filtres qui demain, comme le souhaite le CSA, pourraient ne donner accès qu’aux sites de contenus labellisés par l’administration. C’est là la véritable stratégie envisagée. Car c’est la seule possible.