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L’Icann face aux AOC : comment le .vin a tourné au vinaigre

Le combat du vigneron français contre l’institution multinationale sous domination américaine. Le match semble déséquilibré mais l’affiche est politiquement porteuse pour des ministres hexagonaux à la recherche de produits d’appel. Retour sur les dessous de l’affaire des .vin et .wine qui voit la France menacer de quitter l’Icann.

Le 26 juin, les autorités françaises, par les voix de la secrétaire d’Etat au Numérique Axelle Lemaire et de son ministre de tutelle Arnaud Montebourg, volaient dans les plumes de l’Icann, estimant que l’autorité internationale – en réalité une société de droit californien – chargée de l’attribution des noms de domaine n’était « plus aujourd’hui l’enceinte adéquate pour discuter de la gouvernance de l’Internet ». En cause : le mécanisme d’attribution de certains noms de domaines dits génériques (ou gTLD), en l’espèce les .wine et les .vin, qui menaceraient les appellations d’origine contrôlée françaises. Un droit qui n’est pas protégé internationalement. Le risque ? Voir des champagne.wine, des margaux.vin ou autre volnay.wine fleurir sur le Net et commercialiser des bouteilles qui n’ont rien à voir avec ces appellations. Car l’attribution des futurs noms de domaine en .vin ou en .wine serait basée sur une règle simple : premier arrivé, premier servi.

Reste que l’irruption de ces nouveaux suffixes est tout sauf une surprise. Le processus de création de nouveaux noms de domaine a été approuvé par le conseil d’administration de l’Icann dès 2008, lors d’une réunion à Paris. Au sein de l’organisation internationale, un long processus s’est alors enclenché pour définir les règles permettant aux sociétés de candidater et les mécanismes d’objection. « Les producteurs français de champagne et de vin ont eu trois ou quatre ans pour exprimer leurs objections. Clairement, ils n’ont pas saisi cette occasion », explique un bon connaisseur du dossier qui a requis l’anonymat. Selon lui, après avoir pris conscience de son erreur, la viticulture française, notamment champenoise, a mobilisé ses relais politiques pour s’opposer aux deux gTLD.

Gestion du .vin : les Français aux abonnés absents

Un retard à l’allumage que reconnaît volontiers Pascal Bobillier-Monnot, le directeur de la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées) : « La responsabilité est partagée. On est passée à côté du dossier », dit-il. Clairement, on assiste au choc de deux mondes, avec, d’un côté, l‘Icann, petit cercle très élitiste de quelque 1 500 personnes très difficile à pénétrer et, de l’autre, le monde de la vigne, proche de la terre. Deux univers que s’entrechoquent une première fois à l’automne 2012, la confédération des producteurs de vins engageant alors une procédure d’alerte auprès de l’Icann, procédure qui débouche mi-2013 sur un délai censé permettre au secteur de négocier avec les candidats à la gestion des .vin et des .wine. Car, entretemps, des registrar se sont positionnés sur la gestion des deux gTLD (candidature qui coûte 185 000 dollars versés à l’Icann). Pour le .wine, trois candidats sont en lice : Famous Four Media (Gibraltar), Afilias (Irlande) et Donuts (Etats-Unis). Le processus d’attribution devrait se conclure par une mise aux enchères du nom de domaine. Pour le .vin, seul Donuts est candidat (la société américaine s’est au total positionnée sur 307 gTLD). Aucune société de droit français n’est de la partie.

C’est avec ces sociétés que les producteurs de vin tentent d’entamer la négociation. « Donuts a discuté avec nous mais n’a pas voulu négocier les conditions d’attribution des noms de domaine. Nous demandons en effet que le nom de domaine de second niveau soit réservé à la structure gérant l’appellation ou à l’interprofessionnelle », explique Pascal Bobillier-Monnot. En 2013, selon une source, confirmée par le CNAOC, Donuts est alors représenté par Stéphane Van Gelder, co-fondateur d’Indom et aujourd’hui membre du comité de nomination de l’Icann, comité qui gère les nominations aux postes clefs de l’organisation, notamment les membres du conseil d’administration. Egalement à la tête de la société de conseil Milathan LTD, Stéphane Van Gelder assure aujourd’hui « ne pas être impliqué professionnellement dans cette affaire ». Ce que confirme le CNAOC, qui explique désormais discuter directement avec Donuts, sans l’intermédiaire du consultant français.

Une sortie de l’Icann ? Plutôt une posture politique

C’est l’échec de ce premier round de négociations qui conduit à l’impasse de la réunion de Londres, fin juin. Pour contrecarrer le processus de création des .vin et .wine, le gouvernement français doit alors obtenir un consensus lors de la réunion de l’instance de l’Icann représentant les Etats (le GAC, Government Advisory Committe). Or, le communiqué final indique que si « certains membres ont exprimé leurs inquiétudes concernant la responsabilité et les règles de l’Icann », ces inquiétudes « ne sont pas partagées par tous les membres » du GAC. D’où le raidissement de la France.

Une position de refus qui, en réalité, ne fait qu’ouvrir un nouveau chapitre dans l’affaire. « Au fond, le problème n’a rien à voir avec les noms de domaine. Il s’agit d’un débat portant sur le commerce extérieur, assure Stéphane Van Gelder, qui a amplement commenté l’affaire via des tribunes publiées dans les médias (lire ici ou encore ici). Axelle Lemaire est la première ministre française chargée du Numérique à se déplacer à une réunion de l’Icann. Et elle avait très bien préparé son dossier. Je n’ai pas vu sa position comme une posture de confrontation, même s’il y a évidemment une part de rhétorique politique dans le communiqué diffusé par les deux ministres. Mais les représentants français à l’Icann sont toujours en place : il n’y a pas eu de retrait effectif de la France. »

Et, pour Stéphane Van Gelder, la France n’est pas isolée dans la critique de l’Icann. « Le conseil d’administration de l’Icann n’explique pas suffisamment ses décisions. Tous les membres du GNSO (Generic Names Supporting Organization en charge de la gestion des règles d’attribution des gTLD) ont d’ailleurs fait une déclaration commune en ce sens. » Par ailleurs, l’Europe apparaît aujourd’hui en ligne avec  la position hexagonale. Logique quand on sait que l’Union européenne représente 45% des superficies viticoles du globe, 65% de la production et 70% des exportations mondiales. Plus inattendu, 7 régions américaines productrices de vin, dont la Napa Valley, viennent de rejoindre la France dans son combat contre la libéralisation totale du .vin et du .wine.

Appel au boycott et actions en justice

« C’est la piste la plus sérieuse pour faire évoluer le dossier, juge aujourd’hui Pascal Bobillier-Monnot de la CNAOC. La viticulture américaine est en train de mobiliser le congrès et la presse sur le sujet. In fine, les Etats-Unis et l’Europe pourraient se retrouver sur une position de sagesse commune, consistant à protéger les AOC. Je suis convaincu qu’un débat plus large que celui centré sur la seule viticulture va s’ouvrir, y compris hors de France. » Et de citer l’exemple d’un futur .food, qui lui aussi ne manquera pas de susciter quelques polémiques.

En attendant, les vignerons français sont déterminés à mener une forme de guérilla contre l’Icann, pour qui aucun obstacle ne se dresse plus sur la route de la libéralisation des .vin et .wine après la réunion du GAC. D’abord via un boycott de ces noms de domaine, la CNAOC et l’EFOW (Fédération européenne des vins d’origine) espérant entraîner les autres syndicats viticoles et agricoles en Europe et à travers le monde dans leur campagne anti-Icann. « Ce boycott devrait ramener les candidats aux .vin et .wine à la table des négociations, car ils peuvent avoir des inquiétudes quant au succès commercial de leurs initiatives », espère Pascal Bobillier-Monnot. Ensuite, la vigne française demande au gouvernement de bloquer les noms de domaine qui seraient en infraction avec les lois nationales et européennes sur les AOC. Enfin, Pascal Bobillier-Monnot explique étudier des actions en justice contre l’Icann. Objectif : « obliger l’Icann à prendre quelques mois supplémentaire avant l’ouverture des deux gTLD. » Le fait que l’Europe soit présidée depuis le 1er juillet par l’Italie joue en faveur des viticulteurs, Rome étant également sensible aux arguments du secteur.

Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion de Londres, Fadi Chehadé (en photo ci-dessus), le président directeur général de l’Icann, a certes insisté sur le bon fonctionnement du processus d’attribution des gTLD au sein de l’Icann, tout en entrouvrant une porte : « Si la France a des idées pour créer de nouvelles structures aidant l’Icann à s’améliorer, mettons ces propositions sur la table. » Une invitation à la discussion. Autour d’une bonne bouteille de vin ?

Auteur: Reynald Fléchaux

Source: silicon.fr

Nouvelles extensions .vin et .wine: l’inquiétude des vignerons

Trois sociétés internationales sont candidates pour gérer les futurs sites internet en wine  La profession viticole redoute de devoir un jour leur payer une redevance pour utiliser le nom muscadet.

Que sont les noms de domaine sur internet ?

Ce sont les suffixes qui permettent de constituer les noms de sites : on connaît par exemple .fr, .net, .org, etc. L’Icann, l’organisme américain en charge de leur gestion, a lancé un appel d’offres en 2011, afin d’en créer de nouveaux. Trois entreprises internationales se sont positionnées pour gérer les suffixes .wine. L’une d’elles a proposé de s’occuper aussi de .vin.

Les sociétés ont annoncé que, si elles étaient retenues par l’Icann, elles loueraient à leur tour au plus offrant les noms de domaine de second niveau. Autrement dit, un opérateur voulant créer un site champagne.vin, ou muscadet.wine devrait verser une redevance à la future entreprise délégataire.

Que craignent les viticulteurs ?

La Confédération nationale des appellations d’origine contrôlée (Cnaoc) redoute plusieurs conséquences : « On peut craindre que des noms d’appellation soient revendus à des sociétés n’ayant rien à voir avec la région de production, avec le risque de détournement de notoriété, voire de contrefaçon, explique la Cnaoc. Par ailleurs, l’entreprise gestionnaire pourrait demander un prix exorbitant pour réserver un nom, ce qui serait une forme de racket pour les appellations. » Et pour le consommateur ? « Il risque d’être trompé sur le produit qu’il acquiert. »

Qu’en dit le Syndicat de défense du muscadet ?

Il suit de très près ce dossier. « Il paraîtrait inconcevable qu’un vigneron nantais doive demander l’autorisation d’utiliser le nom muscadet et de devoir verser une redevance pour le faire. Tout cela auprès d’une société à l’autre bout du monde », s’indigne Joël Forgeau, le président du Sdaoc.

Il souligne également que l’oenotourisme est en plein développement et que cette activité passe essentiellement par internet. « Ce marché ne doit pas nous échapper. » Mais le Sdaoc pourrait-il lui-même louer le nom muscadet.wine ? « Nous n’en avons pas les moyens. On parle ici en centaines de milliers d’euros. »

Où en est le dossier aujourd’hui ?

La commission européenne a fait part de ses inquiétudes, auprès de l’Icann. Si bien que l’organisme américain a accordé, début avril, un délai de soixante jours pour permettre de trouver un accord.

Autour de la table, il y a les entreprises candidates et les représentants des viticulteurs : la Cnaoc, la Fédération européenne des vins d’origine. Et même des groupements de vignerons californiens. « Nous demandons que les noms d’appellation soient réservés aux organismes locaux qui en assurent la protection, indique Pascal Bobillier-Monnot, le directeur de la Cnaoc. Et si un nom de domaine prête à confusion, nous souhaitons la mise en place d’un arbitrage indépendant. » Néanmoins, l’issue des négociations est très incertaine : « L’une des trois sociétés candidates n’y participe pas. Une deuxième campe sur ses positions. Seule la troisième semble ouverte à la discussion. » Les négociateurs ont jusqu’au 3 juin pour trouver un terrain d’entente. « Mais on craint que l’Icann délègue les noms sans condition, y compris en cas d’accord. »

Auteur: Jacques SAYAGH

Source: entreprises.ouest-france.fr

L’Icann ignore Vande Lanotte à propos de l’extension internet .spa

Le gestionnaire international des noms de domaine Icann ignore une demande du vice-premier ministre et ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte (SP.A) au sujet de la nouvelle extension internet .spa. Soutenue par les autorités, la ville de Spa réclame en effet une intervention financière aux entreprises qui veulent gérer l’extension internet .spa.

Deux entreprises internet, l’américaine ‘Donuts Inc.’ et l’asiatique ‘Asia Spa and Wellness Promotion Council Limited’, ont il y a deux ans introduit un dossier auprès du gestionnaire international des noms de domaine, l’Icann, afin de pouvoir exploiter l’extension internet .spa dans les années à venir.

Après cette annonce, la ville de Spa a notamment demandé à ces entreprises une participation financière, si elles voulaient que l’administration communale et l’Etat belge ne fassent pas la moindre objection à cette extension. Comme ‘Spa’ est un nom géographique, l’Icann pouvait en effet décider de rejeter les demandes .spa, si la ville de Spa s’opposait à un tel suffixe internet.

A l’origine, ‘Spa’ ne tombait pas sous le coup du programme de protection des noms géographiques de l’Icann (du fait qu’une ville de 10.000 habitants est tout simplement trop petite), mais en avril de l’année dernière, le Governmental Advisory Committee (le GAC, l’organe de l’Icann au sein duquel les gouvernements sont représentés) fit finement remarquer que l’organisation devait traiter ce dossier avec ‘circonspection’.

Accord

Entre-temps, il ressort de documents exhibés par l’avocat Philippe Laurent (qui représente la ville de Spa) que la commune réclame non seulement 25 pour cent des rentrées issues des noms de domaine .spa qui seront vendus à des personnes ou à des entités belges, luxembourgeoises, allemandes et françaises, mais qu’elle entend aussi jouer un rôle dans la gestion du domaine de haut niveau. Par ailleurs, l’argent ainsi empoché serait investi dans ‘des initiatives sociales locales desservies par ce suffixe.’

Un accord de principe a entre-temps déjà été conclu avec l’asiatique ‘Asia Spa and Wellness Promotion Council Limited’. Non seulement ce demandeur reversera un quart de ses revenus tirés de .spa à la ville, mais l’accord implique aussi que l’entreprise asiatique ‘offre’ 200 noms de domaine .spa à la commune wallonne.

Le problème, c’est que l’entreprise américaine ‘Donuts Inc.’ n’est pas d’accord avec les conditions imposées par la ville de Spa. Cette petite entreprise suggère que ‘spa’ est trop générique que pour pouvoir appartenir à telle ou à telle commune ou organisation. Autrement dit, la commune n’est donc parvenue à un accord qu’avec un seul des candidats.

Tout cela a amené le gouvernement belge à demander à l’Icann d’attribuer l’exploitation de .spa exclusivement au candidat asiatique et de rejeter celle de l’entreprise américaine. Le vice-premier ministre et ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte (SP.A) a même adresse un courrier dans ce sens au CEO de l’Icann, Fadi Chehade.

Enchères

Cette semaine, l’influent blogueur et spécialiste des noms de domaine Kevin Murphy a toutefois appris que l’Icann a rejeté la demande de notre ministre, alors que celles de ‘Donuts Inc.’ et d’‘Asia Spa and Wellness Promotion Council Limited’ ont été tout simplement approuvées.

Lorsque deux ou davantage d’acteurs introduisent un dossier valable et solide pour obtenir un suffixe internet, il est normalement question d’une mise aux enchères. Tel sera assurément aussi le cas cette fois-ci. Et si Donuts Inc. l’emporte, Spa devra faire une croix sur les indemnisations demandées.

Ce qui est étonnant dans cette histoire, c’est que le GAC (l’organe de l’Icann au sein duquel sont représentés les gouvernements) indiquait encore dans sa dernière recommandation à propos de .spa que the GAC welcomes the report that an agreement has been reached between the city of Spa and one of the applicants, et était de ce fait plus ou moins sur la même longueur d’ondes que Johan Vande Lanotte.

Le management de Icann a toujours laissé entendre que les recommandations du GAC seraient respectées, mais ici, tel ne semble donc pas être le cas. Si l’Icann a approuvé les dossiers de ‘Donuts Inc.’ et d’‘Asia Spa and Wellness Promotion Council Limited’, cette décision est à tout le moins équivoque et inattendue.

Il appartient donc au ministre Johan Vande Lanotte d’entreprendre ou non d’autres actions (et, qui sait, de faire part via le GAC de son objection contre l’extension?). C’est en effet lui qui s’est engagé dans le dossier .spa, parce qu’il trouve que la ville de Spa doit bénéficier de ce dont elle a droit.

Auteur: Frederik Tibau

Source: datanews.levif.be

Amazon n’obtient pas de noms de domaines en .Amazon

Privilégiant les intérêts du Brésil et du Pérou pour l’Amazonie, l’ICANN a rejeté la demande d’Amazon, qui souhaitait pouvoir créer des noms de domaine en .amazon.

Amazon espérait obtenir la jouissance du nom de domaine de premier niveau (TLD) .Amazon, mais il a finalement échoué. Le site Domain Incite rapporte que la commission de l’ICANN en charge de la création des nouvelles extensions a rejeté la candidature du commerçant, qui souhaitait également bénéficier des domaines équivalents en traductions chinoise et japonaise.

L’ICANN a ainsi suivi l’avis émis dans le communiqué de Durban en juillet 2013 par le GAC, sa commission de conseil composée de représentants des gouvernements et d’organisations internationales. Cet avis n’est pas impératif, mais l’ICANN était légalement et politiquement obligée de se justifier si elle choisissait de ne pas respecter son orientation.

Suite aux contestations d’Amazon contre l’avis du GAC, l’ICANN avait diligenté une expertise juridique pour déterminer si le droit international s’opposait à ce qu’Amazon détienne un TLD qui pourrait également profiter à l’Amazonie. Le marchand en ligne prétendait que l’Amazonie n’était pas une région géographique dont le nom était protégé en tant que tel par les traités internationaux. L’expertise a reconnu que rien ne s’opposait à ce qu’Amazon détiennent le .Amazon, mais que rien n’obligeait également l’ICANN à donner satisfaction à la firme de Jeff Bezos.

L’organisation s’est donc basée sur l’échange de correspondances avec des représentants des pays d’Amérique du Sud concernés), et avec Amazon, pour établir son propre jugement sur l’équilibre des droits en cause. Le Brésil et le Pérou, qui partagent l’Amazonie, avaient expliqué qu’ils ne voulaient pas qu’une société privée détienne un TLD qui pouvait réunir les sites des différentes communautés vivant dans la plus grande forêt du monde, ou qui visent à sensibiliser la population mondiale à son importance écologique.

Amazon dispose cependant toujours de recours, qui pourraient relancer l’affaire.

Auteur : Guillaume Champeau

Source: numerama.com

l’Europe appelle à la suspension de l’attribution du « .vin » et « .wine »

La Commission européenne s’est emparée de la polémique de l’attribution des noms de domaine en .vin et .wine. La commissaire européenne Neelie Kroes appelle à la suspension de l’attribution tant que les parties n’ont pas trouvé d’accord.
Les prises de bec continuent sur le dossier relatif aux attributions des noms de domaine « .vin » et « .wine », faisant suite au lancement en 2008 du processus d’extension, recensant près de 2 000 demandes de nouveaux « gTLD ». Il vise à permettre à des entreprises, collectivités et autres entités à profiter de noms de domaines plus personnalisés, afin d’accroître leur image de marque et pourquoi pas leur visibilité.

La polémique porte principalement sur l’attribution de noms de domaine génériques, tels que le .beauty ou le « .vin » et le « .wine ». Une véritable bataille est née pour ces deux derniers gTLD, suscitant les craintes de nombreux professionnels viticoles. Pour eux, la mise sur le marché de ces noms de domaine sans un encadrement poussé risque de leur porter préjudice. Ils pointent en ce sens les risques d’atteinte aux appellations d’origine contrôlée, notamment si l’acquéreur de l’extension n’a aucun rapport avec le vin.

Les trois candidats à l’acquisition du nom de domaine ne sont effectivement pas liés au monde viticole. Les vignerons dénoncent l’absence de garanties apportées pour la vente de second niveau, risquant effectivement de tromper le consommateur (pour des cas de vente en ligne par exemple) et de créer un « racket » des opérateurs du secteur si ceux-ci souhaitent racheter des noms de domaine.

Neelie Kroes appelle à la suspension de la procédure

La Commission européenne semble les avoir entendus. Dans un courrier, Neelie Kroes, commissaire européenne en charge de l’agenda numérique, exhorte l’ICANN à la suspension de la procédure d’attribution des extensions, tant qu’aucun accord ne sera trouvé entre les différentes parties. Elle se dit cependant confiante, estimant que si « des négociations sérieuses entre les deux parties peuvent démarrer, elles déboucheront sur un accord en ligne avec la loi applicable dans l’Union européenne, cette dernière permettant en effet d’offrir une aire protégée pour les détenteurs d’indications géographiques et les consommateurs ».

Dans un communiqué commun, la CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées) et l’EFOW (European Federation of Origin Wines), se sont félicitées de cette prise de position, et pensent que « l’ICANN et les candidats doivent savoir qu’ils ont désormais en face d’eux un front uni de l’Union européenne. Ils ont encore toutes les cartes entre les mains. Soit ils font enfin des efforts pour examiner les solutions que nous leur avons proposées et dialoguent avec nous et alors les .vin et .wine pourraient voir le jour. Soit ils s’entêtent et continuent de nous ignorer, ils porteront alors la responsabilité de l’échec de ces dossiers ».

L’ICANN avait pourtant bien tenté de limiter les risques en instaurant certains garde-fous, comme la possibilité pour des communautés, secteurs d’activités et autres marques de s’opposer à certaines extensions pour la simple raison qu’elles risqueraient de nuire. De même que le GAC (Governmental Advisory Comitee) peut être saisi en vue d’une opposition à certaines demandes.

Citons enfin le « Sunrise service », un droit de priorité de 90 jours accordé aux marques, pour leur permettre de déposer leur nom de domaine lors de la mise à disposition d’une nouvelle extension.

Auteur: Ludwig Gallet

Source: pro.clubic.com

L’ICANN à Bruxelles: Place de Brockers vs. Ordre Public et Moralité !

La 38ème réunion de l’ICANN a eu lieu à Bruxelles la semaine dernière quelques jours seulement après la publication de la 4ème version  du  Draft Applicant Guidebook,  pour les nouveaux gTLDs (en plus de sa consultation, n’hésitez pas à  commenter ce document  AVANT le 21 juillet!)

De réunion plénière  en retraite intime, la version définitive de ce document continue d’être révisée provisoirement en attendant de perdre un jour son préfixe « draft ».

La version 4 a cependant  le mérite d’intégrer de nombreuses remarques issues de la période de commentaires avec notamment pour la protection des droits de marques des évolutions  du fonctionnement du «Trademark Clearing House »  ainsi que des  procédures URS (Uniform Rapid Suspension ) et PDDRP ( Post Delegation Dispute Resolution Proposal ).

L’IRT (Implementation Recommendation Team) a cependant émis des réserves à l’égard des bases de données qui seront utilisées par la Trademark Clearing House notamment pour les marques nationales. Leur crainte repose sur l’ampleur de la recherche qui sera effectuée dans le cadre du processus de validation.

La relation registre-registrar fut également au centre des débats de la réunion de l’IPC ( Intellectual Property Interests Constituency ) avec des propositions suggérant qu’un registrar ne puisse détenir plus de 15 % d’un registre ou 100 % si il n’y a pas de revente de nom de domaines.

icannbrux(c) domainnamenews.com

Les diverses conférences axées sur les nouveaux gTLDs  n’ont toujours pas permis d’avoir de date précise de lancement, ce qui est toujours aussi frustrant pour les investisseurs potentiels. Ce qu’il faut retenir, que l’on soit partisan ou adversaire de l’introduction de nouveaux TLDs  , c’est que les nouvelles extensions verront tôt ou tard le jour. Le plus tôt serait  dans le courant du premier semestre 2011.

Pourtant, la réunion du GAC ( Government Advisory Comittee) permet de prendre la mesure du travail qui reste à accomplir : la question dite MOPO ( Morality and Public Order ) semble particulièrement difficile à gérer : Les Etats Unis, L’Union Européenne , la France et l’Italie  ont tous mis en avant la difficulté de valider un projet de nouvelle extension en étant sur de ne pas être en violation avec le droit, la culture et les mœurs d’un état (bien évidemment c’est au .XXX qu’ils pensaient).  Suggestion des US : demander l’aide de l’ONU qui  devrait être en mesure de fournir ces informations sous  forme d’une base de données. Faudra-t-il demander une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité?
Le pouvoir du GAC est méconnu, si la décision finale revient au Board de l’ICANN on ne peut cependant imaginer que ce comité ne soit pas entendu.

Nous avons aimé la conférence « Brand Management in the age of new gTLDs »  fut particulièrement intéressante et révélatrice de l’opinion générale des titulaires de marques face à cette révolution du nommage : si tous s’accordent à reconnaître le formidable potentiel des nouveaux gTLDs en termes de ’branding’ et au sens large de communication en ligne, la plupart des intervenants se sont montrés réticents  à répondre à la question : allez vous faire une demande pour votre .Marque ? Certainement un souci de discrétion :-)

Mis à part le coût initial de dépôt de USD 185 000,  l’ensemble des coûts collatéraux reste difficile à évaluer : comment mesurer le plan de communication qui sera nécessaire pour accompagner cette introduction ?Coût de la modification par exemple de l’ensemble des adresse emails à l’échelle de la société?  Le retour sur investissement est quand à lui toujours aussi flou. La taxe annuelle demandée à chaque registre semble particulièrement injuste aux titulaires de marques qui seraient candidats à un dot Brand dans la mesure où ils ne procèderont pas, à priori, à la revente de noms de domaine, sinon pour leurs clients internes à la société.

L’ICANN devrait délivrer prochainement un rapport mettant en lumière une étude de marché, les coûts et  la valeur ajoutée des nouvelles extensions : on ne peut que regretter que ce document soit rendu public si tardivement.

Les titulaires de marques ont ensuite insisté sur le fait que de nombreuses sociétés ne communiquent pas sous une seule marque ( à la différence de Canon qui est pour l’heure la seule société qui a annoncé publiquement sa volonté de formuler une demande auprès de l’ICANN ). Il est clair que pour une société disposant de plusieurs marques fortes et reconnues, communiquer sous le seul et unique nom de la holding ne semble pas être un choix pertinent. Les portefeuilles de noms de domaine en gTLDs « classiques » et ccTLDs devront de toute façon être maintenus.

Il a  -à juste titre- été souligné que la décision shakespearienne dot Brand or not dot Brand doit désormais être prise rapidement par les entreprises.  Le travail transversal nécessaire pour regrouper les différentes équipes ( juridique, informatique, marketing ) impliquées sur un projet d’une telle envergure doit s’accompagner d’une remontée d’information continue au plus haut de la hiérarchie.

Enfin cette réunion de l’ICANN aura mis en lumière les nouveaux standards en matière de sécurité DNS ( virage amorcé bien que douloureux pour le  DNSSEC ) ainsi que l’expansion des nouvelles extensions iDNs : après les pays du monde Arabe, le board a validé vendredi dernier le lancement de nouveaux TLDs iDNs pour Honk Kong, la Chine et Taiwan.

Ultime point chaud, l’accord pour une nouvelle étude concernant le lancement du .xxx qui devra néanmoins être validé par le GAC ( ce qui n’est pas gagné, cf. problématiques liées au MOPO ci-dessus ).

A l’heure où certains prestataires noms de domaine-dont IP TWINS- prônent la rationalisation des portefeuilles  pour une meilleur maitrise du ratio risques / coûts , il faut bien reconnaître que l’avènement des nouvelles extensions va impacter les impératifs budgétaires liés à l’administration des portefeuilles et à la surveillance des noms de domaine.

Source: Sans Blog

Auteur: Stéphane Pénacèque

La création du .xxx encore repoussée par l’ICAAN

L’ICANN n’a pas entériné la création du .xxx. La décision est soumise à l’avis du Government Advisrory Comittee qui doit valider les termes du contrat passé avec la société ICM Registry pour gérer cette extension.

On croyait que le feuilleton, lancé en 2005, sur la création du domaine .xxx allait prendre fin aujourd’hui à Bruxelles. Il n’en sera rien. La décision finale de l’ICANN est repoussée au mois décembre à l’occasion de sa prochaine réunion qui se déroulera à Carthagène en Colombie.

Si le board  a donné son feu vert pour négocier avec la société ICM Registry, qui est à l’origine de la demande de ce nom de domaine, les termes du contrat devront préalablement être approuvés par le Government Advisrory Comittee (GAC) qui regroupent les représentants des pays membres.

Quelles sont les chances de voir la décision entérinée ?  » Les gouvernements qui sont favorables à des restrictions de la liberté d’expression sur Internet sont aussi ceux qui s’opposent à la création de cette extension » indique Loic Damilaville, le représentant de l’AFNIC. Rien ne semble donc acquis. Du côté de l’ICANN, on penche plutôt pour sa création même si certains membres ont indiqué être « mal à l’aise » avec la création du .xxx.

Cette validation permettrait à ICM de mettre fin à son contentieux avec l’ICANN, évalué à 5 millions de dollars en frais juridique.

Extensions en chinois

Une autre décision attendue a été validée à Bruxelles : la création de nouvelles extensions en caractères chinois correspondant pour la Chine, Hong-kong et Taiwan.  » C’est un moment historique et un jalon important dans le développement d’un internet véritablement multilingue » explique Loic Damilaville.

Le site Domainesinfo précise que la Chine et Taiwan disposeront chacun de 2 nouvelles extensions chacun, respectivement .中国 et 中國 (xn--fiqs8S et xn--fiqz9S), et.台灣 et .台湾 (xn--kpry57d et xn--kprw13d). Quant à Hong Kong, sa propre extension en caractères chinois sera .香港 (xn--j6w193g).

Ces nouvelles extensions font suite à celles créées pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis ainsi que la Russie après la décision de l’ICANN de mettre fin à l’exclusivité de l’alphabet romain.

Source: ZDnet