la revue des marques avril 2008

Noms de et marques

La conception et la protection des marques sont des compétences bien établies qui reposent sur une certaine éducation des entreprises. Successivement passé d’une longue période de conception, du début des années 70 au milieu des années 90, à une popularisation rapide jusqu’en 2000, puis à une accélération commerciale, le développement de l’Internet a des conséquences sur les marques qui sont souvent sous-estimées, voire ignorées par les entreprises.
Un constat s’impose, la communication relative à une est facilitée par les services du web et des moteurs de recherche.
L’accès au site web d’une dépend de l’enregistrement d’un nom de . Saisi dans un navigateur (Internet Explorer, Firefox, …), il permettra d’afficher le site web. Le nom de devient donc une composante de cette . Son enregistrement est alors indissociable du processus de création d’une . Oublier ce principe expose à des nuisances ou des préjudices sans rapport avec le prix du nom de . Mais on va voir qu’un nom de ne va jamais seul.

Quelques rappels utiles

Le principe du nom de a été arrêté en 1983, avec la première spécification des (Domain Name Server). Les sont presque à la localisation sur Internet ce que le GPS est à la géo localisation.
Le rôle d’un est de convertir le nom de saisi par un internaute dans son navigateur en adresse physique sur le réseau (dite adresse IP). Internet est rempli de qui communiquent entre eux, presque instantanément, pour trouver celui qui contient cette adresse IP.
Jusqu’en 1995, les noms de domaines étaient limités à quelques extensions (.com, .edu, .mil, etc…) dont la plupart étaient inaccessibles aux entreprises, et les autres difficilement accessibles. A partir de 1995, il y a eu un mouvement de libéralisation et d’élargissement de ces extensions dites génériques com, net, org, biz, info,…
En 1998, ce microcosme grandissant s’est donné des moyens de gouvernance par la création de l’.
Les extensions pays se sont ensuite développées (, de, it, be …). Les extensions génériques se sont élargies ( coop, travel, jobs, mobi) avec les extensions dites génériques sponsorisées, conçues pour une communauté professionnelle.
Les génériques de communauté culturelle, linguistique et géographique sont apparus avec le .cat (Catalogne) et le .asia et d’autres candidats piaffent d’impatience (bzh, gallice, pays de galle, paris, berlin, …)
On recense environ 250 extensions, dont beaucoup ne sont pas encore opérationnelles.
Cette prolifération répond à un triple besoin, le libéralisme commercial, l’élargissement de l’espace d’adressage qui peut se saturer et le besoin d’identification communautaire.
De façon surprenante, il y a aujourd’hui une sorte d’obligation de réserver ses noms de sur un maximum d’extensions pour protéger une , alors que ces extensions semblaient avoir une vocation sectorielle. Cela provient des pratiques délictueuses, concurrentielles, spéculatives ou simplement protectionnistes qui s’intensifient.

De l’internaute à l’éditeur d’un site

Identifier ces pratiques suppose de bien comprendre comment un internaute est mis en relation avec le contenu d’un éditeur de site web.
Il a 3 possibilités à partir de son navigateur internet :
• En cliquant sur une adresse enregistrée dans ses favoris ou dans un répertoire
• En cliquant sur un lien rendu par un moteur de recherche
• En saisissant l’adresse dans la barre du navigateur (navigation directe).
La navigation directe repose sur la mémoire de l’internaute ou sur son instinct qui l’amène à essayer une adresse web construite avec le ou les mots qui constituent son intérêt du moment. Ainsi, un internaute en recherche de bonnes affaires sera tenté de saisir bonnesaffaires. par exemple pour voir si cela aboutit quelque part. De mémoire ou d’instinct, le résultat de sa saisie peut contenir des fautes ou variantes d’orthographe et des séparateurs. Il risque alors de ne rien obtenir, sauf si ces formes syntaxiques ont été réservées par quelqu’un, titulaire ou non d’une .
Quant aux moteurs de recherche, beaucoup ont remarqué que leur usage est gratuit mais qu’ils se rémunèrent par des liens payants placés en évidence sur les pages rendues selon les mots clés cherchés. Ils ont, donc, contribué à motiver des annonceurs qui paient leur publicité selon le mode du «PayPerClick». Dès lors, ces annonceurs ont intérêt à ce que leurs liens figurent non seulement sur les pages résultats des moteurs de recherche, mais aussi sur tout site à fort de visiteurs, dont le propriétaire recevra une partie de cette rémunération «au clic».
Les sites destinés exclusivement à ce mode de rémunération ont proliféré. Ils ne contiennent que des liens commerciaux fournis par les régies publicitaires des moteurs de recherche où ils sont hébergés en «pages parking» par un hébergeur qui fournit sa propre régie publicitaire.
On notera au passage que l’exploitant de pages propose souvent la revente aux enchères de noms de domaines utilisés sur ces pages .
Ces pratiques constituent paradoxalement un piège ou une opportunité pour les marques. C’est un piège si un nom de contrefait comme évoqué ci-dessus attire et détourne du , et peut être des ventes, qui devaient aboutir à la . C’est une opportunité si le titulaire d’un non contrefait en a développé un fort pour le vendre ensuite à une qui en bénéficiera.
Il existe, ainsi, deux marchés pour les noms de domaines. Le premier est le marché de l’enregistrement pour donner l’accès à un contenu d’éditeur, généralement titulaire des droits d’une . Le second est celui de l’enregistrement dans un but spéculatif de génération de revenus par les annonceurs puis de la revente.
Cela amène les titulaires d’une à devenir des acheteurs du second marché dans une démarche protectionniste (tel détourne du de visiteurs de la ) ou expansionniste (tel ramènerait du supplémentaire à la ).

Les pratiques nuisibles

Il existe, hélas, des pratiques délibérément nuisibles qui motivent des enregistrements de noms de domaines.
Ainsi, un spammeur ou un phisheur déposera un nom de qui servira dans ses campagnes d’emailing à déjouer l’attention du destinataire pour l’amener à ouvrir l’email. Dans ce cas, le titulaire d’une contrefaite par un spammeur ou un phisheur va subir un préjudice d’image si ce n’est pire.
Un cyber-squatteur qui réserve un nom de en contrefaisant une veut en tirer profit par la rémunération publicitaire. Outre le détournement possible d’une intention d’achat vis-à-vis d’une , cette rémunération publicitaire peut aussi provenir de concurrents de la . Elle subit alors un double préjudice, la perte d’une vente et la réalisation d’une vente au profit d’un concurrent.
Dans certains cas de similitude de noms de , les variantes syntaxiques ou l’usage des séparateurs peuvent permettre un détournement délibéré de , d’autant plus durable que la n’aura pas été suffisamment protégée par les moyens traditionnels pour faire valoir ses droits sur le nom de .

Les ripostes possibles

Ces pratiques ne sont pas immédiatement détectables. Pourtant, il existe des outils pour surveiller la base de données mondiale des noms de domaines et mettre en évidence des constructions syntaxiques qui peuvent correspondre à des contrefaçons.
Dès lors qu’on a détecté un tel nom de , on peut analyser les raisons de son dépôt, la nature du préjudice qu’il représente et envisager l’action la plus appropriée.
Il y a 3 actions ou ripostes possibles selon la certitude ou non de contrefaçon
• Engager une procédure administrative auprès de l’organisation appropriée pour faire valoir ses droits sur le
• Tenter une négociation amiable ou aux enchères en vue du rachat si la procédure administrative n’est pas garantie de succès
• Attendre l’expiration éventuelle du nom de pour tenter son rachat en utilisant des outils de surveillance spécialisés pour cela.
Souvent, il ne sera pas possible d’agir voire inutile.

L’ par les noms de

Tout comme les entreprises ont appris à surveiller leurs concurrents ou les éventuels contrefacteurs qui opèrent autour de leurs marques, il est opportun qu’elles mettent en place les moyens de surveiller l’activité autour de leurs noms de domaines Internet.
Les noms de domaines sont consignés dans les bases de données des registres (accessibles par les ), des , des opérateurs anti-spammeurs, des moteurs de recherche, des hébergeurs de pages (en fait leurs ), etc…
Des techniques de data mining appliquées à ces bases de données permettent de surveiller, et de renseigner sur les éventuelles contrefaçons, leurs auteurs, leurs motivations, l’audience qu’ils suscitent, la nature des préjudices qu’ils peuvent commettre.
Bien que peu pratiquées aujourd’hui, ces techniques permettraient aussi de surveiller des concurrents et de comprendre un peu mieux leur stratégie sur le net. Ainsi, il est assez aisé de reconstituer le parc de noms de domaines d’un concurrent, de surveiller sa communication de marques, sa stratégie d’optimisation de son audience par les noms de domaines.
Tout cela relève de l’ pour laquelle il faut disposer des outils appropriés et de l’expertise nécessaire pour ne pas passer des lustres à étudier le contenu des sites web. L’analyse experte des dépôts et modifications des caractéristiques opérationnelles des noms de domaines permet, en effet, une évaluation rapide.

L’effet boomerang sur la création des marques

S’il est possible de surveiller les agissements sur Internet autour de ses propres marques ou de celles de ses concurrents, il est aussi tout à fait possible d’intercepter des informations relatives à la création de nouvelles marques. Des précautions sont prises par les titulaires, mais elles sont souvent insuffisantes. A titre d’exemple, l’utilisation d’un registrant professionnel mandaté pour garder l’anonymat peut être une incitation à aller regarder de plus près. Les peuvent alors révéler des choses qu’il était souhaitable de conserver cachées jusqu’au lancement.

Les acteurs

Les nuisances pour les marques sont généralement occasionnées par des individualités. Les cyber-squatteurs déposent des noms de similaires ou identiques à des marques pour en retirer du profit, certains avec des intentions très malveillantes. Il ne faut pas les confondre avec les «domainers» spéculant sur des noms de génériques à fort . Parfois, les deviennent des entreprises. Il existe des places de marché pour les . Les registres ont des politiques très variables pour protéger les titulaires de marques. Les instances de gouvernance font évoluer la réglementation, mais sans pouvoir maîtriser tous les appétits et tous les comportements. Les entreprises ont d’autant plus intérêt à développer leur compétence pour observer les agissements sur leurs marques que le marché est en forte croissance et pour longtemps.

auteur : Dominique Morvan ©NAMEBAY 2008
article publié dans “La Revue des Marques n°62 - avril 2008″
source NAMEBAY


Parfois, certaines nouvelles font froid dans le dos. Web Rank Info, un site spécialisé dans le , semble être la victime depuis mardi soir d’un détournement de nom de . Un de liens remplace en effet la page d’accueil de ce site.

Même si Olivier Duffez, le webmaster de .com, n’a pas encore confirmé la méthode utilisée par le , les spéculations vont bon train. D’après certains sites, le aurait utilisé une méthode similaire à celle utilsée pour le site davidairey.com qui lui aussi c’était fait détourné son nom de .

Cette méthode repose sur le piratage d’un compte mail de type qui est utilisé ensuite pour demander au registrar un transfert de nom de . C’est semble t-il, avec cette technique que le nom de de a été transféré depuis OVH vers GoDaddy le 4 mars vers 22h30 environ.

Il s’agit évidemment d’une situation catastrophique pour . Tout d’abord, il faudra probablement un certain temps pour pouvoir récupèrer le nom de détourné. Ensuite, le site étant inaccessible, sa fréquentation risque de chuter et cela même lorsque le nom de sera récupéré.

Nous espèrons sincèrement que ce site retrouve au plus vite sa forme originelle et souhaitons tout notre courage à Olivier.

Source Pc-InfoPratique.com


Un analyste prévoit une utilisation importante de la méthode du domain , qui permet de mettre des liens publicitaires sur un nom de peu utilisé. Un canal marketing qui s’annonce lucratif pour les entreprises.

Le réseau publicitaire en ligne et le stationnement de noms de (également appelé garage de noms de ) devraient connaître une importante croissance en 2007. Ce dernier consistant à rediriger des noms de inutilisés vers des pages de liens sponsorisés. Et cette méthode devrait pleinement se révéler en 2007 : selon l’analyste Michael Gilmour, ancien directeur de l’Australian Internet Industry Association, elle devrait croître de plus d’un tiers, contre 15 % pour les dépenses publicitaires en ligne. “Ces résultats soulignent que ces deux marchés publicitaires continueront à être très lucratifs pour ceux qui sauront les utiliser”, précise-t-il, tout en appelant les marketers, les banquiers et les investisseurs à se saisir de ces opportunités.

Plus d’un milliard de dollars pour les noms de en 2007
Pour parvenir à cette conclusion, l’analyste s’est inspiré des revenus publicitaires générés au premier trimestre 2007 sur Internet et révélés par l’Interactive Advertising Bureau et le cabinet PWC. Ceux-ci, estimés à près de 5 milliards de dollars, ont ensuite été multipliés par quatre pour parvenir à un résultat type annuel. Un résultat comparé aux bénéfices réalisés en 2006. Sur cette base, le secteur du stationnement de noms de , ou domain , devrait représenter cette année plus d’un milliard de dollars, contre 800 millions en 2006. Autres données prises en compte : celles concernant et Yahoo! en matière de publicité.

et Yahoo! dynamisent le marché

Les deux moteurs de recherche ont réalisé en 2006 un chiffre d’affaires publicitaire de près de 8 milliards de dollars, dont plus de 10 % généré par le domain . “Grâce à la croissance des revenus publicitaires produits par et Yahoo! ces prochaines années, l’industrie du publicitaire sur Internet devrait se porter on ne peut mieux”, ajoute Michael Gilmour. Les travaux de l’analyste seront présentés cette semaine à l’occasion de la conférence T.R.A.F.F.I.C. Celle-ci, organisée par la World Association of Domain Name Developers, est entièrement consacrée à l’industrie des noms de .

Source Atelier.fr


“De l’ouverture du . à la naissance des plates-formes , une année ” plan plan”. Et des spéculations sur la jurisprudence autour du ‘’…”

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