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Archives de mots clés: wikileaks

MafiaaFire : l’extension Firefox que Mozilla refuse de supprimer

Le département de la sécurité intérieure américaine ne veut pas d’une extension Firefox qui permet de contourner le blocage de certains noms de domaine suspectés de favoriser la contrefaçon. Mozilla résiste.

L’extension MafiaaFire figure toujours au catalogue de Firefox, en dépit des efforts du département de la sécurité intérieure (DoH) des Etats-Unis pour qu’elle soit supprimée. La fondation Mozilla a en effet refusé d’accéder à cette demande des autorités, qui reprochent à MafiaaFire de contourner le blocage de plusieurs sites accusés de faciliter la contrefaçon. En 2010, plusieurs dizaines de noms de domaine ont en effet été interdits d’accès par le DoH, via les serveurs de DNS (qui assurent la conversion adresse IP/nom de domaine).
MafiaaFire permet de court-circuiter les serveurs DNS depuis Firefox, grâce à une liste d’adresses IP tenue à jour par les créateurs de l’extension. Selon Mozilla, cet outil n’a rien d’illégal, jusqu’à preuve du contraire. Harvey Anderson, vice-président de Mozilla, s’en explique sur son blog.
« Une cour de justice s’est-elle prononcée sur la légalité de l’extension MafiaaFire ? Si oui, sur quelle base ? (merci de fournir les jugements correspondants) », demande-t-il aux représentants du DoH, puis il ajoute : « Est-ce que Mozilla est légalement contraint de désactiver l’extension ou cette demande est-elle basée sur d’autres motifs ? Si c’est le cas, pouvez-vous les préciser ? » A ce stade, la fondation n’a reçu aucune réponse des autorités.

Coup de pub pour MafiaaFire

Sur le fond, ce que la fondation reproche au DoH, c’est d’intervenir en dehors de tout contrôle judiciaire, sans l’accord d’un juge pour légitimer sa demande. « Un des problèmes fondamentaux ici est de savoir sous quelles conditions un intermédiaire accède aux demandes d’un gouvernement qui peuvent conduire à une censure et à menacer un Internet ouvert », écrit le vice-président de Mozilla.
D’autant plus que, dans cette affaire, les industries du disque et du cinéma sont fortement soupçonnées d’être à l’origine des demandes de blocage exercées par le DoH. Autrement dit, la censure de MafiaaFire sert avant tout des intérêts privés. D’où la nécessité impérative, explique Mozilla, d’encadrer toute intervention par la justice.
Quoi qu’il en soit, l’intervention du DoH risque bien d’avoir un effet contraire à celui désiré. Le compteur de téléchargement de MafiaaFire, ne cesse de grimper depuis la médiatisation de cette extension.
Source: 01net

La sécurité intérieure américaine demande le retrait d’un module Firefox

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.

La page du module MafiaaFire sur le catalogue de modules de Firefox.Mozilla foundation

Le Department of Homeland Security (DHS), le service de sécurité intérieure des Etats-Unis, a demandé à la fondation Mozilla, qui édite notamment le navigateur Firefox, de retirer le module complémentaire MafiaaFire de son catalogue en ligne. Mafiaafire permet de contourner en partie les saisies de noms de domaines opérées par les autorités américaines, en redirigeant automatiquement l’utilisateur vers les copies du site hébergées ailleurs sur la Toile. WikiLeaks, par exemple, a hébergé de nombreuses versions miroir un peu partout sur Internet après la saisie de son nom de domaine.

Dans un post de blog, Harvey Anderson, l’avocat de la fondation Mozilla, a expliqué avoir décliné pour l’instant la demande du DHS. « Nous nous conformons à toutes les décisions de justice, aux mandats et aux demandes légales, mais dans ce cas précis il n’y a eu aucune décision d’un tribunal », explique-t-il. La fondation a donc demandé des preuves du caractère illégal de MafiaaFire, sans résultats, et maintient donc le module au sein de son catalogue pour l’instant.

Les autorités américaines ont multiplié ces derniers mois les saisies de noms de domaines, à l’encontre de sites pédopornographiques, de contrefaçon, de téléchargement illégal ou de sites perçus comme présentant une menace pour la sécurité nationale comme WikiLeaks. Cette méthode, beaucoup plus efficace que les classiques procédures judiciaires, est très décriée par les associations et les spécialistes du droit. En février, le DHS avait fermé par erreur 84 000 sites Web après une erreur lors d’une saisie de noms de domaines, au cours d’une opération de lutte contre la pédopornographie.

Source: Le Monde.fr

Wikileaks : une banque achète des domaines par centaines pour se protéger

Voilà une forme originale de cybersquatting défensif. Redoutant que ses dirigeants soient moqués voire conspués par les internautes, suite à des révélations promises par Wikileaks sur le secteur bancaire, la Banque of America a acheté des centaines de noms de domaine insultant ses cadres.

Le 29 novembre dernier, lorsque le monde entier s’intéressait encore aux câbles diplomatiques révélés par Wikileaks, son fondateur Julian Assange avait dévoilé son intention de « faire tomber » une banque américaine en révélant un « écosystème de corruption ». « Cela donnera un aperçu vrai et représentatif de la façon dont se comportent les banques au niveau de leurs dirigeants d’une manière qui provoquera des enquêtes et des réformes, je suppose« , avait prévenu Assange, parlant de « pratiques contraires à l’éthique« .

Très vite, le Huffington Post avait désigné la Bank of America, en rappelant qu’Assange lui-même avait dit en octobre 2009 dans une interview être en possession de 5Go de données provenant d’un dirigeant de cette banque américaine.

Dans un article publié dimanche, le New York Times raconte les opérations de « contrespionnage » menées par la BoA, qui a inspecté des milliers de documents internes, préparé la réplique médiatique dans le cas où certaines informations seraient rendues publiques, consulté des batteries d’avocats pour peser les risques de possibles révélations, … mais comme le note ActicePolitic, le plus drôle est une réaction très inattendue de la part de la banque.

Le site Domain Name Wire a en effet révélé le mois dernier que Bank of America a enregistré d’un seul coup des centaines de noms de domaine, composés des noms de ses administrateurs et de ses cadres supérieurs, suivis des mots « sucks » et « blows » (« est naze », en français). Par exemple pour le président de la banque Brian T. Moynihan, la BoA a enregistré BrianMoynihanBlows.com, BrianMoynihanSucks.com, BrianTMoynihanBlows.com, BrianTMoynihanSucks.com, et toutes leurs versions en .net et .org.

La banque semble croire qu’en possédant les noms de domaine que pourraient vouloir exploiter ses détracteurs, la critique se fera moins sentir. Mais c’est mal connaître l’imagination des internautes, dont certains risquent au contraire de trouver qu’il s’agit là d’une provocation, voire d’un défi…

Source: Numerama

WikiLeaks: Michael Moore aide à payer la caution de Julian Assange

MONDE – Il s’en explique dans un édito publié, mardi, sur le Huffington Post…

Michael Moore est remonté, et il le fait savoir. Dans l’édito «Pourquoi j’ai payé une partie de la caution de Julian Assange» publié mardi sur le Huffington Post, il livre un long plaidoyer en faveur de WikiLeaks.

«J’ai versé 20.000 dollars (15.000 euros, sur une caution de 240.000 euros, ndr) et j’offre mon site Internet, mes serveurs, mon nom de domaine et tout ce qui pourra être utile à WikiLeaks pour rester en vie et continuer à révéler les crimes concoctés en secret et perpétrés en notre nom avec l’argent du contribuable», explique le cinéaste. Il indique que le réalisateur Ken Loach a fait de même. La libération sous caution a dans un premier temps été acceptée par le juge, mais le parquet a fait appel, au nom des autorités suédoises.

Selon Moore, la raison invoquée par George W. Bush pour aller en Irak (la présence d’armes de destruction massive) était «un mensonge», et «des centaines de milliers de personnes sont mortes». Il demande: «Imaginez si WikiLeaks avait existé à l’époque.»

La transparence, rempart contre la corruption

Le réalisateur de Fahrenheit 9/11 va même plus loin. Il estime que le 11-Septembre aurait eu une chance d’être évité si les mémos remis à Bush trois mois avant, alertant de «la détermination de Ben Laden à frapper les Etats-Unis», notamment via «des détournements d’avion», avaient été rendus publics.

Selon Moore, «l’ouverture et la transparence sont les seuls moyens pour protéger les citoyens de la corruption». Publier des documents confidentiels peut-il causer du tort à des négociations diplomatiques? «Peut-être, mais c’est le prix à payer quand le gouvernement déclenche une guerre sur un faux prétexte.»

Michael Moore semble douter de la véracité des accusations portées contre Julian Assange. «Ne soyez pas naïfs», lance-t-il. Selon lui, «innocent ou coupable, Julian Assange a de toute façon le droit d’être libéré sous caution et de se défendre».

Source: 20minutes.fr

L’ICANN ne souhaite pas être mêlé à la polémique Wikileaks

En charge de l’administration des DNS racines, le président de l’ICANN a indiqué vendredi que son organisme ne prenait pas part aux fermetures de sites web hébergeant des contenus illicites. L’ICANN reste néanmoins rattachée au département du commerce américain, malgré sa compétence mondiale.

Alors que les gouvernements occidentaux cherchent une solution pérenne pour fermer Wikileaks, l’ICANN a tenu à s’éloigner de la polémique en rappelant que son rôle n’était pas d’être le gendarme du web des États. Sa mission se limite essentiellement à l’administration des treize DNS racines et de superviser la gestion des noms de domaine de premier niveau.

« L’ICANN ne ferme pas les noms de domaine – nous n’avons pas l’autorité technique ou légale pour le faire. Nous n’avons aucun lien avec la fermeture de n’importe quel site web, qui est une question relevant de l’autorité nationale » explique l’ICANN. Repérée par nos confrères de ZDNet, la réaction de l’ICANN portait avant tout sur la saisie de 70 noms de domaine « pirates » par les autorités américaines.

« L’ICANN est le coordinateur à but non lucratif du système global de noms de domaine et n’est pas impliqué, en aucune façon, dans le contenu des sites web » a poursuivi le président de l’ICANN, Rod Beckstrom. Interrogé sur Wikileaks, l’ICANN a fait savoir que les propos de Rod Beckstrom « s’appliquent à tous les sites web« . Une façon diplomatique de dire que Wikileaks est également concerné, malgré les cris d’orfraie des gouvernements.

Malgré des propos a priori rassurants pour les sympathisants de Wikileaks, l’ICANN reste néanmoins une société de droit californien sous contrat avec le département au commerce américain. Ce rattachement à l’administration américaine n’est pas sans causer quelques inquiétudes à l’étranger, notamment dans la classe politique française.

À supposer que les États-Unis décident de prendre le contrôle de l’ICANN, la relation entre l’ICANN et les organismes chargés des noms de domaine nationaux risque de s’effondrer. Le gouvernement américain pourrait certes imposer de nouvelles règles aux gestionnaires de ces domaines, mais les autres États pourraient alors se détourner des serveurs racines et opter pour des solutions alternatives.

Cette épée de Damoclès a ainsi poussé plusieurs internautes à s’organiser pour imaginer une extension de noms de domaine particulièrement difficile à censurer. Le système DNS imaginé serait largement décentralisé, permettant d’accéder librement à des sites en « .p2p » tout en évitant les mesures de filtrage voulues par les gouvernements, souvent pour des motifs politiques.

Source: Numerama.com