Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

Archives de mots clés: liberte

41 pays approuvent le rapport de l’ONU sur la liberté et Internet. Pas la France

41 pays dont les Etats-Unis, l’Inde et le Brésil ont approuvé le rapport du Rapporteur Spécial de l’ONU sur la protection de la liberté d’expression sur Internet. La France qui défend le droit de suspendre l’accès à Internet de ses concitoyens au nom des droits d’auteur fait partie des absents.

La semaine dernière, le rapporteur spécial des Nations Unies pour la protection de la liberté d’expression a publié un rapport très remarqué qui concluait, notamment, que la suspension de l’accès à Internet est illégale au regard du droit international. « Couper des utilisateurs de l’accès à Internet, quelle que soit la justification avancée, y compris pour des motifs de violation de droits de propriété intellectuelle, est disproportionné et donc contraire à l’article 19, paragraphe 3, du Pacte International relatif aux Droits Civiques et Politiques » (PIDCP), expliquait le rapporteur Frank La Rue. Une attaque acide contre l’Hadopi.

Mais plus globalement, le rapport défendait longuement l’importance démocratique vitale prise par Internet, et s’opposait à sa censure arbitraire et à sa surveillance généralisée.

Vendredi, comme le remarque Korben, le ministre suédois des affaires étrangères Carl Bildt a présenté au nom de 41 pays un discours d’approbation du contenu du rapport. Ces pays sont l’Autriche, la Bosnie, le Botswana, le Brésil, le Canada, le Chili, le Costa Rica, la Croatie, la République tchèque, le Danemark, Djibouti, Guatemala, l’Inde, l’Indonésie, Israël, le Japon, la Jordanie, la Lituanie, la République yougoslave de Macédoine, les Maldives, l’île Maurice, le Mexique, la Moldovie, le Monténégro, le Maroc, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Palestine, le Pérou, la Pologne, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Serbie, la Suède, la Suisse, la Tunisie, la Turquie, l’Ukraine, les États-Unis, et l’Uruguay.

« Nous croyons, tout comme le Rapporteur spécial, qu’il devrait y avoir aussi peu de restrictions que possible à la circulation de l’information sur Internet. Ce n’est que dans quelques circonstances exceptionnelles et limitées que des restrictions sur le contenu peuvent être acceptables. Ces restrictions doivent être conformes au droit international des droits de l’homme, notamment l’article 19 du PIDCP. Nous considérons que la coupure de l’Internet à l’initiative du gouvernement, ou d’importantes parties de celui-ci, aux fins de réprimer la liberté d’expression, est en violation de la liberté d’expression. En outre, les gouvernements ne devraient pas imposer de norme plus restrictive pour les intermédiaires que dans le cas des médias traditionnels eu égard à la liberté d’expression, ou rendre les intermédiaires responsables du contenu qu’ils transmettent ou diffusent« , indiquent les 41 états.

On remarque parmi les signataires la présence des Etats-Unis, dont Frédéric Mitterrand avait pourtant assuré lors de l’eG8 qu’ils regardaient avec beaucoup d’intérêt l’Hadopi. On remarque aussi celle de la Nouvelle-Zélande, dont le ministre de la Justice avait pourtant cru bon de défendre un projet de riposte graduée , tandis qu’à l’inverse, l’Australie qui paraissait fléchir est absente. Peut-être parce que le rapport parle de défense de la liberté d’expression sur Internet, et que l’Australie s’est plus souvent illustrée par sa censure.

Mais on remarque surtout l’absence honteuse de signature de la France. Honteuse parce que sans doute au nom de la défense de sa sacro-sainte riposte graduée, au nom de la quête de l’internet civilisé prôné par le néocolonialiste Nicolas Sarkozy, la France s’abstient de soutenir un rapport perçu comme un immense espoir par les peuples révoltés qui misent sur Internet pour s’exprimer et se mobiliser.

La Tunisie, la Turquie, le Maroc ont signé. Des pays qui étaient autrefois sous la chape de plomb de l’URSS ont également signé. Mais pas la France.

La France, dont l’ancien ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner avait préparé avec les Pays-Bas une conférence sur la liberté d’expression et Internet, n’a pas posé sa signature aux côtés de ses partenaires néerlandais. Eux n’ont jamais changé d’avis lorsque Nicolas Sarkozy, lui, décidait qu’il était devenu hors de question de défendre la liberté d’expression sur Internet sans aborder d’abord les moyens de la limiter.

Espérons que son point de vue n’a pas trop percé. Car l’on remarque aussi, outre la France, l’absence de soutien des principaux pays d’Europe. Ni la Grande-Bretagne, ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni le Portugal, ni la Belgique ne soutiennent pour le moment le rapport.

Source: Numerama

Le gouvernement américain planifie un putsch sur internet

Le ministère américain du commerce entend exercer un contrôle plus strict sur le système des noms de domaine (DNS) sur internet. S’il arrive à ses fins, les gouvernements pourront bloquer les nouveaux domaines, ce qui entraînera à son tour une menace de censure.

L’Icann, l’organisation qui gère le système mondial des noms de domaine, va se réunir les lundi 28 février et mardi 1er mars à Bruxelles pour ce qui pourrait être une rencontre ultra-importante.

Le GAC (l’organe-conseil au sein de l’Icann, où siègent les différentes autorités) va formuler toute une série de réflexions quant au projet d’introduire de nouvelles extensions internet (‘top level domains’). C’est surtout le ministère américain du commerce qui est demandeur de cette confrontation, puisque cette instance exige en effet un ‘veto’ vis-à-vis des nouveaux suffixes.

Si les Américains obtiennent gain de cause, ce seront les autorités nationales qui décideront bientôt quels domaines peuvent être encore ajoutés sur internet, nonobstant tous les accords conclus précédemment. Les autorités demanderaient de pouvoir enrayer à leur guise les extensions internet, par exemple si elles jugent une idée ou une personne inopportune.

Aujourd’hui, l’introduction de ce genre de veto est en totale contradiction avec l’approche ascendante (‘bottom-up’) préconisée par l’Icann dans la gestion du DNS. Si le projet devient réalité, l’on risque en d’autres mots d’évoluer d’un modèle ascendant dirigé par plusieurs parties prenantes vers un modèle descendant (‘top-down’) dominé par les autorités nationales.

“Heureusement, plusieurs voix se font entendre au sein du GAC”, déclare Hans Seeuws, un spécialiste de l’entreprise de services Sensirius, “et ce n’est pas parce que l’organe-conseil entend redéfinir les règles que l’Icann y adhérera automatiquement. L’influence des autorités américaines au sein de l’Icann a nettement diminué ces dernières années. Et c’est assurément là l’un des derniers soubresauts. La véritable question est donc de connaître le poids que représente encore le ministère américain du commerce dans l’Icann. Et si celle-ci a les reins assez solides pour s’y opposer.”

Source: DataNews

Libye : les noms de domaine en .ly menacés ?

En marge des événements inquiétants qui ont lieu en ce moment en Libye, plusieurs internautes se sont demandés ce qu’il adviendrait des noms de domaine en .ly si le Colonel Kadhafi décidait de bloquer tout accès à Internet dans son pays… Le plus connu, http://bit.ly, est très utilisé par la twittosphère.

Peut-être avez vous déjà eu recours au site http://bit.ly, qui permet de raccourcir des URL à rallonge. Ceux qui utilisent le site de micro-blogging Twitter le connaissent bien et l’utilisent pour pouvoir mettre des liens vers d’autres sites alors qu’ils n’ont droit qu’à 140 caractères. Ce que les internautes connaissent moins en revanche, c’est l’origine de cette extension : « .ly » correspond à la Libye comme « .fr » correspond à la France, par exemple.

Aujourd’hui, les internautes qui utilisent les services de ce genre de sites se demandent s’ils pourront continuer à le faire. La raison est politique. Au vu de la situation actuelle en Libye ils craignent que le Colonel Kadhafi décide d’imiter l’Egypte en coupant tous les accès à Internet dans le pays, chose qui est déjà faite par intermittence. Mais John Borthwick, le directeur de Bit.ly s’est voulu rassurant en répondant à quora.com/What-will-happen-to-http-bit-ly-links-if-Gaddafi-shuts-down-the-Internet-in-Libya-due-to-protests » target= »_blank »>la question d’un internaute sur Quora : « Pour que les domaines en .ly ne puissent plus être résolus, les cinq serveurs racines du .ly qui font autorité doivent *tous* être hors ligne, ou répondre avec des réponses vides. Sur les cinq serveurs de noms pour le TLD .ly, deux sont basés dans l’Oregon, un aux Pays-Bas et deux sont en Libye ». Une affirmation que le site Numerama remet en cause en expliquant que « les cinq serveurs en question, qui ne sont pas des serveurs root, dépendent des enregistrements du .ly gérés en Libye. Or en l’absence de mise à jour, les serveurs relai devront considérer d’ici maximum 28 jours que le registre est vide ».

Pour le site spécialisé, ce problème, d’ordre technique, n’est pas le plus à craindre. Il faut savoir que l’extension .ly est soumise à un contrat de respect de la Charia. Aucun nom de domaine ne peut donc contenir des mots obscènes, indécents et contraires à la loi islamique. Ce qu’il faudrait alors craindre, ce serait la censure du Colonel Kadhafi dans le cas où certains URL pointent vers des contenus s’éloignant de la Charia.
Il y aurait-il alors un choix plus sûr ? Sur Quora, John Borthwick donne lui-même une alternative à son service, très utilisé : http://j.mp/. Cette extension peu connue appartient aux Iles Mariannes du Nord dans l’Océan Pacifique, un territoire du Commonwealth américain.
Reste à savoir si les liens raccourcis déjà générés par bit.ly seront toujours actifs dans le futur.

Source: MaxiSciences

La Libye tente de couper l’accès à Internet

Les autorités libyennes ont coupé l’accès à Internet du pays, dans la nuit de vendredi à samedi, d’après les mesures effectuées par les entreprises Arbor Networks et Renesys. Peu avant la coupure, les autorités avaient bloqué l’accès à plusieurs sites Internet, dont le réseau social Facebook ou le site de la chaîne d’information Al-Jazeera. Samedi matin, l’accès au réseau semblait partiellement rétabli, certains points d’accès répondant à nouveau, mais l’accès aux sites libyens restait très fortement perturbé.

Le blocage rappelle très nettement celui pratiqué par les autorités égyptiennes fin janvier. Sur le plan technique, la Libye a, comme l’Egypte, coupé les protocoles Border Gateway Protocol (BGP, qui permet aux sites Web d’indiquer leur position sur le réseau) et Domain Name Server (DNS, qui permet aux internautes de s’orienter). L’accès est donc coupé pour les internautes libyens, mais également pour les internautes étrangers qui souhaitent consulter un site libyen.

Comme l’Egypte, la Libye n’a pas eu besoin de recourir à des subterfuges poussés pour contraindre les opérateurs à couper le réseau : le directeur de l’opérateur télécom national et principal fournisseur d’accès à Internet n’est autre que Moahmmed Al-Kadhafi, le propre fils et successeur désigné de Mouammar Kadhafi.

Le rétablissement, tôt samedi matin, des principaux points d’accès au Web ne signifie pas que l’accès à Internet est redevenu normal en Libye. Lors de coupures des principaux protocoles Internet, plusieurs heures, ou même plusieurs jours, peuvent être nécessaires avant un rétablissement complet. La coupure pratiquée au cours de la nuit a également pu servir de test avant d’autres restrictions d’accès. Plusieurs fournisseurs d’accès à Internet étrangers, dont le français FDN, ont mis en place des numéros d’accès pour l’Internet à bas débit, qui permettent de contourner ce type de blocage tant que les lignes fixes fonctionnent.

La coupure de l’accès en Libye a également provoqué des remous dans la Sillicon Valley : de nombreux services, et notamment les raccourcisseurs d’URL comme bit.ly, utilisent des noms de domaines libyens, le « ly » permettant toutes sortes de jeux de mots en anglais. Une partie des serveurs centraux gérant ce nom de domaine étant situés aux Etats-Unis, la coupure ne devrait cependant pas avoir d’impact sur les sites en .ly qui ne sont pas hébergés en Libye.

Damien Leloup

Source: Le Monde

La Libye veut imposer la loi islamique aux sites en .ly ?!

Aujourd’hui n’importe qui possédant un nom de domaine sur le web peut acheter des “extensions” – comme .com ou .fr, pour son site, son blog ou pour créer des réducteurs de liens. C’est devenu une manière très populaire de personnaliser les liens.

Beaucoup de ces extensions appartiennent à des petits pays parfois inattendus. Pensez au .tv de Tuvalu ou au .me du Monténégro. La Libye quant à elle dispose du .ly, qui a un certain succès (je pense notamment au réducteur de lien bit.ly).

Eh bien, il faut savoir que si on veut utiliser cette extension pour son site, on doit respecter les règles suivantes :

“Any .LY domain name may be registered, except domains containing obscene and indecent names/phrases, including words of a sexual nature; furthermore domain names may not contain words/phrases or abbreviations insulting religion or politics, or be related to gambling and lottery industry or be contrary to Libyan law or Islamic morality, the same applies to the site content.”

En gros, tous les sites doivent ne pas contenir de choses “indécentes” “obscènes” “sexuels”, ne doivent pas insulter la religion ou la politique, ne doivent pas être liés aux paris ou aux jeux de loterie, respecter la législation islamique et libyenne…

Ces règles s’appliquent à tout le contenu du site… Et si on ne les respecte pas, le lien est coupé. C’est ce qui est arrivé à l’écrivaine américaine Violet Blue qui tenait un site “érotique” se terminant en .ly.

Tout ça n’est pas rassurant. Imaginez que tous les pays ayant une extension imposent leurs propres lois ou coutumes aux détenteurs d’un nom de domaine, même étrangers ? On assisterait à la balkanisation du web autour des extensions nationales.

Les juristes, les législateurs et les militants des droits de l’homme vont encore avoir du boulot…

Source:  EgoBlog