Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

Archives de mots clés: afrique

Le nom de domaine « .africa » attribué

L’ICANNa signé un contrat avec ZA Central Registry (ZACR) permettant à .Africa de lancer ses opérations et activités informe un communiqué.

Selon la note d’information le contrat a été signé, hier, en marge de leur 49éme réunion qui se tient actuellement à Singapour ; en présence de Akram Atallah, président de Global Domains Division à ICANN ; Lucky Masilela, directeur général de ZACR, Neil Dundas, directeur exécutif et de Moctar Yédaly de la commission de l’Union Africaine. Le lancement de .africa est prévu en Mai 2014.

Source: dakaractu.com

L’ICANN s’apprête à ouvrir un nouveau bureau de liaison à Istanbul

L’ICANN s’apprête à ouvrir un nouveau bureau de liaison à Istanbul, couvrant l’Afrique

Ses infrastructures, son secteur technologique en pleine croissance et sa proximité par rapport à l’Afrique, au Moyen-Orient et à l’Europe, font d’Istanbul un emplacement idéal

ISTANBUL, Turquie, 29 avril 2013/African Press Organization (APO)/ Le président et directeur-général de la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet (ICANN) (http://www.icann.org), Fadi Chehadé, a annoncé aujourd’hui que l’organisme ouvrira son premier bureau de liaison à Istanbul, en Turquie.

Cette annonce constitue un jalon important dans l’évolution de l’ICANN, alors que l’organisme se prépare à mener ses activités depuis trois sièges mondiaux, sis respectivement à Los Angeles (emplacement actuel), à Istanbul et à Singapour.

« L’ICANN s’internationalise de plus en plus, en termes de perspectives, de politiques et de composition de son personnel. À présent, notre stratégie de création de plusieurs bureaux de liaison dans le monde nous permettra d’améliorer la transposition de notre caractère international sur le plan opérationnel », a déclaré M. Chehadé. « Ces bureaux de liaison deviendront partie intégrante du noyau dur de l’ICANN ».

Le centre d’Istanbul sera dirigé par David Olive, vice-président chargé du développement des politiques à l’ICANN. Certains membres du personnel actuellement en place de l’ICANN seront relocalisés à Istanbul au cours des prochains mois, et le personnel local sera également embauché.

« Nous avons étudié en profondeur toute une série d’emplacements d’installation envisageables dans le monde », a précisé Fadi Chehadé. « Nous avons choisi Istanbul en raison de la qualité de ses infrastructures, de son secteur des TI en pleine croissance, de son environnement favorable aux entreprises et de sa proximité culturelle et géographique par rapport à l’Europe, au Moyen-Orient et à l’Afrique ».

« L’ICANN assure une gestion efficace et appréciée du système des noms de domaine sur Internet, et ce jour marque la dernière étape pour l’extension de l’influence de cet organisme à l’échelle mondiale », a déclaré Binali Yıldırım, Ministre des transports, des affaires maritimes et des communications de la Turquie. « Le bureau de liaison européen de l’ICANN est installé à Istanbul pour agir en tant qu’épicentre qui contribuera à façonner la politique d’Internet, dans le but de mieux connecter les communautés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique ».

À l’heure actuelle, l’ICANN supervise la mise en œuvre de plus de 1 400 nouveaux noms de domaine génériques de premier niveau (gTLD), ce qui constitue l’un des bouleversements les plus importants intervenus sur Internet depuis sa création. La première vague desdits noms de domaine sera mise en ligne au cours des mois à venir. À la suite de cette expansion massive du système de noms de domaine (DNS), l’ICANN se développe également, afin de continuer de remplir sa mission consistant à assurer la stabilité, la sécurité et l’unité au sein du réseau Internet.

Source: appablog.wordpress.com

Le président de l’ICANN annonce une expansion majeure en Afrique

Le président de l’ICANN a déclaré mettre immédiatement à exécution son projet de nommer six nouveaux représentants de l’ICANN sur le continent africain.

« Avant, nous disions aux gens qui voulaient participer à la gouvernance de l’Internet de venir à l’ICANN », a déclaré Fadi Chehadé. « Nous avons changé cela, maintenant c’est l’ICANN qui vient à ses acteurs. Nous n’attendons pas que vous veniez, nous venons à vous ».

Ce commentaire de M. Chehadé a été recueilli lors du forum sur la gouvernance plurilatérale d’Internet en Afrique organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette manifestation a rassemblé pendant deux jours les responsables d’Internet venus de tout le continent avant de se terminer vendredi.

« Nous voulons qu’il y ait au moins un membre du personnel de l’ICANN dans chacune des six régions d’Afrique, l’Afrique du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Océan indien », a déclaré M. Chehadé. « Je veux installer des rampes d’accès aux structures de l’ICANN en Afrique. Nous vous donnerons les rampes, mais ce sera à vous de monter dessus ».

Le dirigeant de l’ICANN a également dit qu’il aimerait voir une augmentation spectaculaire du nombre de registraires de noms de domaines accrédités sur le continent africain. Actuellement, l’Afrique compte seulement cinq registraires accrédités, alors qu’il en existe plus d’un millier dans le monde entier. M. Chehadé a déclaré vouloir voir ce nombre être multiplié par cinq en moins de deux ans.

« Pour l’ICANN, il s’agit d’aller de l’avant. L’Afrique n’attendra pas », a dit M. Chehadé.

Ce forum de deux jours à Addis-Abeba a accueilli environ 200 visiteurs, dont des ministres et autres représentants gouvernementaux, les chefs de file de la communauté d’affaires et de la société civile africaines, ainsi que les responsables des structures de l’ICANN en Afrique, l’AFTLD (l’Organisation africaine des domaines de premier niveau) et l’AFRALO (l’Organisation africaine régionale globale de l’ICANN).

Cette manifestation sur la gouvernance plurilatérale d’Internet a été co-organisée par l’Union africaine, l’ISOC-Afrique, l’AFRINIC (le registre régional d’adresses IP de l’Afrique) et le Forum sur la gouvernance d’Internet africain. Elle a été précédée de deux jours d’ateliers portant sur le développement de l’industrie DNS en Afrique.

Au cours du forum, il a été discuté en détail de la mise en œuvre d’une stratégie africaine pour un meilleur engagement de l’Afrique. Cette stratégie a été élaborée par les représentants de la communauté africaine l’été dernier, puis annoncée lors de la réunion de l’ICANN à Toronto en octobre. Fadi Chehadé a réitéré l’engagement de l’ICANN visant à contribuer à la mise en œuvre de cette stratégie sur trois ans, en coordination avec ses partenaires mondiaux et régionaux en Afrique.

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine pour l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet).

Source: lanouvelletribune.info

La commission de l’UA contre l’enregistement du .Africa par DCA

Alors qu’UniForum (société Sud-Africaine mandaté par l’Union Africaine) et la fondation DotConnectAfrica (DCA) ont toutes les deux déposé une demande pour gérer le nom de domaine .africa, la Commission de l’Union Africaine ainsi que 16 gouvernements ont fait connaître leur opposition à l’encontre de l’initiative de DCA.

Ainsi la Commission a fait savoir par courrier à l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) que « La demande de DCA constitue une intrusion et une interférence sans fondement dans le mandat de la Commission de l’Union Africaine dont l’objectif est d’établir les structures et les modalités pour la mise en place du projet dotAfrica. »

Ces oppositions se sont faites dans le cadre du processus d’ « alerte précoce » de l’ICANN qui permet aux gouvernements de faire connaître leurs objections et d’en donner les raisons le cas échéant. 16 pays dont le Cameroun, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Burkina Faso, l’Égypte ou encore la République démocratique du Congo ont aussi manifesté leur opposition à l’attribution à DCA de ce gTLD (Generic Top-Level Domain).

DCA étant basé en partie au Kenya, l’objection du pays est un signal fort envoyé à cet organisme. De plus la demande d’UniForum n’a, de son côté, reçu aucune objection. C’est une indication claire de l’engagement des gouvernements (qui est par ailleurs une des conditions de l’ICANN pour l’attribution) dans le sens de la démarche de la Commission de l’Union Africaine.

Source : agenceecofin.com

UNIFORUM ZACR pour la promotion du .AFRICA

Le délégué pour l’Afrique de l’UNIFORUM ZACR, le Béninois Koffi Fabrice Djossou, a déclaré mardi à Dakar que la structure qu’il représente vient d’être sélectionnée par la Commission de l’Union africaine (UA) comme l’opérateur de registre officiel qui va opérer sur l’extension géographique «Dot Africa» au profit de la communauté africaine. «Cette sélection fait suite à l’appel d’offre lancé en décembre 2011 et qui a connu la participation de plusieurs opérateurs de registre internationaux intéressés par la gestion du «Dot Africa», a–t–il indiqué lors d’un entretien accordé à la PANA.

M. Djossou a indiqué que le «Dot Africa» est le nouveau nom de domaine pour la promotion des entreprises, des peuples et de la culture africains dans l’Internet, expliquant que lorsque´il sera opérationnel, «Dot Africa» va fournir aux hébergeurs des possibilités désétablir leur présence sur Internet.

Il a souligné que c’est une étape «très importante» pour les organisations et les personnes intéressées par l’acquisition d’une identité numérique africaine, précisant que les petites et moyennes entreprises africaines profiteront largement de «Dot Africa».

«Au-delà de leurs marchés locaux, ils vont envahir le marché continental et régional. Internet va donc devenir une plate-forme pour la croissance de l’entreprenariat en Afrique. Plus les individus, les entreprises, les organisations ainsi que des groupes communautaires vont utiliser le nom «Dot Africa» plus ils feraient la promotion d’une communauté africaine diversifiée et dynamique au sein de l’espace de domaine Dot Africa’, a expliqué M. Djossou.

«La Commission de l’Union africaine travaillera activement avec l’opérateur UNIFORUM ZACR à la mise en place des moyens indispensables pour la promotion de «Dot Africa» telle que la mise en place d’une bonne structure de gouvernance, le développement des contenus locaux, la propriété intellectuelle, les futures conditions d’enregistrement, le prix d’enregistrement prévu ainsi que les volumes estimés de noms de domaine», a-t- il ajouté.

«C’est important que la communauté africaine soutienne le projet», a dit M. M. Djossou, affirmant qu’il s’agit d’une «première» en Afrique.

Source: afriquejet.com

Noms de domaine africains, une ressource inexploitée

(Agence Ecofin) – On ne comptait, en 2011, que 450 noms de domaine nationaux au Mali, 1000 au Burkina Faso, 2000 en Côte d’Ivoire et 4000 au Sénégal. En comparaison, le domaine national de la France (.fr) comptait, mi-2011, plus de 2 millions d’enregistrements.

La bataille des contenus est aussi liée à des contraintes techniques. Celles-ci méritent qu’on s’y penche si l’on veut accélérer, pour les Africains, l’accès aux contenus africains. La popularisation des noms de domaine nationaux est l’une des pistes qui pourraient aider à un meilleur accès endogène aux contenus africains. La bonne gestion du nom de domaine national, expliquait un fonctionnaire du Ministère des postes et des nouvelles technologies du Mali, « facilite le commerce électronique, l’e-gouvernance, améliore la gestion de la cyber-sécurité et favorise le développement des capacités humaines et techniques du pays. (…) Les noms de domaine renforcent la capacité de créer et de profiter des contenus locaux en ligne et favorisent le développement de politiques nationales efficaces et un cadre juridique. »

Il est préférable, en effet, que les noms de domaines qui supportent les contenus africains soient administrés par des registraires basés en Afrique sur des serveurs qui y sont installés. Cela revient à dire qu’il faut encourager la promotion des noms de domaine nationaux.

Ceux-ci sont relativement peu utilisés par rapport aux noms de domaine génériques (.com, .net, .org, etc.). Pour diverses raisons − notamment le prix et les procédures d’enregistrement −, les particuliers et les entreprises sont souvent plus prompts à utiliser un nom de domaine générique. Un tel nom peut être enregistré en ligne en quelques minutes, voire en quelques secondes, alors que, pour un nom de domaine national (.ml pour le Mali ou .ci pour la Côte d’Ivoire par exemple), la procédure d’enregistrement exige des délais plus longs, en termes de jours.

L’autre raison de ce peu d’engouement vers les noms de domaine nationaux est l’absence de marketing à leur sujet, comme si l’on ignorait que les noms de domaine peuvent générer des ressources appréciables. Pour exemple, l’extension de domaine .com, la plus populaire avec plus de 90 millions de noms de domaine enregistrés (au premier trimestre 2011), génère chaque année des centaines de millions de dollars ! Démocratiser l’enregistrement des noms de domaine nationaux et raccourcir la procédure pourraient non seulement permettre d’en réduire les coûts, aujourd’hui sensiblement élevés par rapport au marché mondial des noms de domaine, mais aussi générer des ressources financières pour le pays, à l’heure où les gouvernements en sont réduits à surtaxer les opérateurs de télécommunications pour augmenter leurs recettes.

En Algérie, les autorités ont décidé de mener la bataille des noms de domaine nationaux. Le gouvernement voudrait, à l’horizon 2015, avoir un million de noms de domaine avec l’extension algérienne .dz, au lieu de 4000 aujourd’hui. Cela équivaut à enregistrer 38 noms de domaine par heure jusqu’à l’échéance. Si l’ambition paraît quelque peu difficile à réaliser, vu les coûts actuels d’un nom de domaine en Algérie (entre 394 et 1445 dollars !) et les lenteurs administratives liées à son enregistrement, elle montre cependant que les autorités ont pris conscience de l’importance des enjeux de la vulgarisation de cette ressource nationale.

Source: connectionivoirienne.net

L’Union Africaine veut l’extension .Africa

Le département infrastructure et énergie de la Commission de l’Union Africaine a réuni des experts africains à Addis Abeba en début novembre 2010 pour discuter du projet .Africa gtld. C’est un projet qui vise à faire obtenir la gestion de l’extension .Africa par une structure africaine. Les 13 experts africains qui ont fait le déplacement ont la mission de mener des réflexions sur les moyens financiers, techniques et structurels, ainsi que des démarches pour soumettre dans les temps la demande auprès de l’Icann, l’institution qui s’occupe de la gouvernance de l’internet.

Cette « dream team » africaine comprend 2 ivoiriens : M. Christian Roland le patron d’Assistweb et M. Souleymane Oumtanaga de l’Inphb, considéré comme le père de l’extension .ci (extension des noms de domaines de la Cote d’Ivoire). Elle devrait être complétée par d’autres experts prochainement pour renforcer des actions de lobbying.

Rappelons qu’à partir de 2011, il deviendra possible d’obtenir des extensions de nom de domaine plus longues comme .Africa ou .konankouadio, en plus des .com, .tv ou .info actuels.

Euclide Okolou

Source: OkiBourse.com

Le nom de domaine dans la zone ‘SN’ passera de 30.000 à 5.000f cfa selon Alex Corenthin

Le président de NIC Sénégal (network information Center) annonce une baisse des noms de domaine dans la zone SN. Alex Corenthin affirme que des acteurs du secteur sont entrain de réfléchir sur le sujet. L’enseignant chercheur à l’école supérieure polytechnique de l’université Cheick Anta Diop déclare que le .sn pourrait passer de 30.000 à 5.000 fca d’ici la fin de l’année 2010. Il était l’invité du magazine Océan.net diffusé par la Radio privée Océan Fm. Répondant aux questions du journaliste blogueur Basile Niane Monsieur Corenthin a aussi abordé la question de la cherté du nom de domaine .sn.

« C’est un calcul mathématique si vous voulez avoir une certaine autonomie, et que vous avez un business plan, vous avez des charges des personnes qui travaillent et qui ont besoin d’être intéressés, donc on va regarder combien coute le fonctionnement et bien sûr le ratio budget nécessaire pour fonctionner sur le nombre de domaine nous donne le cout d’un domaine de base » a déclaré Alex Corenthin sur le prix du nom de domaine de zone SN .

Source: Seneweb.com

l’Afrique insuffisamment impliquée dans la gestion des noms de domaine

Anne-Rachel Inne, directrice des relations pour l’Afrique à l’ICANN, est l’un des meilleurs experts du continent en politiques des TIC pour le développement. Elle a, par exemple, travaillé depuis 1997 à la mise en place de projets nationaux et régionaux avec plusieurs institutions régionales. Elle presse les pays africains de s’impliquer davantage dans l’internet.

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

Propos recueillis par Chérif Elvalide Sèye

 

Les Afriques : Le contrat liant le Département américain du commerce à l’organisme en charge des problématiques de noms de domaine et d’adresses IP dans le monde (ICANN) a pris fin le 30 septembre. Qu’est-ce qui change fondamentalement dans l’internet avec ce fait ?

Anne-Rachel Inné : Avec l’affirmation des engagements, ou affirmation of commitments en anglais, que l’ICANN et le gouvernement américain viennent de signer, nous assistons tout d’abord à la reconnaissance du modèle multiacteurs (gouvernements, société civile, secteur privé, académique, utilisateurs) avec lequel l’ICANN a fonctionné depuis bientôt onze ans.

Ensuite, l’ICANN devient maintenant comptable devant toute la communauté internationale et non plus seulement au Département du commerce américain, à qui l’organisation envoyait les rapports d’étapes auxquels elle était soumise depuis sa création en 1998. Des comités, qui seront composés de membres de gouvernements siégeant au conseil consultatif gouvernemental et d’experts et membres de la communauté, auront pour tâches de réexaminer certains aspects de l’organisation et de suivre la mise en place des recommandations appropriées. Ces comités effectueront des examens réguliers des travaux de l’ICANN dans quatre domaines : la concurrence entre les domaines génériques (tels que com et net), le traitement des données des titulaires de noms de domaine, la sécurité, la stabilité du réseau et la transparence des actions de l’ICANN, ainsi que la comptabilité et l’intérêt public, le seul comité dans lequel l’Amérique conserve un siège permanent.

 

LA : L’Afrique est-elle concernée dans les faits par ce débat ?

ARI : Comme toutes les autres régions, l’Afrique est concernée par la gouvernance de l’internet. Outil que nous utilisons souvent sans trop bien comprendre d’ailleurs les tenants et aboutissants d’un nom de domaine ou d’une adresse IP, ou même du réseau sur lequel ils reposent. Mais une fois de plus, la région n’est pas très présente au niveau des constituantes de l’ICANN, et particulièrement au conseil des gouvernements. Pour être tout à fait honnête, l’Afrique est pratiquement absente en termes de contributions aux travaux de l’ICANN, même dans les discussions sur les futurs nouveaux noms de domaine, les noms de domaine internationalisés (IDNs), ou la mise en place de l’affirmation des engagements. Pourtant, l’implication de l’Afrique est essentielle dans le débat au niveau international pour que nous évitions de simplement prendre ou consommer ce que les autres décident… car eux sont là quand les décisions sont prises.

 

LA : L’Afrique gère désormais des noms de domaine. Est-ce que cela a changé fondamentalement quelque chose ?

ARI : L’Afrique en majorité gère ses noms de code pays de premier niveau appelés ccTLD, tel le .sn (Sénégal), .dz (Algérie), .za (Afrique du Sud).

Mais nous ne gérons encore aucun registre générique (gTLD). Nous avons trois registrars (revendeurs) de noms de domaine agréés par l’ICANN, dont deux non opérationnels.

Au niveau de l’infrastructure sur laquelle les ccTLDs reposent, nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique (exemple : sécurité) et administrative (exemple : charte régissant le TLD) de ces noms de domaine. D’où un manque d’appropriation locale de ces noms, qui sont pourtant les portails, l’identité de nos pays sur Internet, et l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites.

Le changement s’amorce avec l’Association des gérants de noms de domaine pays (AfTLD), qui devient plus active aujourd’hui pour, par exemple, former les gérants aux normes de gestion internationales. L’Afrique a un registre Internet régional, AfriNIC, qui distribue les adresses IP. Il existe une organisation qui aide les réseaux d’éducation et de recherche, AfREN, et une autre, AfNOG, qui aide les opérateurs de réseaux en les formant aux dernières techniques internationales. Disons que nous pourrions faire beaucoup mieux. Cela demande de la volonté de la part de tous, et surtout de nos dirigeants, pour que les efforts faits se traduisent en profits pour tous au niveau local.

 

LA : Quels sont les enjeux pour l’Afrique de la gestion des noms de domaine ? Que doit-on faire ? A-t-on seulement une claire conscience de ces enjeux ?

ARI : Les enjeux sont énormes sur le plan économique et pour le développement. Le prochain sommet des chefs d’Etat africains en janvier 2010 sera consacré aux technologies de l’information et leur apport au développement. Nous disons souvent que l’internet est une technologie transformatrice qui va continuer à nous mobiliser tous au niveau global, à stimuler l’innovation, faciliter les échanges et le commerce, et permettre la circulation libre et sans entrave de l’information.

Nous devons faire en sorte que nos réseaux locaux soient la fondation de nos futurs e-gouvernement, e-éducation, e-santé et autres e-commerce dans nos pays. Aujourd’hui, je dirais que les ccTLDs, comme les adresses IP, font partie de l’infrastructure de base de la région et de nos pays. Car, qu’elles que soient les largeurs de bande passante que nous aurons, si les contenus et l’innovation ne sont pas au rendez-vous au niveau local, nous n’avancerons pas dans cette société de l’information que, pourtant, notre région a aidé à conceptualiser depuis le départ.

La déclaration finale de la Conférence régionale africaine en mai 2002 à Bamako disait déjà, entre autres, que « la création des contenus locaux est d’une très grande importance » ou que la mise à la disposition de tous les citoyens des moyens leur permettant d’utiliser les réseaux dans un esprit de service public sont des pré-requis que tous, et notamment les gouvernants, doivent encourager et aider à créer.

Je suis sûre que, comme moi, beaucoup rêvent de faire une demande de visa en ligne partout en Afrique, d’aider les membres de leur famille à payer leurs impôts en ligne ou de faire une demande de passeport ou une demande de diagnostic en ligne. En usagers éclairés, nous demanderons bien sûr que nos informations personnelles et confidentielles soient sur des sites locaux en .sn pour vous, .ne pour moi, et ainsi de suite, et que nos juridictions soient éclairées sur le sujet et puissent nous aider en cas de litiges.

Je suis certaine qu’aujourd’hui les utilisateurs et les entreprises dans tous les pays africains seraient ravis d’avoir un nom de domaine local si, en technicité et administration, ils pouvaient rivaliser avec les autres qui sont aux normes internationales. C’est donc une question de confiance à instaurer au niveau local, une bonne gouvernance à mettre en place pour que tous y adhèrent. Dans certains pays du continent, c’est déjà le cas.

 

LA : Que pensent les institutions africaines du sujet ? Sont-elles impliquées ?

ARI : Elles le sont à l’ICANN. La Commission de l’Union africaine, l’Union africaine des télécommunications (UAT), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sont toutes présentes au GAC. Seulement, dans l’internet comme ailleurs, il y a beaucoup de choses qui ressortent de la souveraineté nationale, telles que décrites dans l’Agenda de Tunis du SMSI, et donc, malgré les efforts des institutions régionales qui, il faut le reconnaitre, n’ont pas beaucoup de ressources, si les Etats membres ne s’impliquent pas localement, nous n’arriverons pas à certaines choses comme des ccTLDs performants, à des contenus qui amèneront les populations locales à utiliser les réseaux, à une utilisation qui génèrera certainement beaucoup d’innovations de notre jeunesse en termes d’applications sur les réseaux par exemple.

 

LA : Vous résidez au Niger, l’ICANN a-t-elle des bureaux en Afrique ?

ARI : Cela a toujours été en projet et nous en aurons bientôt un, je l’espère, car l’affirmation des engagements dit, entre autres, que l’ICANN gardera un siège aux Etats-Unis et aura des bureaux partout dans le monde pour répondre aux besoins de la communauté mondiale. L’organisation est très jeune et ses ramifications seront à la hauteur des ambitions de la communauté puisque, maintenant, c’est la communauté internationale qui est aux commandes.

Source LesAfriques.com