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Cameroun : la gestion du «point .cm» préoccupe point

Depuis quelque temps certains navigateurs et des spécialistes responsables de la sécurité sur le réseau déconseillent l’utilisation des sites du « point.cm » dédié au Cameroun.

De nombreux internautes camerounais peuvent en témoigner, ils ont eu au moins une fois la désagréable surprise en visitant nombre de sites gouvernementaux utilisant le « .cm » d’avoir l’alerte « site dangereux ». Dans le même temps, et même si du côté de l’ANTIC en charge de la gestion de ce point de souveraineté on ne le confirme pas, des sites n’ayant rien à voir avec le domaine dédié au Cameroun y ont bien une place confortable. Pour vous en convaincre et après avoir éloigné les enfants aller sur www.nafeng.cm ou encore www.cococ.cm ; www.jianzhi.cm dont les contenus se passent de commentaires. En lançant au moment de mettre sous presse la recherche sur Google pour connaître le nombre de sites ayant l’extension « point.cm » on est halluciné du résultat 786. 000 alors que l’ANTIC n’annonce que 19.592 officiellement répertoriés. Péril en la demeure ? Sans aucun doute. La situation préoccupe. Elle préoccupe d’autant plus que l’enregistrement d’un site sur un domaine de niveau élevé comme c’est le cas du « point.cm » est soumis à payement et au contrôle et est de la seule responsabilité du gestionnaire du nom du domaine.

L’autre inquiétude est l’annonce des nouvelles dispositions prises de gestion des noms de domaines par l’ICANN dès Juin 2010. Contrairement à la pratique actuelle qui veut que les noms de domaines soient exclusivement avec l’alphabet romain, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers annonce l’ouverture des noms de domaine Internet aux autres langues arabes, chinois, Japonais. La réforme est présentée par le président du conseil d’administration de l’ICANN, Peter Dengate Thrush, comme « le plus grand changement technique sur Internet depuis son invention il y a 40 ans « , le PDG de l’ICANN, Rod Beckstrom ajoute même que  » Ce n’est que la première étape, mais c’est une étape extrêmement importante et un changement historique en direction de l’internationalisation de l’Internet ». Du coup la question de base est de savoir ce que va devenir la gestion du « point.cm » avec l’application de cette directive alors que la maîtrise de la gestion ne semble pas rassurante dans la situation actuelle.

 

Prudence

L’urgence d’assurer la gestion sécurisée de la ressource « .cm » est essentielle car certains spécialistes estiment que le danger est lié à la proximité du « .cm » de « .cn » dédié à l’espace géographique chinois. La demande étant très forte, il y a des appétits qui se manifestent. Le domaine «.cm» étant attrayant, c’est comme «une mine d’or» qui pourraient procurer des satisfactions éloignées des intérêts, de l’honneur et de l’image du Cameroun. Des ententes secrètes scellées quelque part sur la toile pourraient peut-être justifier les dérives observées qui ne sont peut être pas forcément le simple fait « d’innocents pirates ».

A ce stade, il est peut être temps de commander en urgence un audit technique et financier de la gestion du « .cm » ; de reprendre le contrôle total de cette ressource nationale, avec une gestion suivant les règles de l’art en adoptant une charte de nommage consensuelle, étant donné que la charte actuelle avec les doubles extensions (genre .com.cm pour les entités commerciales) ne semble pas indiquée.

Auteur : Laurent ABAH
Source Camer.be