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Un député souhaite nationaliser Internet

S’inspirant du modèle chinois, le député UMP des Yvelines, Jacques Myard, souhaite nationaliser le réseau Internet. Il va déposer un projet de loi au début de l’année 2010.

Internet est aux mains des hackers et des Américains. Voilà en substance l’argumentaire développé par Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte, pour proposer la nationalisation du réseau Internet.

Jacques Myard
Jacques Myard
Le député-maire de Maisons-Laffitte va déposer une loi pour nationaliser les DNS.

Il s’appuie pour cela sur les conclusions d’un rapport parlementaire, qu’il a co-écrit avec un autre député, Jean-Michel Boucheron (1), sur les enjeux géostratégiques des proliférations.

« Les sites gouvernementaux ou sensibles comme ceux de la Bourse et des banques font couramment l’objet de cyberattaques. L’Allemagne, l’Estonie et même la France en ont fait les frais, explique le député. Si on ne veut pas que ces hackers parviennent à prendre le contrôle de centrales nucléaires ou à paralyser le système aérien, l’Etat doit être en mesure d’avoir la maîtrise du réseau en cas de problème. »

La solution pour éviter ce scénario catastrophe : nationaliser le réseau en confiant la gestion des DNS à un organisme public français ou européen. Car en plus du piratage, Jacques Myard pointe du doigt une autre menace : la suprématie américaine. « C’est l’Icann qui attribue les DNS (Domain Name System) aux différents opérateurs, or cet organisme est le faux nez du gouvernement américain », s’enflamme le député.

Il est vrai que l’organisme chargé de la gestion des noms de domaine entretient des liens étroits avec le ministère du Commerce américain, une influence que divers Etats et l’Europe tentent de minimiser.

Mais Jacques Myard en tire des conclusions un peu faciles, puisqu’il estime que cette maîtrise technique des DNS permet aux Etats-Unis d’espionner le monde entier, que ce soit pour assurer leur sécurité ou leurs intérêts économiques. Il égratigne au passage d’autres firmes emblématiques américaines, comme Google, qui permet de suivre les faits et gestes des internautes, ou encore Microsoft : « Windows est tout pourri. Ses multiples failles permettent aux hackers de s’infiltrer partout»

Préservation de la liberté de communication

Face aux arguments avancés sur la difficulté de nationaliser les DNS, le député cite l’exemple de la Chine. « Ce pays a réussi à mettre en place un réseau totalement indépendant, capable de filtrer l’accès aux contenus. » Une comparaison inquiétante pour la préservation de la liberté d’expression. Mais Jacques Myard précise ses intentions.

Il affirme qu’il n’y aurait aucun contrôle sur les contenus échangés. « On peut considérer que l’organisme national qui gérerait les DNS travaillerait comme La Poste. Il se chargerait uniquement de l’acheminement des données. » Et de conclure qu’aucun fonctionnaire de La Poste n’est chargé d’ouvrir les lettres.Il en ira de même avec les contenus échangés sur le réseau.

Il va même jusqu’à prétendre que la liberté de communication sera renforcée, puisque les Etats-Unis ne pourront plus avoir accès aux données échangées. Oubliant au passage que les renseignements américains ont d’autres moyens de savoir ce qui se passe dans le monde, comme le réseau Echelon.

Malgré tout, le député croit en son projet. Il va s’entretenir avec des équipes d’informaticiens au cours du mois de janvier 2010 pour peaufiner le dossier. Une proposition de loi devrait être déposée dans la foulée.

auteur : Coralie Cathelinais
Source 01Net.com