Paris, Berlin, Hambourg, Barcelone, Londres, New-York font front commun

Regroupé au sein d’une formation quasi militante revendiquant le droit à l’accès à la Toile – et à profiter de ses avantages en matière d’offre et de service –  ces villes forment aujourd’hui le DotCities, un Groupement d’intérêt commun. Pas si évident pourtant d’obtenir gain de cause. En effet, aujourd’hui, l’Icann place la barre très haut puisqu’il réclame 185 000 $ (environ 137 000 €) pour les frais de dossier, et 75 000 $ (environ 55 500 €) de redevance annuelle. Paris et les autres villes de DotCities trouvent ce tarif trop élevé. Ils proposent de verser 50 000 $ pour l’instruction du dossier et 15 000 $ de redevance annuelle. Si le groupe obtient gain de cause, Paris pourrait poser sa  candidature à l’Icann le mois prochain (février 2009). Selon M. Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris chargé de l’innovation, un dossier final pourrait alors être présenté le 30 septembre. Dans le meilleur des cas, la ville de Paris obtiendrait donc son nom de domaine dès le premier trimestre 2010.

Si l’idée semble faire l’unanimité, des oppositions au sénat berlinois pourrait porter atteinte au lobbying allemand. « La ville veut protéger son portail, géré par un groupe semi privé, formé par une maison d’édition et deux banques, d’un futur nouveau site-portail défendu par l’extension dotBerlin » confie Johannes Lenz-Hawliczek, membre de dotBerlin à Domaine Info.

La perspective d’intégrer le « village global » représente un véritable enjeu

Outre les avantages liés à un meilleur référencement sur la toile, la reconnaissance d’un dotparis dotberlin, dotlondon ou d’un dotbarcelona permettrait au niveau local d’être acteur et non plus simple spectateur de la révolution numérique. Cet intérêt pour la Toile prouve aussi qu’Internet est devenu une niche alléchante pour les pouvoirs publics soucieux d’intégrer les logiques de marché sans donner l’impression de « vendre leur âme au diable ». C’est également un moyen de se rapprocher des acteurs économiques (entreprises, PME-PMI souhaitant être étiqueté .paris) et associatifs, mais aussi de renforcer la proximité avec les citoyens. A l’heure du « déficit de légitimité » la communauté virtuelle peut devenir un excellent palliatif.

Il y a donc un véritable enjeu existentiel pour les entreprises,  les particuliers et les associations à posséder être hébergés par leur ville sur Internet, au premier rang desquels vos chers blogs babéliens. Pour dépasser la schizophrénie qui nous caractérise à ce jour, et afin de jouer pleinement le rôle de porte drapeau de l’Eurogeneration au niveau local, l’acquisition d’un www.cafebabel.paris ne serait-elle pas  la solution la moins équivoque et le plus emblématique de ce que la notion de « citoyen européen » signifie.

auteur : Sophie Helbert
source cafebabel.com