Toute l'actualité des noms de domaine et nouveaux gTLDs

Après le .com ou le .fr, va-t-on surfer sur des sites en .gay?

Un entrepreneur new-yorkais a levé le voile le mois dernier sur son projet de nom de domaine en «.gay» destiné à devenir un levier pour la communauté LGBT mondiale. Qu’est-ce que cela pourrait changer? Explications.

 «Www.hotels.gay» ou «www.usa.gay», voici quelques exemples des adresses que Joe Dolce aimerait voir fleurir sur le web demain. Cet entrepreneur new-yorkais, militant connu de la cause LGBT à New York, est à l’origine de la «Dot Gay Alliance», une coalition qui se bat pour la création d’un domaine «.gay» pour identifier –et financer– les individus, les entreprises, les associations et les institutions LGBT et «friendly» partout dans le monde. Dolce a présenté sa copie fin octobre au dernier congrès de l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l’organisme qui coordonne l’attribution des noms de domaine. «J’aimerais beaucoup que le projet commence demain, mais l’Icann doit d’abord étudier son impact sur l’équilibre de l’internet, indique Dolce. Les milieux conservateurs s’opposeront sans doute au projet. (…) Mais honnêtement, je ne vois pas pourquoi il ne passerait pas.»

Joe Dolce a eu l’idée du «.gay» lorsqu’il travaillait dans une société de consulting en informatique sur le projet «.eco» visant à permettre une meilleur identification sur la toile des sites dédiés à la protection de l’environnement. Al Gore, ancien vice-président des États-Unis, avait alors conditionné son soutien au projet à la possibilité de reverser une partie des bénéfices tirés de l’acquisition du suffixe à des acteurs engagés dans le combat pour la préservation de l’environnement.

Financement pour les droits des homos
Dolce, membre d’Act Up ayant vécu au premier plan les ravages du sida dans les années 1980, est séduit par cette dimension philanthropique. Dans son projet, il promet ainsi de reverser 51% des bénéfices provenant des inscriptions au «.gay» à des associations luttant pour les droits des homosexuels partout dans le monde.
«Certains ont dit que cela ghettoïserait la communauté homosexuelle, indique-t-il. Pour moi, ce projet ouvre de nombreuses possibilités, notamment en termes de financement et de connexion d’initiatives locales au reste monde. Le mouvement peut devenir puissant.»

Le «.gay» a d’ores et déjà reçu le soutien de nombreux responsables politiques et artistes américains. Pour sa part, l’Icann n’a pas donné de date pour son verdict. Mais le petit monde du web gay est déjà dans les starting-blocks.

auteur : Alexis Buisson
source Tetu.com