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L’Icann assouplit les conditions d’attribution du .travel

6 millions de noms de domaine en .travel vont être mis en vente le 21 décembre prochain. Ces noms de domaines avaient été protégés par la société propriétaire de l’extension afin d’encadrer son utilisation.

Le 21 décembre prochain, l’extension de noms de domaines « .travel » devrait connaître une mini-révolution. La société américaine Tralliance, propriétaire de cette extension créée pour les sites de tourisme, doit remettre sur le marché les noms de villes, de régions, de pays ainsi que certains mots clefs génériques qu’elle avait protégés. Au total, quelque 6 millions d’adresses Web devraient être attribuées aux acheteurs les plus rapides.

Depuis un an, Tralliance avait verrouillé les conditions d’attribution des noms de domaines du voyage. Or l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann) en a décidé autrement et fait valoir ses droits afin que tous les noms de domaine soient remis en vente et libres d’achat.

Actuellement, obtenir un .travel nécessite que le demandeur soit un acteur de l’industrie du tourisme. En France, cette vérification relève de la compétence du Syndicat national des agences de voyage (Snav). Le site vers lequel redirige le nom de domaine doit par ailleurs avoir un lien direct avec l’intitulé du nom de domaine. Pour pouvoir réserver le nom de domaine hotelstoulouse.travel, par exemple, le demandeur devait éditer un site entièrement dédié à l’hôtellerie de la ville rose.

Certains noms de domaines correspondant à des termes génériques (comme hotel.travel), des destinations (paris.travel) ou des marques (clubmed.travel) sont protégés, rendant encore plus compliquée l’attribution des adresses Web. La légitimité de leur attribution à un organisme devait être prouvée ou autorisée par l’entité logiquement propriétaire du nom. Ainsi, réserver paris.travel nécessiterait l’accord de la mairie de la capitale française dans un délai de trente jours.

Le 21 décembre, ces règles seront nettement assouplies. Seuls les noms de marques déposées resteront verrouillés, sauf pour les marques elles-mêmes.

Censées encadrer l’utilisation de l’extension par les seuls professionnels du tourisme, ces conditions restrictives ont eu pour conséquence de maintenir le .travel dans un certain anonymat. Pierre Duarte, co-fondateur du cabinet de consultants Expertiz, spécialisé dans les domaines du tourisme et des nouvelles technologies et représentant de Tralliance pour la France, estime qu’actuellement, pour un nom enregistré, cinq demandes étaient nécessaires. 35.000 adresses arborent cette extension à travers le réseau mondial, dont un peu plus de 3.000 en France. Grâce à l’assouplissement, le représentant du .travel en France prévoit à court terme un quadruplement des noms de domaines portant cette extension.

Auteur : Benoit MELI, JDN
Source JDNet