Domain Name Wire a publié les résultats d’un sondage effectué auprès de ses lecteurs, en majorité des domainers. L’étude constitue un témoignage précieux sur ce que sont les domainers, quelles sont leurs attentes et leurs sujets de préoccupations.
En premier lieu, les domainers gagnent pour la plupart assez mal leur vie, ce qui est normal puisqu’il dépendent à la fois de la valeur-trafic de leurs noms, mais aussi du taux de clics et de la rémunération attachée au trafic généré. On voit ainsi que 60% d’entre eux gagnent moins de 20 $ pour mille visites, moins de 5% gagnant plus de 69$ pour 1000 visites. Cela signifie en clair que leur activité est structurellement déficitaire, sauf pour les plus chanceux : car les noms payés à 69$ les 1000 visites sont aussi ceux qui en apportent le plus, les autres étant condamnés à ne jamais atteindre le seuil qui leur permettrait de couvrir leurs frais. Pire encore : 53% des domainers ont vu leurs gains s’amenuiser en 2009, conséquence probable d’une répartition moins favorable des revenus avec les plates formes de parking, mais aussi d’une tendance à la baisse de l’efficacité des pages de liens contextuels qui pèse sur le taux de clics.
Si les revenus tirés du parking sont décevants, l’espoir de réaliser des plus values sur les noms de domaine en les cédant reste inébranlable chez les sondés, qui anticipent une reprise à la hausse des valorisations après une année 2009 plutôt morose. L’étude montre aussi que les domainers sont particulièrement sensibles à des critères précis lorsqu’ils sélectionnent un registrar : la sécurisation du nom de domaine, le prix, les services à valeur ajoutée tels que l’hébergement web ou les prestations d’anonymisation constituent le tiercé de tête.
Interrogés sur leur environnement, les domainers s’avouent en majorité préoccupés par les décisions de l’ICANN (28%), par l’état de l’économie mondiale (22%), par des évolutions dans le marché du pay-per-clic (16%), par la montée en puissance des « anti domainers interests, eg. IRT » (16%), des augmentations de tarifs des registres (6%), des vols de noms de domaine (5%), des registrars et revendeurs indélicats (4%).
Une autre brève détectée ce mois-ci décrit avec humour – et peut-être un brin d’amertume – le « cycle de vie » du « fan de nouvelles extensions », montrant comment le domainer investit lors d’une ouverture, puis s’efforce de convaincre autour de lui que ses noms valent de l’or, avant de renoncer à faire fortune avec l’extension en question, d’abandonner les noms et de se précipiter sur la suivante. C’est peut-être du vécu, mais cela correspond en tout cas assez bien à l’image que donnent les statistiques de quelques-unes des extensions les plus récemment créées, le .MOBI par exemple.
Sedo, la pace de marché de référence au niveau mondial, communique pour sa part sur son exercice 2009. Un exercice plutôt satisfaisant car malgré la crise, le montant global des transactions a augmenté de 22% et le volume des transactions de 5%, la différence reflétant l’accroissement net de valeur des noms de domaine. Parmi les extensions génériques, c’est naturellement le .COM qui est toujours dominant avec 74% des transactions, suivi par le .NET (11%) et le .ORG (7%), ce qui laisse 8% pour les autres extensions génériques : le .INFO et le .BIZ ne font décidément pas recette !
L’année 2010 commence sous d’excellents auspices pour les domainers, avec la confirmation de la montée en puissance des extensions géographiques (vente de credit.fr pour près de 600 000 euros, après celle de kredit.de pour 900 000 euros) et l’arrivée sur le marché de grands comptes qui ont les moyens de lui redonner des couleurs. Ainsi de la vente toute récente de « makeup.com » à L’Oréal, pour un montant « à sept chiffres » non encore rendu public.

Source: Dns-news.fr



Afilias, registre de diverses extensions et notamment du .INFO, a annoncé le 11 février (1) qu’elle
rachetait le .MOBI. Une annonce fracassante intervenant à un moment où l’extension qui avait suscité tant
d’espoirs semble en passe de rejoindre les autres extensions créées depuis 2000 dans le no man’s land des mivivantes,
mi-inconnues des utilisateurs (2). L’opération est sans doute intéressante pour Afilias qui consolide son
portefeuille tout en empêchant d’autres prédateurs potentiels de s’emparer de cet actif (Verisign en son temps
avait su faire main-basse sur le .TV). Mais elle est aussi la preuve qu’une bonne idée et un budget de
communication conséquent ne suffisent pas pour obtenir le succès. Une leçon dont devraient tenir compte les
porteurs de projets actuels. Y a-t-il encore de la place aujourd’hui pour des extensions à ambition mondiale,
compte tenu des investissements que cela représente en communication ? Le dilemme est d’ailleurs encore plus
complexe : tout projet original a des chances de créer l’événement, mais il risque aussi d’être trop loin des
habitudes des utilisateurs pour que ceux-ci se l’approprient avant que la trésorerie du registre ne s’effondre ; �
l’inverse, des extensions trop proches des habitudes des internautes peuvent n’être perçues que comme des ersatz
plus ou moins réussis des grandes extensions historiques. La réponse est, sans doute, dans le sens que les
internautes trouveront dans le vocable et dans leur attachement à son succès.
(1) Afilias Limited Acquires .Mobi Domain Registry and Expands Market Leadership
(2) .Mobi Numbers Aren’t Pretty

Source: dns-news.fr