L’Icann (Internet corporation for assigned names and numbers, une autorité de régulation de l’Internet) vient de repousser la décision d’autoriser la vente des noms de domaine en .xxx, et demande à son directeur général de faire un rapport sur les options possibles.

Le vote, qui devait avoir lieu aujourd’hui à l’occasion de la 37e réunion de l’Icann à Nairobi au Kenya, a été repoussé à celle de Bruxelles, du 20 au 25 juin. Le conseil d’administration de l’autorité va afficher un rapport présentant les différentes possibilités sur son site Internet d’ici deux semaines.

La création d’adresses en .xxx a été proposée pour la première fois en 2000, et a déjà été rejetée trois fois. ICM Registry, une entreprise américaine d’enregistrement de noms de domaines à l’origine du lobbying pour le .xxx, a déjà annoncé qu’elle se déplacerait à Bruxelles avec la ferme intention d’obtenir un vote positif. L’industrie pornographique n’est pas favorable à ce nouveau type de nom de domaine. Elle craint en effet que le .xxx agisse comme un marqueur, et crée une zone rouge au sein du web. Elle estime aussi que cela autoriserait de nombreux états à forcer des sites non désirés ou illégaux à migrer vers un .xxx, et à les mettre ainsi sous surveillance.

Le plan de l’ICM prévoit également un ensemble de « meilleures pratiques » visant à protéger les enfants en ligne, et le financement d’une Fondation internationale pour la responsabilité en ligne. L’ICM s’engage à verser 10 dollars sur la cotisation annuelle prévue à 60 dollars à des groupes de protection des enfants, et à obliger les éditeurs de .xxx à étiqueter leur contenu.

Source: clubic.com



La décision avait été prise en 2005 par l’Icann, l’organisme qui gouverne Internet : la création d’un domaine en .xxx, destiné aux sites pornographiques. Mais en 2007, sous la pression de groupes conservateurs et du gouvernement américain, qui craignaient de rendre ainsi ces sites plus visibles, l’Icann avait fait machine arrière. Vendredi prochain, lors d’une réunion à Nairobi, l’organisme pourrait à nouveau changer sa position et autoriser la création de sites en .xxx, selon les informations recueillies par la BBC. La décision de 2007 a été récemment critiquée par un panel international de juges, qui ont estimé qu’elle n’était pas cohérente avec la politique habituelle de l’Icann.
Des élèves cubains travaillent sur un ordinateur, le 24 novembre.

La création de cette extension générerait une nouvelle source d’adresses Web à fort potentiel. La majorité des sites pornographiques utilisent aujourd’hui les noms de domaines en .com, et certaines adresses peuvent atteindre des sommes vertigineuses. L’emblématique domaine sex.com devrait ainsi être vendu aux enchères le 18 mars prochain. Lors de son précédent rachat, en janvier 2006, il aurait atteint les 14 millions de dollars.

PLUS SIMPLE À BLOQUER

La création d’un domaine .xxx permettrait également de mettre en place un filtrage des contenus pornographiques de manière aisée, même si les éditeurs de sites pornographiques seraient libres de continuer à utiliser des sites en .com ou autre. Les systèmes de filtrage parental pourraient ainsi bloquer les sites en .xxx sans risquer de bloquer des sites « légitimes ». De même, une extension dédiée aux contenus adultes serait simple à bloquer pour les pays qui interdisent la diffusion de pornographie comme la Chine, qui mène depuis plusieurs mois une intense croisade anti-pornographie aboutissant à plusieurs centaines d’arrestations.

L’industrie pornographique est largement opposée à la création ce ce domaine. Elle craint que les sites adultes soient graduellement contraints de quitter le .com pour aller vers le .xxx, et que les sites en .xxx fassent l’objet d’une censure de plus en plus importante.

Même si l’Icann tranche en faveur du .xxx, le nouveau domaine ne devrait pas être créé dans l’immédiat. L’organisme devra d’abord mener des consultations et préparer le lancement de la nouvelle extension.

Source: Le Monde.fr